Espagne : la justice veut entendre Pedro Sánchez
Diane Cambon envoyée spéciale à Madrid
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Manifestation en Espagne.
© LTD / Luis Soto / SOPA Images via Reuters
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Pas de répit estival pour Pedro Sánchez. Sur le fil du rasoir depuis le début de sa nouvelle législature en novembre dernier, le Premier ministre espagnol est maintenant sommé de témoigner dans l'affaire qui vise son épouse, Begoña Gómez. Spécialiste en levée de fonds pour les ONG, elle est accusée de corruption et de trafic d'influence par deux collectifs proches de l'extrême droite, Hazte Oir et Manos Limpias.
Le juge d'instruction Juan Carlos Peinado, chargé du dossier, prévoit de se rendre mardi au palais de la Moncloa pour interroger le leader socialiste « sur les potentiels éléments constitutifs du trafic d'influence ». Une entrevue dont se serait bien passé le dirigeant espagnol, déjà politiquement dans la nasse. Depuis des semaines, il est empêtré dans d'interminables négociations avec les indépendantistes catalans qui empêchent, sur le plan national, toute avancée législative.
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L'ouverture de l'enquête fin avril avait déjà provoqué un séisme politique. Pedro Sánchez, très affecté de voir sa femme mise en cause, s'était retiré durant cinq jours de la vie publique pour méditer sur une éventuelle démission. Ce vrai-faux départ avait provoqué les sarcasmes de la droite, du Parti populaire mais aussi des extrémistes de Vox qui, depuis des mois, se délectent de ce « Begoñagate ». « Cette affaire montre surtout à quel point la justice est instrumentalisée par le monde politique », déplore le politologue Fernando Vallespín. Les amitiés du juge Peinado avec les conservateurs ne sont effectivement un secret pour personne. Alors que le parquet a demandé le classement sans suite du dossier pour faute de preuves, il a choisi de poursuivre l'enquête.
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