ENTRETIEN. Donald Trump doit annoncer des droits de douane dits « réciproques » mercredi. Face à ces nouvelles barrières douanières, plusieurs secteurs vont chercher à réorienter leurs produits vers d’autres marchés, explique Antoine Bouët, directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).Sur quels produits vont se porter les nouveaux droits de douane dits « réciproques » de Donald Trump ? Après l'acier et l'aluminium et avant l'automobile, le président américain compte passer à la vitesse supérieure ce mercredi 2 avril.
Il s'apprête en effet à ériger de nouvelles barrières douanières, qui devraient dépendre des taxes que les pays concernés imposent sur les produits américains, mais aussi d'autres facteurs. A deux jours de l'échéance, Donald Trump entretient le flou.
LA TRIBUNE — Quels produits européens pourraient être réorientés vers la demande intérieure de l'UE ou d'autres régions ?
ANTOINE BOUËT — Nous ne savons pas encore quel sera le contenu de la loi protectionniste qui sera adoptée mercredi par les États-Unis. La seule chose que nous sachions, c'est qu'un ensemble de produits sont très intensifs dans le flux de biens qui va de l'Union européenne (UE) vers les États-Unis.
Les produits chimiques, les médicaments, les vaccins, les voitures, les vins et spiritueux et les produits laitiersrisquent donc d'être frappés.
Il va falloir les réorienter vers le marché européen ou d'autres pays comme le Canada, le Mexique, le Mercosur, ou l'Asie. Cela peut être aussi vers l'Europe hors UE à 27, comme le Royaume-Uni.
Comment les pays européens pourraient encourager cela ?
Ce sont les entreprises qui vont spontanément réorienter leur flux. De toute façon, une telle incertitude se dégage actuellement de l'économie américaine qu'à peu près tous les secteurs de tous les pays du monde vont chercher à se désengager des États-Unis. À n'importe quel moment, un secteur peut subir un droit de douane alors qu'il a mis en place un circuit de commercialisation de ses produits.