La présidente de la Commission européenne ouvrait le Forum économique mondial de Davos ce mardi matin. Sans mentionner une seule fois Donald Trump, elle a répondu très concrètement à son discours inaugural de la veille.Jamais elle n'a prononcé le nom de Donald Trump. Jamais elle n'a fait allusion à son discours inaugural de lundi, sa volonté d'annexer de nouveaux territoires, son engagement à dresser des barrières douanières pour conforter la puissance américaine au détriment des autres.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen n'avait pourtant que cette nouvelle donne en tête, mardi, en ouvrant le Forum économique mondial de Davos. « Nous allons discuter de nos intérêts convergents, nous allons négocier. Nous serons pragmatiques mais nous protégerons nos intérêts et ferons valoir nos valeurs. C'est ça, l'Europe », a-t-elle fait valoir devant une salle comble.
« Que de changements depuis un quart de siècle! », a-t-elle lancé en introduction. « C'était l'époque de l'hypermondialisation, on nourrissait alors d'immenses espoirs. Des millions de gens sortaient de la pauvreté, en Chine et en Inde notamment. La technologie était perçue comme un facteur de prospérité et de paix. Certains disaient même que c'était la fin de l'histoire ». Cet ordre mondial que l'on avait imaginé ne s'est pas matérialisé, a-t-elle reconnu.
Passer à la vitesse supérieure
Et il impose à l'Europe de passer à la vitesse supérieure. Une feuille de route sera annoncée la semaine prochaine à Bruxelles pour relancer la compétitivité européenne ces cinq prochaines années, via cinq défis majeurs : la nécessaire augmentation de la productivité pour combler notre déficit d'innovation, la décarbonation, les pénuries de talents, le fardeau administratif et la nécessité d'instaurer un marché de capitaux qui soutienne nos entreprises. « Nous allons créer une union européenne de l'épargne et des investissements, et mettre en œuvre des leviers incitatifs pour cela », a-t-elle promis sans mentionner la résistance persistante de certains pays européens à ce projet -Allemagne en tête. Les entreprises restent également confrontées à 27 législations européennes : « Nous allons leur offrir un cadre juridique unique, qu'on appellera le 28e régime ». Une ambition extrêmement complexe à mettre en oeuvre.