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Espionnage par la Russie et la Chine : « De tels actes sont dangereux et inacceptables » s'insurge Jens Stoltenberg (Otan)

latribune.fr

Publié le 26 avril 2024 à 15:42 - Mis à jour le 26 avril 2024 à 15:42

Le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg (photo d'archives).

Le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg (photo d'archives).

Johanna Geron

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le chef de l'Otan s'est montré intransigeant concernant les récentes affaires d'espionnage révélées ces derniers jours, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni. A l'approche des élections et dans le contexte tendu de la guerre en Ukraine, les ingérences se sont multipliées ces derniers mois à l'encontre des membres de l'organisation intergouvernementale.

« Inacceptables ». C'est en ces termes que le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, a jugé vendredi les affaires d'espionnage et de complot pro-russes révélées en Allemagne et au Royaume-Uni, mais qui n'empêcheront pas le soutien de l'Alliance envers l'Ukraine.

« De tels actes sont dangereux et inacceptables », a-t-il déclaré à Berlin lors d'une conférence de presse avec le chancelier Olaf Scholz.

«Ils ne nous dissuaderont pas d'apporter notre soutien à l'Ukraine et nous coordonnons étroitement notre réponse à tout acte hostile contre les alliés de l'Otan», a-t-il assuré.

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«Activité hostile» au Royaume-Uni

Les affaires d'espionnage se sont effectivement multipliées ces derniers jours. Au Royaume-Uni, un Britannique de 20 ans a été inculpé pour « activité hostile » au profit de la Russie consistant à organiser des attaques contre des « entreprises liées à l'Ukraine », ont indiqué ce vendredi les autorités. Une affaire que Londres a jugé « profondément préoccupante ». Ces faits incluent « la planification d'un incendie criminel » contre une entreprise « liée à l'Ukraine » le mois dernier.

Le parquet a précisé que quatre autres hommes avaient été inculpés pour des charges moins lourdes dans cette affaire. Ils ont comparu le 22 avril devant un tribunal de Londres et ont été placés en détention provisoire, mais des restrictions ordonnées par la justice empêchaient l'affaire d'être révélée jusqu'alors.

Des documents de justice publiés pour cette audience lient l'affaire au groupe paramilitaire russe Wagner, classé organisation terroriste au Royaume-Uni.

« Même si nous devons laisser la procédure judiciaire suivre son cours, je suis profondément préoccupé par les allégations selon lesquelles des ressortissants britanniques auraient mené des activités criminelles sur le sol du Royaume-Uni au profit de l'État russe », a réagi le chef de la diplomatie David Cameron sur X.

«Nous utiliserons tout le poids du système judiciaire pour demander des comptes à toute personne reconnue coupable de délits liés à une ingérence étrangère», a-t-il ajouté.

D'autres affaires récentes d'espionnage ont éclaté au Royaume-Uni. Dans l'une d'elles, cinq ressortissants bulgares sont actuellement poursuivis pour espionnage pour le compte de la Russie. En effet, Londres est l'un des principaux soutiens de l'Ukraine, et le pays accuse de longue date Moscou de mener des activités hostiles sur son sol, à l'image des empoisonnements des ex-espions russes Alexandre Litvinenko en 2006 et Sergueï Skripal en 2018. Encore cette semaine, un ancien chercheur affilié au parlement a été inculpé pour espionnage au profit, cette fois, de la Chine.

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Espionnage pour le compte de la Chine

Outre le Royaume-Uni, cette semaine, quatre Allemands, soupçonnés d'espionner pour le compte de la Chine, ont également été arrêtés à la demande de la justice. Trois d'entre eux évoluaient dans le milieu de la recherche scientifique et auraient collecté des informations sur des « technologies innovantes pouvant servir à des fins militaires », selon le parquet.

