Entre Biden et Netanyahou, trop c'est trop
François Clemenceau
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C'était jeudi soir en direct depuis la salle de réception des diplomates de la Maison-Blanche. Le monde entier a éprouvé un soupçon de malaise en entendant le président Biden confondre ses homologues mexicains et égyptien. De quoi oublier ce qu'il venait de dire un instant plus tôt : « Je pense, comme vous le savez, que la conduite de la riposte à Gaza a dépassé les bornes. Il y a là-bas beaucoup de gens innocents qui sont affamés, en détresse et qui meurent. Et cela doit cesser. »
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Jamais depuis les attaques du Hamas le 7 octobre, le président américain ne s'était exprimé publiquement de la sorte. La veille, en Israël, son secrétaire d'État, Antony Blinken, à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre israélien, avait choisi également ses mots pour marquer une prise de distance progressive avec le gouvernement de l'État hébreu. En estimant que le Hamas avait « déshumanisé » les Israéliens et les otages dont il s'était emparé, le chef de la diplomatie américaine a estimé que cela ne pouvait donner à Israël un « permis de déshumaniser » autrui à son tour. « Les familles de Gaza, dont la survie dépend de l'aide humanitaire qui passe par Israël, sont comme nos propres familles. Nous ne devons pas perdre de vue cette humanité commune », a-t-il souligné. Antony Blinken a ajouté que sa cinquième tournée dans la région depuis l'automne avait renforcé sa conviction de la nécessité d'un « chemin irréversible vers un État palestinien ». La rupture est-elle consommée avec Benjamin Netanyahou, lui qui venait d'ordonner l'assaut de Rafah et le rejet de tout État palestinien ?
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