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Pétrole : pourquoi les prix baissent

latribune.fr

Publié le 13 décembre 2023 à 14:18 - Mis à jour le 13 décembre 2023 à 14:18

Le pétrole fait face au contexte économique morose qui touche de nombreux pays.

Le pétrole fait face au contexte économique morose qui touche de nombreux pays.

Reuters

Le Quotidien Numérique

04 juillet 2026

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Les deux références mondiales du brut évoluent à leur plus bas niveau depuis juin. Les prix de l'or noir sont orientés à la baisse, car les investisseurs anticipent une baisse de la demande de certains pays, comme la Chine, dans un contexte économique morose. Pourtant, les pays de l'Opep s'étaient engagés à réduire à sabrer leur production pour contrer cette baisse de prix.

[Article publié le mercredi 13 décembre 2023 à 12h53 et mis à jour à 15h11].

Les pays du monde entier se sont enfin entendus à la COP28. Elle s'est clôturée sur un accord appelant à une « transition hors des combustibles fossiles ». Une première depuis le début des conférences des Nations unies sur le climat. Et pour cause, elle annonce du changement pour les pays producteurs d'or noir. D'autant plus que le pétrole fait face au contexte économique morose qui touche de nombreux pays. La baisse des prix du pétrole s'est accélérée ce mardi, plombée qui plus est par les craintes d'un sur-approvisionnement en brut. Le gaz européen poursuivait sa baisse jusqu'à un plus bas en près de trois mois.

Dans le détail, les cours du pétrole remontaient quelque peu ce mercredi après avoir reculé plus tôt en début de séance, dans l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur ses taux, susceptible d'influencer les cours. Vers 14h10, heure de Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février prenait 0,49% à 73,60 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en janvier grignotait 0,55% à 68,99 dollars. Plus tôt en début de séance, les deux références mondiales du brut avaient atteint respectivement 72,29 dollars pour le Brent et 67,71 dollars pour le WTI, de nouveaux plus bas depuis fin juin.

Les deux références mondiales du brut évoluent ainsi à leur plus bas niveau depuis fin juin. Elles ont perdu entre 25 et 28% depuis leurs plus hauts de l'année, atteints fin septembre, lorsque le Brent avait frôlé les 100 dollars le baril.

Côté gaz naturel européen, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, se repliait, lui aussi, évoluant à 34,675 euros le mégawattheure (MWh) peu après avoir touché 34,505 euros le MWh, son plus bas prix depuis septembre.

Lire aussiFin du pétrole : l'OPEP tente de torpiller la COP28

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Les regards portés sur la Chine et les Etats-Unis

Les investisseurs anticipent en effet une demande à court terme plus faible, et ce, alors que, dans le même temps, les pays concernés continuent de produire davantage d'or noir. Ils s'inquiètent tout particulièrement de l'accélération de la déflation en Chine en novembre, en raison de la baisse des prix de l'énergie et de l'alimentation, selon des données officielles publiées samedi dernier par le Bureau national des statistiques (BES). Pour Tamas Varga, il s'agit du « signe d'une demande atone de la part de la deuxième économie mondiale ». D'autant que le parti communiste lui-même confesse que la Chine rencontre des difficultés à relancer son économie. Le manque de confiance des Chinois en l'avenir pénalise la consommation, le chômage est élevé chez les jeunes et la demande molle à l'international se répercute sur les exportations chinoises.

En parallèle, les cours ont aussi été mis sous pression «par les dernières données sur l'inflation aux États-Unis, qui ont stimulé les attentes concernant le maintien des taux d'intérêt par la Fed (Réserve fédérale américaine) pour une période plus longue», relève Lukman Otunuga, analyste à FXTM.

Après plus d'un an de hausses successives, l'institution financière a pris le parti d'attendre depuis la fin de l'été, maintenant ses taux à mesure que l'inflation ralentissait. Une tendance qui devrait encore se confirmer à l'issue de cette dernière réunion de l'année, qui se conclut ce mercredi, à 19 heures. Certes, la hausse générale du niveau des prix continue de ralentir et se rapproche peu à peu de la cible visée par la Fed, fixée à 2% pour le long terme. L'indice CPI, publié mardi juste avant l'ouverture de la réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) est encore venu le confirmer, l'inflation étant désormais de 3,1% sur un an au mois de novembre.

