Le Trésor américain va émettre des dizaines de milliards de dollars de nouvelles obligations cette semaine alors que la confiance des investisseurs est érodée.Les investisseurs montreront cette semaine s'ils font encore confiance à Donald Trump. Mardi, le Trésor vendra 58 milliards de dollars de bons à trois ans, suivis de 39 milliards de dollars de dette à 10 ans mercredi et de 22 milliards de dollars d'obligations à 30 ans jeudi. Autant de financements qui pourraient coûter très cher si les banques centrales de pays étrangers, les institutions financières privées et autres acheteurs de dettes se montraient frileux.
« Il y aura toujours des acheteurs de dette américaine car les banques et les fonds d'investissement ont besoin d'obligations dans leurs portefeuilles. Mais ces derniers pourraient demander des primes plus importantes pour financer les États-Unis», met en garde Christopher Dembik, économiste chez Pictet AM, interrogé par La Tribune.
Alors qu'ils stagnaient sous les 4 % en septembre dernier, les taux d'intérêt des obligations à 10 ans et à 30 ans menacent aujourd'hui de passer au-dessus de la symbolique barre des 5 %. Une hausse qui coûterait des milliards de dollars par an à l'État américain, embourbé dans une dette de 36 000 milliards de dollars. Or le remboursement des prêts représente déjà une fortune pour Washington. Selon le Bureau du budget du congrès, le paiement des intérêts lui coûtera la modique somme de 952 milliards de dollars en 2025... soit plus que le budget de l'armée.
Trump fait trembler les marchés
Comment la première puissance mondiale est arrivée dans un tel goulot d'étranglement financier ? « Les taux américains augmentent depuis 2019, mais Trump a vraiment été un accélérateur ces derniers mois en mettant en place sa guerre commerciale qui fait craindre une récession dans le pays », note John Plassard, analyste de marchés pour la banque Mirabaud.
Une peur qui se fait de plus en plus palpable à l'approche de l'échéance du 9 juillet qui doit marquer la fin de la pause de 90 jours sur les droits de douane réciproques. Dans le même temps, le président américain a annoncé un projet de budget qui devrait augmenter la dette du pays de 2 400 milliards de dollars sur les 10 prochaines années au moment où Moody's a dégradé la notation du pays.