En relevant à nouveau ses taux de 0,75 point, la Fed reste focalisée sur la lutte contre l'inflation

La banque centrale américaine (Fed) a relevé mercredi ses taux à leur plus haut niveau depuis près de 15 ans, et pense continuer à les augmenter, cherchant à tout prix à juguler la forte inflation, une tâche compliquée cependant par la menace d'une récession.
Jerome Powell, président de la Fed.
Jerome Powell, président de la Fed. (Crédits : Reuters)

La Fed a, comme attendu, relevé de 0,75 point de pourcentage son taux directeur, désormais situé entre 3,75 et 4,00%. Il s'agit de son plus haut niveau depuis janvier 2008. Les responsables de l'institution, par ailleurs, disent anticiper « que de nouvelles hausses des taux seront appropriées », selon un communiqué de presse publié à l'issue de deux jours de réunion.

Lors de sa conférence de presse, le président de la réserve fédérale, Jerome Powell, a prévenu qu'il faudrait « du temps » avant que les hausses de taux d'intérêt ne ralentissent l'inflation et que cela passerait sans doute par un ralentissement de l'économie.

Perplexité des marchés

Il a reconnu que le Comité monétaire (FOMC) était prêt « à modérer ses hausses de taux dès la prochaine réunion » en décembre mais il a aussi rapidement ajouté qu'il était « très prématuré » de considérer « une pause » dans les relèvements de taux.

Reflétant la perplexité des marchés, les indices à Wall Street ont viré au rouge tandis que les taux obligataires d'abord en repli sont remontés nettement semblant anticiper la poursuite des tours de vis à court terme.

Réagissant à cette quatrième solide hausse des taux d'affilée, la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre a assuré que « les actions de la Fed aidaient à maîtriser l'inflation ». « Cela fait partie de notre transition vers une croissance stable et régulière avec une inflation basse », a-t-elle ajouté.

A moins d'une semaine des élections de mi-mandat, que le président Joe Biden risque de perdre et de voir sa faible majorité démocrate au Congrès basculer, l'inflation est désormais la principale préoccupation des foyers américains.

Dans leur décision votée à l'unanimité, les membres du Comité monétaire indiquent que les effets sur l'économie des relèvements déjà effectués depuis le mois de mars devront être pris en compte pour établir le rythme des hausses qui seront décidées lors des prochaines réunions. Cela a été interprété comme le signal d'une possibilité de hausses moins rapides dans les mois à venir. Il faut en effet des mois pour que ces décisions de la Fed aient un effet sur l'économie.

Sixième hausse depuis mars

L'inflation était encore en septembre de 6,2% sur un an, proche de ses plus hauts niveaux depuis plus de 40 ans, selon l'indice PCE privilégié par la Fed, dont l'objectif est de la ramener à 2%. Une autre mesure, l'indice CPI a montré une hausse des prix de 8,2% sur un an en septembre.

La hausse du taux directeur décidée mercredi est la sixième d'affilée depuis le mois de mars, lorsqu'il se trouvait entre 0,00 et 0,25%, au plus bas, afin de stimuler la consommation pendant la crise du Covid-19. La Fed avait commencé par la hausse habituelle de 0,25 point, avant d'accélérer à 0,50, et enfin, à quatre reprises désormais, à 0,75 point.

Mais un autre danger menace, puisque ce ralentissement volontaire de l'activité risque de faire plonger l'économie américaine dans la récession en 2023. « Je pense que personne ne sait s'il y aura une récession ou pas et si elle a lieu, si elle sera importante », a tempéré Jerome Powell.

Le syndicat AFL-CIO s'est quant à lui alarmé de ce nouveau relèvement du coût de l'argent en estimant qu'il « aurait un impact direct et dommageable sur les travailleurs et les familles ».

Jerome Powell avait averti, à l'issue de la dernière réunion, en septembre, qu'il n'existait pas de « moyen indolore » de combattre durablement l'inflation.

En attendant, les Etats-Unis ont enregistré un trimestre de croissance entre juillet et septembre, avec +2,6% de croissance du PIB en rythme annualisé.

La santé de fer du marché de l'emploi

Quant au marché de l'emploi, il affiche toujours une santé de fer. Les chiffres officiels d'octobre seront dévoilés vendredi, mais on sait d'ores et déjà que les employeurs privés ont créé en octobre 239.000 emplois, bien plus qu'en septembre, et bien plus qu'attendu, selon des chiffres publiés mercredi.

Les démocrates, qui avaient concentré leur campagne sur le droit à l'avortement, quand les républicains jouaient la carte de la lutte contre l'inflation, tentent désormais de mettre en avant leur programme économique en faveur des classes moyennes.

La crédibilité de la puissante institution est en jeu car, après avoir assuré pendant des mois que la forte inflation ne serait que temporaire, elle a jusqu'à présent échoué à la faire ralentir.

(avec AFP)

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Commentaires 6
à écrit le 04/11/2022 à 1:10
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FED et BANQUE DU CANADA. le reste des fakes news. pour les petits investiseurs. ignorer les autres info...

à écrit le 03/11/2022 à 8:59
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La BCE et la FED ont déversé des milliards d'euro et de dollar magiques avec leur planche à billets magique ; et Christine Lagarde avoue qu'elle ne sait pas d'où vient l'inflation ("it had come pretty much from nowhere")..en gros, l'inflation est arr...

le 03/11/2022 à 9:46
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Eh bien, après vérification, la citation est authentique. Je n'y croyais pas. Hallucinant ! Elle fait comme si de rien n'était, comme si elle n'avait aucun responsabilité alors que depuis 2008, elle et avant elle son compère Draghi ont tout fait ...

à écrit le 03/11/2022 à 7:16
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et voila maintenant il faut passer a la caisse pour payer la dette des etats unis et si vous doutez encore demander a m macron les promesses engagé avec l'allemagne et les americains qui eux ne tienne jamais leurs promesses

à écrit le 03/11/2022 à 6:50
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Ça fait vraiment plaisir de voir qu'on revient à une économie "normale",qu'est-ce que j'en avais marre de cet argent "gratuit"

à écrit le 03/11/2022 à 2:32
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Toujours pas de contrôle des prix chez les cocos de Washington...

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