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ÉconomieInternational

Des dirigeants de l'UE et de l'Afrique autour de la table pour discuter des flux migratoires

Photo de Audrey Fisne

Audrey Fisne

Publié le 28 août 2017 à 16:26 - Mis à jour le 28 août 2017 à 16:29

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C'est à Paris que se réunissent des dirigeants de l'Union européenne et de l'Afrique ce lundi pour tenter de dessiner ensemble une politique sur les flux migratoires. Deux ans après le sommet de La Valette, la question migratoire incarne un réel serpent de mer, faute de volonté politique forte et de stabilité dans certains pays, à l'image de la Libye.

Pour Paris, Rome, Berlin et Madrid, le sujet est jugé "prioritaire". Ce lundi 28 août, les chefs d'État et de gouvernement européens et africains se sont réunis en France pour un mini-sommet consacré à la question de la gestion et du contrôle des flux migratoires en provenance d'Afrique.

Au programme ? Plancher sur la question migratoire qui fait l'objet de pléthore de réunions entre les pays européens et africains, d'origine et de transit, depuis plusieurs années.

L'ambitieuse rencontre réunit, outre Emmanuel Macron, les présidents du Niger (Mahamadou Issoufou), du Tchad (Idriss Deby), le Premier ministre libyen (Fayez Seraj), la chancelière allemande (Angela Merkel), les chefs de gouvernement italien (Paolo Gentiloni) et espagnol (Mariano Rajoy) ainsi que la cheffe de la diplomatie européenne (Frederica Mogherini).

Des objectifs vastes et bien ambitieux

Selon l'Elysée, l'objectif est multiple. Il s'agit d'aider les "pays concernés à mieux contrôler leurs frontières", de "renforcer l'administration judiciaire des pays traversés", d'aider les régions à développer des activités économiques qui "évitent à leur population d'être dépendante des trafiquants" et de "travailler avec les communautés locales". Et d'ajouter :

"Les dirigeants seront saisis d'une feuille de route qui décline de manière cohérente et globale ce que nous voulons faire ensemble sur l'ensemble des étapes de la route migratoire (...) Cette approche globale, différenciée selon les points de la route migratoire, vise évidemment en priorité à lutter contre les réseaux criminels qui organisent le trafic d'êtres humains. Cela veut dire briser leurs modèles économiques."

> Lire aussi : Immigration : "ferme et solidaire", le paradoxal plan d'action du gouvernement

Bruxelles précise, en outre, que le mini-sommet vise "à combiner et renforcer" le soutien européen notamment en matière "d'amélioration de la situation des migrants dans leur pays d'origine et le long des routes migratoires", "d'assistance pour les retours volontaires" et de "réinstallation de ceux qui ont besoin de protection internationale".

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Le Niger, quant à lui, voit le mini-sommet comme "l'occasion d'attirer l'attention de [ses] partenaires sur les résultats, faire le point, et obtenir des appuis". Dans l'entourage du président, on ajoute :

"L'aspect développement ne doit pas seulement être une formule. Nous sommes pressés de voir des actions concrètes pour que les candidats à l'immigration aient des alternatives et cessent de rêver d'Europe (...) Nous allons demander des moyens financiers et plus d'appuis sur le volet sécuritaire, du matériel. Nous devons installer davantage de casernes, de points de contrôle et de sécurité."

La controversée question des hots spots

Enfin, pour Emmanuel Macron, ce mini-sommet est l'occasion de remettre au cœur du débat l'idée des "hot spots", ces centres avancés d'examen des demandes d'asile. Le président français avait exprimé son souhait d'en créer au Niger, au Tchad et en Libye afin "d'éviter aux gens de prendre des risques fous alors qu'ils ne sont pas tous éligibles à l'asile". Très vite, des observateurs européens et africains ainsi que plusieurs ONG avaient accueilli la nouvelle avec scepticisme.

L'un des responsables ouest-africain avait souligné que "l'annonce sur les hot spots était absurde" et que, "ni le Tchad ni le Niger n'avaient été consultés en amont". Tandis que dans l'entourage du président nigérien, on ajoutait que des "centres de transit" existaient déjà au Niger, à Agadez et à Dirkou. Mais que l'aide européenne serait la bienvenue.

À lire également

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En outre, ce mini-sommet est l'occasion pour la France de renouveler sa volonté de multiplier ses "missions de protection" dans les pays d'origine. Cet été, le pays a envoyé quatre missions préparatoires au Tchad et au Niger.

(avec Reuters)

Audrey Fisne

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