Le dernier, un Allemand d'origine chinoise interpellé mardi, travaillait comme assistant d'un eurodéputé allemand Maximilian Krah, tête de liste du parti d'extrême droite allemand (AfD) pour les élections européennes de juin. Il est soupçonné d'avoir espionné des opposants chinois en Allemagne et d'avoir partagé des informations sur le Parlement européen avec un service de renseignement chinois.

De son côté, Pékin a qualifié vendredi de « pure invention » les soupçons d'espionnage émis par Berlin, ajoutant que la Chine avait déjà mené des « actions sévères auprès de la partie allemande au sujet des accusations sans fondement de l'Allemagne ». Dans ce contexte, l'ambassadrice allemande à Pékin a indiqué avoir été convoquée jeudi par les autorités chinoises.

Limiter les ingérences

Avant cette menace d'ingérence chinoise, un réseau d'influence financé par Moscou et ciblant le Parlement européen avait été découvert. À quelques semaines des européennes (6 au 9 juin), le Parlement européen a donc appelé jeudi à la vigilance et à la fermeté face aux ingérences étrangères, à quelques semaines des élections.

Une résolution invite donc à renforcer la sécurité interne au Parlement et suggère une formation obligatoire pour les eurodéputés et leurs équipes afin de les sensibiliser « à leur statut de cible potentielle ».

«Pendant très longtemps, un certain nombre de parlementaires refusait d'admettre le fait que nous étions une cible», a souligné l'eurodéputée française Nathalie Loiseau (Renew, libéraux) lors d'un point presse. «Entre le Qatargate, les différents Russiagates et maintenant le Chinagate, on voit que c'est une réalité».

Cette semaine, le groupe des Verts au Parlement européen a réclamé à l'institution d'accélérer son enquête sur les liens entre les députés européens et les puissances étrangères. Ils ont réclamé que des résultats préliminaires soient publiés avant les élections européennes qui auront lieu du 6 au 9 juin.

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« Il n'est pas trop tard pour que l'Ukraine l'emporte », a déclaré le chef de l'Otan

« Il n'est pas trop tard pour que l'Ukraine l'emporte » dans la guerre face à la Russie, à condition que les Occidentaux tiennent leurs promesses de lui fournir davantage d'armes, a affirmé jeudi le chef de l'Otan.

« Ces derniers mois, les alliés de l'OTAN n'ont pas apporté le soutien » qu'ils avaient promis, a regretté Jens Stoltenberg, dans un discours prononcé lors d'une remise de prix à Berlin sur les liens transatlantiques. « Il est maintenant de notre responsabilité de transformer les engagements (récents des Occidentaux, ndlr) en livraisons réelles d'armes et de munitions, et de le faire rapidement », a-t-il jugé.

Vendredi dernier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait exhorté l'Otan à livrer le plus rapidement possible des armes à l'Ukraine qui « ne peut plus attendre » face à la pression russe. Les Alliés avaient promis d'augmenter leur soutien. L'Ukraine a subi des revers sur le champ de bataille notamment en raison de l'incapacité des alliés à tenir leurs promesses d'aide, tandis qu'un projet de loi visant à accroître le soutien des États-Unis a été longtemps bloqué par des querelles politiques.

Jens Stoltenberg s'est toutefois félicité de l'approbation par le Congrès du vaste plan américain d'assistance militaire à l'Ukraine de plus de 60 milliards de dollars, et des engagements allant dans le même sens pris par d'autres pays, dont la Grande-Bretagne, l'Allemagne et les Pays-Bas.

Par ailleurs, il s'en est pris à la Chine, accusant Pékin de « soutenir l'économie de guerre de la Russie » en partageant des technologies de pointe qui peuvent être utilisées pour produire des missiles, des chars et des avions. Berlin et Pékin entretiennent traditionnellement des relations économiques étroites, les entreprises allemandes investissant des sommes considérables en Chine et exportant massivement des marchandises vers la deuxième économie mondiale.

(Avec AFP)

latribune.fr

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