Les indices boursiers américains limitent leurs pertes en fin de mois après la choc des annonces du 2 avril sur les tarifs douaniers.
Lucas Jackson
100 jours de Trump : les marchés américains reprennent leur souffle
Après trois mois de tensions extrêmes sur les marchés financiers, une tentative de normalisation se fait jour. Sauf que « l’exceptionnalisme américain » sur les marchés a disparu et que le dollar peine à se redresser. En un mot, la confiance dans les actifs américains est atteinte.
S'il devait y avoir un perdant sur les marchés au cours de ces trois mois de bruits et de fureur de la présidence Trump 2, c'est bien le dollar. Les actions américaines ne reculent finalement « que » de 8 % depuis l'investiture de Donald Trump — et de moins de 3 % depuis le « Liberation Day » du 2 avril — et l'indice S&P500 se paie toujours près 19 de fois — voire moins de 15 fois pour l'indice « équipondéré », lorsque chaque valeur est considérée avec la même pondération.
Bref, pas loin d'une zone « d'achat » pour nombre de gérants. « Sur des régimes de multiples, nous pouvons envisager des performances de l'ordre de 5 à 7 % par an, ce qui est plutôt de bonnes performances pour les actions américaines », estime Gabriel Karaboulad, responsable de l'allocation d'actif chez Neuflize OBC. « Notre conviction actuelle est que nous serons face à un rebond plutôt rapide et c'est pourquoi, nous sommes globalement surpondérés sur les actions », ajoute le gérant.
Normalisation
La volatilité (VIX) est d'ailleurs retombée sous le seuil des 25 %, un niveau certes encore élevé, mais loin des 50 % post « annonces » du « Liberation Day », et encore plus éloigné du pic de 80 % en mars 2020 lors de la crise du Covid. Enfin, les marchés de crédit se détendent peu à peu. « Le stress sur les actifs risqués après le choc du 2 avril sur les droits de douane s'est finalement assez rapidement résorbé et nous n'avons constaté aucun sell off [ventes massives] sur les marchés obligataires », souligne un gérant.
L'ampleur de la hausse des droits de douane et la rapidité de leur mise en œuvre étaient très éloignées de ce que les analystes attendaient. D'où la réaction particulièrement forte des marchés et la vitesse avec laquelle l'éclat de « l'exceptionnalisme américain » a disparu.
Le plan de Donald Trump ne s'est donc pas déroulé comme prévu, tant s'en faut. Le président américain a été rapidement contraint de faire volte-face, dès le 9 avril, sous peine de voir la dette américaine partir dans le décor. En cinq jours, le taux américain à dix ans était en effet passé de 4 % à 4,5 %. C'est beaucoup sur une dette aussi profonde et aussi sûre que la dette américaine. Aujourd'hui, le taux américain à dix ans est revenu sous les 4,25 %, c'est-à-dire à son niveau de novembre dernier.
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