Des milliers de personnes aux obsèques de Navalny... et des interpellations
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BENOIT TESSIER
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Dans la journée, les forces de l'ordre ont procédé à au moins 128 interpellations dans 19 villes russes, au cours de rassemblements en hommage à l'ancien militant anticorruption, selon l'ONG spécialisée OVD-Info.
Présents en nombre avec des fleurs, pour certains en pleurs, les soutiens d'Alexeï Navalny ont scandé « Non à la guerre ! », « Nous ne t'oublierons pas ! » ou encore « Nous ne pardonnerons pas ! ».
Après une courte cérémonie dans une église où sa dépouille a été exposée dans un cercueil ouvert conformément au rite orthodoxe, en présence notamment de ses parents mais en l'absence de sa femme Ioulia, l'opposant à été mis en terre au cimetière de Borissovo. De nombreuses personnes ont ensuite défilé devant sa tombe.
Plus tôt, dans l'église, son corps avait été montré pour la première fois au public, couvert de dizaines de fleurs rouges et blanches, tandis que l'assistance tenait des cierges, a vu l'AFP.
Ceux ayant réussi à entrer dans le petit édifice ont pu apercevoir son visage blême et aux traits déformés. A l'extérieur, tandis que la police antiémeute avait parsemé la zone de barrières, des milliers de personnes se sont rassemblées, formant une très longue file. Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron ont d'ailleurs tour à tour salué leur « courage ».

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait quant à lui averti de potentielles sanctions en cas de participation à toute manifestation non autorisée à l'occasion de ces funérailles.
Dans un message d'adieu posté sur les réseaux sociaux, Ioulia Navalnaïa a remercié, de l'étranger, son mari pour « ces 26 années de bonheur absolu ».
Alexeï Navalny est mort à l'âge de 47 ans dans une colonie pénitentiaire de l'Arctique et ses collaborateurs, Ioulia Navalnaïa ainsi que les Occidentaux ont accusé Vladimir Poutine d'avoir été responsable de son décès, ce que le Kremlin nie.
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Après avoir tardé à remettre sa dépouille à ses proches, les autorités russes s'y sont finalement résolues le week-end dernier.
L'ambassadrice américaine et ses homologues français et allemand se sont rendus sur les lieux des obsèques, de même que trois figures de l'opposition encore en liberté : Evguéni Roïzman, Boris Nadejdine et Ekaterina Dountsova.
« C'est douloureux, des gens comme lui ne devraient pas mourir, des gens honnêtes, avec des principes, prêts à se sacrifier », a dit Anna Stepanova.
L'équipe d'Alexeï Navalny avait appelé les Moscovites à lui faire leurs adieux sur place et ses sympathisants dans les autres villes à aller se recueillir devant des mémoriaux.
Des actions publiques gênantes pour le pouvoir, à deux semaines avant l'élection présidentielle qui devrait prolonger le règne de Vladimir Poutine. Des rassemblements pour honorer la mémoire de l'opposant ont également eu lieu à l'étranger.
À
Londres, environ 300 personnes ont scandé « Navalny !... Navalny ! » en face de l'ambassade de Russie.À
Berlin et à Belgrade, elles étaient quelques centaines, aussi à proximité de la représentation diplomatique russe. Et à Paris, quelques dizaines se sont regroupées en silence sous la pluie au Trocadéro, non loin de la Tour Eiffel.Avant son empoisonnement en 2020, auquel il avait de justesse survécu et pour lequel il mettait en cause Vladimir Poutine, puis son arrestation et sa condamnation à 19 ans de prison pour extrémisme, Alexeï Navalny parvenait à mobiliser massivement, en particulier à Moscou. Son mouvement, qui s'appuyait sur des enquêtes dénonçant la corruption des élites russes, a été méthodiquement démantelé ces dernières années et nombre de ses collaborateurs se sont retrouvés derrière les barreaux ou en exil.
Ioulia Navalnaïa s'est malgré tout engagée à poursuivre le combat de son mari et Léonid Volkov, un allié de l'opposant, a promis que son équipe « n'abandonnerait pas » car « le bien l'emporte toujours sur le mal ».
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(avec AFP et Reuters)
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