Bientôt un voyage aux États-Unis ? Avec Trump, voici le nouveau mode d'emploi

Début mars, un chercheur français du CNRS s’est fait refouler par les autorités américaines, provoquant un petit incident diplomatique.
Jonathan Ernst

Début mars, un chercheur français du CNRS s’est fait refouler par les autorités américaines, provoquant un petit incident diplomatique.
Jonathan Ernst
[Cet article a été publié le 25 mars 2025 à 17 h 06 et mis à jour le 19 juillet à 11 heures.]
Voyager aux États-Unis est déjà, en temps normal, une épreuve administrative, avec de nombreux formulaires à remplir. Mais depuis le retour de Donald Trump à la tête du pays, de nouvelles contraintes, certains ayant des motivations politiques, s'ajoutent à cette complexité.
En mars dernier, un chercheur français du CNRS en a fait les frais : venu assister à une conférence sur le spatial dans l'État du Texas, il a été refoulé à l'aéroport et renvoyé en France, après que les autorités américaines ont découvert sur son téléphone des échanges avec des collègues, dans lesquels il exprimait une opinion sur la politique de Trump en matière de recherche.
✈️ Voici ce qu'il faut savoir pour bien préparer son voyage aux États-Unis.
Les autorités allemandes s'en étaient fait l'écho au mois de mars : un visa ou un l'autorisation électronique « Esta » ne garantit pas à 100 % l'entrée aux États-Unis. Si elles le décident, les agents américains à la frontière peuvent décider d'admettre ou non une personne sur leur territoire. Et ce, même si le voyageur est déjà dans l'avion. Si ce cas de figure reste exceptionnel, il est désormais plus probable sous administration Trump.
Par ailleurs, Berlin avait mis en garde les voyageurs sur cet autre aspect : « Les antécédents judiciaires aux États-Unis, les déclarations incorrectes sur l'objet du séjour, ou même un dépassement minime de la durée du séjour lors du voyage, peuvent entraîner l'arrestation, le placement en rétention et l'expulsion lors de l'entrée ou de la sortie du pays ».
Déjà obligatoire avant le retour de Trump, l'« Esta » est une autorisation électronique pour les nationalités exemptées de visa, et ce pour un voyage de 90 jours maximum. Les frais pour obtenir le sésame sont aujourd'hui de 21 dollars, mais l'an prochain ils passeront à 40 dollars. Les recettes obtenues permettront une modernisation de l'espace aérien américain, la formation d'agents de douanes ou encore l'installation de portiques biométriques dans les aéroports.
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Pour les voyageurs dont l'obtention d'un visa est obligatoire, la chaîne CNBC s'est fait l'écho de nouveaux frais à s'acquitter d'ici le mois d'octobre prochain. Ceux-ci pourraient monter à 250 dollars, d'après le média américain, qui indique que d'autres précisions sont à venir. Ces frais pourraient être ajustés en fonction de l'inflation, et seront réglés lors de la délivrance du visa. Par ailleurs, ces nouveaux « fees » s'ajouteront à ceux, habituels, pour obtenir un visa, qui parfois atteignent plus de 200 dollars.
Sont concernés les voyageurs ne bénéficiant pas de programme d'exemption de visa (de type « Visa Waiver Program »), qu'ils soient touristes, voyageurs d'affaires et ou étudiants internationaux. Les Français ou les ressortissants de l'Union européenne ne sont donc pas concernés par cette modalité.
Le New York Times s'en est fait l'écho au conditionnel, mais désormais le « travel ban » de Donald Trump est une réalité depuis le 9 juin 2025. L'administration Trump a donc interdit totalement l'entrée aux États-Unis aux ressortissants de ces 12 pays : Afghanistan, Myanmar, Tchad, RDC, Guinée équatoriale, Érythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yémen. Par ailleurs, 7 autres États se voient imposés des conditions plus strictes qu'auparavant : Burundi, Cuba, Laos, Sierra Leone, Togo, Turkménistan, et Venezuela.
À noter : sont exemptés de ces restrictions, les voyageurs détenteurs de « green card », ceux ayant déjà un visa en cours (obtenu précédemment à ces mesures), les diplomates, les athlètes pour de grands événements sportifs, les binationaux ou les personnes déjà résidentes permanentes aux États-Unis.
Dans ses conseils aux voyageurs, le ministère français des Affaires étrangères, « il convient de relever qu'une rubrique a été ajoutée [aux formulaires de visa et d'Esta] qui requiert, en vertu du décret présidentiel américain du 20 janvier 2025, d'indiquer le sexe à la naissance ».
De son côté, le ministère finlandais des Affaires étrangères a précisé récemment que si le genre indiqué sur le passeport d'un demandeur ne correspond pas à son « sexe de naissance », la demande de permis de voyage ou de visa est susceptible d'être refusée par les autorités américaines.
Dans son discours d'investiture, en effet, Donald Trump a affirmé que les États-Unis ne reconnaîtraient plus que « deux sexes, masculin et féminin », définis à la naissance. Ce qui a, de facto, supprimé le genre « X », pour les personnes se reconnaissant « comme non-binaires ».
La mésaventure du chercheur français du CNRS le montre : avec l'administration Trump, les autorités américaines peuvent se montrer plus regardantes sur les données personnelles contenues dans les appareils électroniques des voyageurs.
Depuis plusieurs années déjà, les Service des douanes et de la protection des frontières (CBP) peuvent faire un contrôle aléatoire des ordinateurs, smartphones et autres objets connectés, sans devoir se justifier. C'est ce qui est arrivé à ce chercheur français.
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Mais selon le magazine Wired, spécialisé dans la tech, « ces intrusions deviennent plus fréquentes et agressives sous le second mandat de Trump ». Le média a d'ailleurs compilé les conseils d'experts juridiques et de sécurité pour aider les touristes à préserver leur confidentialité numérique, s'ils voyagent aux États-Unis.