En 2024, le prix du baril de pétrole sera soutenu par la géopolitique et l'Opep+
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
En 2023, le prix du baril de pétrole Brent (en clôture) n'est jamais passé sous les 70 dollars (71,3 dollars le plus bas en juin) et n'a pas réussi à se hisser jusqu'à 95 dollars (93,2 dollars en septembre), bien loin du pic des 120 dollars atteint en juin 2022. Il a oscillé au gré des restrictions de production de l'Opep+ - l'alliance regroupant les 13 membres de l'Opep (mais que va quitter l'Angola) et 10 autres pays exportateurs dont la Russie, et que le Brésil intégrera à partir du 1er janvier- et des risques de récession économiques dans de nombreux pays dans les prochains mois, synonyme de contraction de la demande pétrolière, tout en réagissant aux événements géopolitiques.
Ainsi, en mars, les réductions des exportations de brut et de produits raffinés russes soumises à un embargo européen et au plafonnement du G7 et de ses alliés du prix à 60 dollars le baril avaient fait gagner au baril de Brent 11 dollars en un mois. Entre juillet et septembre, les annonces de réduction des exportations de l'Arabie saoudite (- 1 mb/j) et de la Russie (500.000 b/j) avaient entraîné une hausse de 22 dollars en trois mois pour atteindre un pic à la mi-septembre, à plus de 93 dollars avant de prendre un tendance baissière jusqu'à la mi-décembre, tombant à 72 dollars, avec la parenthèse de l'attaque meurtrière du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, qui lui a fait gagner plus de 9 dollars en 10 jours sur la crainte d'un embrasement de la région où se concentre quelque 40% de la production mondiale d'or noir. Depuis la mi-décembre, le baril de Brent a gagné 7 dollars, soutenu par les attaques des Houthis, les rebelles yéménites, qui menacent le transport maritime international en mer Rouge, notamment les tankers.
À lire également
Ces facteurs rendent de plus en plus difficile l'appréhension de l'évolution de la demande par les acteurs du marché. Ainsi, 2024 devrait battre le record historique de consommation mondiale de brut déjà établi en 2023. Mais, source de ces difficultés, les projections de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et de l'Opep divergent grandement. La première prédit que nous brûlerons en moyenne en 2024 1 mb/j de plus qu'en 2023, soit 102,8 mb/j, tandis que la deuxième prévoit une augmentation des besoins l'année prochaine de 2,2 mb/j, soit 104,3 mb/j. Une différence qui s'explique par les perspectives de croissance des pays émergents. « La croissance de la demande mondiale de pétrole l'année prochaine sera probablement soutenue par les économies émergentes les plus dynamiques dans le monde en développement, en particulier en Asie », indique Jean-Pierre Durante, analyste chez Pictet Wealth Management.