Trump fait marche arrière et suspend les droits de douane avec le Mexique
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Retournement de situation au Mexique qui ne devrait pas subir, pour l'instant, la hausse des tarifs douaniers annoncés par Donald Trump. Ce dernier a, en effet, confirmé, ce lundi, une « pause » d'un mois de leur application.
Un peu plus tôt, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum avait annoncé que ces tarifs douaniers de 25 % sur les importations mexicaines « étaient suspendus pour un mois à partir de maintenant ». Et ce, après une conversation avec son homologue américain. Elle a également annoncé un renfort de 10.000 agents de la Garde nationale à la frontière entre les deux pays « pour éviter le trafic de drogue du Mexique vers les États-Unis, en particulier le fentanyl ». De leur côté, « les États-Unis s'engagent à travailler pour éviter le trafic d'armes » vers le Mexique, a-t-elle ajouté.
« Nous avons eu une bonne conversation avec le président Trump avec beaucoup de respect envers notre relation et la souveraineté », s'est félicitée la présidente de gauche nationaliste qui avait lancé un appel au dialogue samedi au président américain, tout en répondant avec fermeté à ses accusations.
Cette nouvelle a rassuré les marchés financiers, notamment sur l'évolution de l'économie mexicaine. Après avoir été écrasé par le billet vert plus tôt lundi, le peso mexicain a effacé ses pertes. Vers 17H10 à Paris, il se redressait de 1,01%, à 20,4710 pesos pour un dollar.
Pour la Bourse, il s'agit aussi d'une bonne nouvelle. Alors qu'il s'enfonçait de 1,66 % à l'ouverture de la Bourse américaine, le S&P 500 ne baisse que de 0,56 % à 5.993 dollars à 19h à Paris. Une telle politique commerciale est susceptible « de peser lourdement sur la croissance mondiale (et) de renforcer l'inflation » aux États-Unis, a estimé Kathleen Brooks, analyste chez XTB. Or une accélération de la hausse des prix pourrait retarder le processus de baisses de taux de la banque centrale américaine (Fed), ce qui soutient le dollar.
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Et les marchés pourraient encore rebondir ces prochains jours puisque Donald Trump a déclaré, ce lundi, que des discussions entre les États-Unis et la Chine vont intervenir « probablement dans les prochaines 24 heures ». Dès mardi, des droits de douane de 10% sur l'ensemble des produits chinois importés aux États-Unis doivent s'ajouter à ceux qui existent déjà. Cette nouvelle annonce du président américain laisse entendre que les droits de douane ne s'appliqueront pas, où pendant une courte période.
À la frontière nord en revanche, les droits de douane de 25 % devraient toujours s'appliquer à partir de mardi. En réponse, la province canadienne de l'Ontario a décidé de répliquer. Ce territoire du centre-Est du Canada, frontalier du pays de l'Oncle Sam, a annoncé ce lundi bannir les entreprises américaines de ses contrats publics. Une mesure qui va leur faire « perdre des dizaines de milliards de dollars en nouveaux revenus », selon son Premier ministre, Doug Ford. « Elles n'ont qu'à blâmer le président Trump », a poursuivi le dirigeant de cette province de plus de 14 millions d'habitants, véritable cœur économique du pays d'Amérique du Nord.
Doug Ford a également annulé un contrat provincial de 100 millions de dollars canadiens (66 millions d'euros) avec Starlink, la société contrôlée par le milliardaire Elon Musk, grand allié du président américain et membre de son administration. « Le Canada n'a pas commencé ce combat avec les États-Unis, mais soyez sûrs que nous sommes prêts à le gagner », a assuré le dirigeant.
L'annonce des taxes de Trump avait déjà été suivie d'une réplique immédiate du Canada contre son voisin. Le Premier ministre démissionnaire Justin Trudeau a indiqué que son pays va aussi imposer dès mardi des droits de douane de 25 % sur des produits américains. Ainsi quelque 1.200 produits sont concernés dans un premier temps, pour une valeur de 30 milliards de dollars canadiens (environ 19,5 milliards d'euros). Notamment des cosmétiques, des pneus, des outils, des meubles, du café, du vin ou encore des produits laitiers et des fruits. Une deuxième série de produits devrait être annoncée dans les semaines à venir, pour un montant total - les deux salves cumulées - pouvant atteindre 155 milliards de dollars canadiens (103 milliards d'euros).
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« Notre espoir est que les décisions que nous avons déjà prises seront suffisantes pour persuader les États-Unis de se détourner du mauvais chemin qu'ils ont choisi et vont nous contacter pour travailler ensemble vers un état normal de relations. Dans le cas contraire, le Premier ministre et d'autres membres du gouvernement ont déjà indiqué que toutes les options restaient sur la table et qu'il existe une série de mesures additionnelles qui sont envisagées », a prévenu dimanche une source gouvernementale canadienne, sous couvert d'anonymat.
(Avec AFP)
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