Lire aussiPétrole à 150 dollars, Robert Kennedy Jr à la Maison Blanche... Les prévisions chocs de Saxo Bank pour 2024

Hydrocarbures : les pays sabrent leur production

« L'effondrement » récent des prix « du pétrole a été motivé par des inquiétudes concernant l'offre excédentaire », confirme James Harte, notamment celle de la Russie et des Etats-Unis.

«Des données [de l'agence Bloomberg] ont révélé que la moyenne hebdomadaire des exportations de brut de la Russie avait atteint des niveaux jamais vus depuis le début du mois de juillet», explique à l'AFP Lukman Otunuga. Et la production américaine continue toujours d'être «élevée», souligne James Harte, analyste de Tickmill.

Pourtant, face à la chute des prix, les pays de l'Opep ont pris des mesures. Dès début décembre, ils ont taillé une nouvelle fois dans la production, avec des réductions supplémentaires. Elles se sont élevées au total à près de 900.000 barils par jour. Une stratégie qui peine donc encore à porter ses fruits.

Les efforts de réduction sont essentiellement supportés par les deux piliers de l'alliance des pays exportateurs d'or noir, l'Arabie saoudite et la Russie. À l'issue d'une réunion des ministres du groupe, Ryad a ainsi annoncé l'extension de sa mesure de réduction d'un million de barils par jour (bpj) jusqu'à « la fin du premier trimestre 2024 ».

Moscou a annoncé abaisser sur la même période ses exportations de brut et de produits pétroliers de 500.000 barils quotidiens. Parmi les 23 membres, d'autres pays, comme les Emirats arabes unis, l'Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l'Algérie ou Oman, ont également signalé procéder à des diminutions mais de moindre ampleur, a précisé l'alliance pétrolière dans un communiqué.

Lire aussiClimat : « La transition écologique ne doit laisser personne dans l'impasse » (Antoine Pellion, Secrétaire général à la planification écologique)

Des hivers de plus en plus doux

Au-delà des anticipations d'une demande plus faible, la météo est aussi responsable : « Les prix sont freinés par la perspective d'une période prolongée de températures douces », commente Barbara Lambrecht, analyste de Commerzbank. Elle rappelle que le chauffage est le principal moteur de la demande pendant les mois d'hiver.

«La baisse des prix en Europe est également due à l'espoir que nous n'aurons pas de problèmes pour passer l'hiver» en matière de quantité de gaz, poursuit-elle.

Des hivers doux qui seraient potentiellement amenés à se succéder avec le réchauffement climatique. L'année 2023 sera la plus chaude de l'histoire après un mois de novembre « extraordinaire » qui est devenu le sixième mois consécutif à battre des records, avait déclaré début décembre le service européen Copernicus en pleines négociations climatiques à la COP28. Novembre 2023 est par ailleurs 1,75°C plus chaud que la moyenne d'un mois de novembre pour la période 1850-1900, qui correspond à l'ère pré-industrielle.

Vers un nouveau record de la demande ?

Les pays de l'OPEP restent toutefois optimistes et rassurent les investisseurs. Selon leur rapport mensuel publié ce mercredi, la demande de pétrole connaîtra en 2024 une croissance « saine » vers un nouveau record. L'année prochaine, le monde consommera 104,36 millions de barils de pétrole en moyenne par jour, contre 102,11 en 2023.

«La demande mondiale de pétrole devrait connaître une croissance saine de 2,2 millions de barils par jour, autant qu'estimé précédemment», explique l'Organisation des pays exportateurs de pétrole dans son rapport.

La hausse de la demande est « soutenue par la croissance résiliente du PIB mondial » sur fond d'une meilleure situation économique en Chine, explique l'Opep, à rebours des analyses d'experts citées plus haut.

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La demande dans les pays de l'OCDE ne devrait pas dépasser celle de 2019 et ne croître que légèrement sur un an en 2024 à 46,1 millions de barils par jour, tandis que la demande des pays non membres de l'OCDE devrait progresser de 2 millions de barils à 58,3 millions en moyenne.

(Avec AFP)

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