Deux milliards de personnes travaillent dans l'économie informelle

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Reuters

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La majorité de la population active mondiale travaille dans l'économie informelle. Selon un rapport de l'OIT publié le 30 avril à la veille de la fête du travail, la grande majorité de ces travailleurs se situent dans les pays en développement. Pour l'institution internationale, cette situation favorise la précarité sur le marché de l'emploi et pourrait également représenter un vrai frein à la productivité. Selon Florence Bonnet qui a participé à la rédaction du document :
À l'heure des débats sur la déréglementation du travail, l'étude de l'OIT vient rappeler que l'absence de règles peut nuire à l'économie et à la productivité des travailleurs alors que les entreprises veulent être de plus en plus compétitives dans une économie mondialisée. Ce phénomène peut également représenter un véritable manque à gagner pour les finances publiques qu'il est encore difficile de mesurer comme le rappelle un rapport du conseil national de l'information statistique (CNIS) intitulé "La mesure du travail dissimulé et ses impacts sur les finances publiques".
À l'échelle de la planète, le travail informel atteint des proportions très disparates. Les cinq régions les plus concernées sont l'Afrique (85,8%), l'Asie et le Pacifique (68,2%) et les États arabes (68,6%). Sur le continent américain, ce taux atteint 40% et 25,1% en Europe et en Asie centrale. Pour la France, la part de l'emploi informel sur l'emploi total est estimée à 9,8%. Le niveau de développement socio-économique est "positivement corrélé au secteur formel" souligne le rapport. Les pays émergents et les pays en développement ont des niveaux de travail informel bien plus élevés que les pays développés."Les pays émergents et les pays en développement représentent 82% de l'emploi mondial, mais 93% de l'emploi informel se situent dans ces pays."
Les statistiques issues du rapport "Femmes et hommes dans l'économie informelle" indiquent que "le niveau d'informalité est bien plus élevé chez les plus jeunes et les plus âgés." Par ailleurs, l'organisation internationale souligne que l'emploi informel constitue davantage une source d'emplois pour les hommes (63%) que pour les femmes (58,1%). Sur l'ensemble des travailleurs occupant un emploi informel, 740 millions sont des femmes.
Le diplôme reste un moyen de se prémunir contre le travail informel. "À l'échelle mondiale, quand le niveau d'éducation augmente, le niveau d'informalité recule", indique le rapport. Les personnes qui sont diplômées du secondaire ou de l'enseignement supérieur sont moins susceptibles d'occuper un emploi informel que les travailleurs qui n'ont pas suivi de cursus scolaire ou qui ont seulement terminé leurs études de l'enseignement primaire. "L'éducation n'est pas non plus une garantie pour accéder à un emploi dans l'économie formel", prévient néanmoins l'OIT.
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Par ailleurs, de véritables divergences géographiques apparaissent en fonction de la nature des territoires. Les personnes vivant dans les zones rurales "sont presque deux fois plus susceptibles d'être employées dans l'économie informelle que celles des zones urbaines".
Plusieurs auteurs du rapport soulignent que la pauvreté est plus présente chez les travailleurs informels."Il y a une relation claire entre la pauvreté et le travail informel, avec les pauvres qui doivent faire face à des taux élevés dans l'emploi informel". Pour des millions de travailleurs, le risque de pauvreté s'accroît en raison du manque de protection sociale, et de l'absence d'application de droits au travail et de conditions décentes.
Le poids du travail informel peut également avoir des conséquences néfastes pour les entreprises. "La faible productivité est souvent mentionnée comme une des caractéristiques de l'économie informelle. Le niveau d'éducation assez bas parmi les travailleurs dans les entreprises du secteur informel est certainement le facteur le plus important. Les autres facteurs comprennent le manque d'accès aux crédits résultant de restrictions [...] et le manque d'accès aux marchés". Le prochain défi pour l'OIT est d'accélérer la transition de l'économie informelle vers l'économie formelle. Au regard du poids de cette économie dans certains pays, le basculement devrait prendre des années.
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(*) Si la mesure statistique de l'économie informelle reste délicate, l'organisation internationale du travail propose quelques définitions pour éclairer ces phénomènes :
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