Etats-Unis : la Fed baisse ses taux d'un demi-point de pourcentage
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Jerome Powell, le patron de la Fed.
Kevin Mohatt
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Jerome Powell, le patron de la Fed.
Kevin Mohatt
[Article publié le mercredi 18 septembre 2024 à 20h05 et mis à jour à 21h03] C'était attendu : ce mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé une baisse de ses taux de mercredi d'un demi-point de pourcentage, une première depuis 2020, à 4,75-5,00%. Cette décision importante de la Fed intervient en effet à moins de deux mois de l'élection américaine, qui verra s'opposer la démocrate Kamala Harris et le républicain Donald Trump.
La décision n'a cependant pas été prise à l'unanimité, lors de cette dernière réunion avant l'élection américaine du 5 novembre, une gouverneure, Michelle Bowman, ayant voté pour une baisse d'un quart de point seulement.
Le doute n'était pas permis quant au lancement par l'institution d'un cycle d'assouplissement monétaire. Seule l'incertitude demeurait sur l'ampleur de cette première baisse depuis 2020. Pour rappel, la Fed a relevé ses taux jusqu'à 5,25 à 5,50% pour tenter de juguler la flambée des prix.
La Fed a précisé dans un communiqué avoir désormais une « plus grande confiance » dans la baisse de l'inflation. Dans le détail, la banque centrale américaine a révisé à la baisse sa prévision d'inflation, à 2,3% fin 2024 et 2,1% fin 2025, quand elle tablait en juin, lors des précédentes prévisions, sur respectivement 2,6% et 2,3%, puis retrouver le niveau cible de 2,0% en 2026.
L'institution monétaire pense également baisser encore ses taux d'un demi-point au total d'ici fin 2024. Une bonne nouvelle alors qu'en juin, la Fed pensait abaisser les taux une fois seulement en 2024, d'un quart de point. Mais depuis, le marché de l'emploi notamment a ralenti plus qu'attendu, et la crainte de la récession a ressurgi. La baisse des taux est un « début (d'un) processus », a précisé le président de l'institution. La Fed avancera « aussi vite ou aussi lentement que nous le jugerons approprié en temps réel », a-t-il souligné.
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Cette baisse des taux, annoncée au cours de la dernière réunion de la Fed avant l'élection du 5 novembre, redonnera du pouvoir d'achat aux ménages américains, coincés depuis plusieurs années entre forte inflation et coût élevé du crédit. La Réserve fédérale est indépendante du pouvoir politique mais sa décision pourrait donner un coup de pouce à Kamala Harris. Le candidat républicain Donald Trump avait de son côté jugé mardi lors d'un meeting à Flint (Michigan) que la Fed pouvait assouplir sa politique monétaire uniquement car « l'économie n'est pas bonne, sinon ils ne seraient pas en mesure de le faire ». L'ancien président avait promis d'encore « faire baisser les taux » s'il était élu.
Or, si l'inflation rentre progressivement dans le rang, c'est désormais la hausse du chômage qui inquiète. D'autant que le marché du travail s'est fortement dégradé outre-Atlantique.
Les entreprises du secteur privé aux Etats-Unis ont, en effet, créé 99.000 emplois en août, selon l'enquête mensuelle ADP/Stanford Lab dévoilée le 5 septembre dernier. Un chiffre en baisse importante par rapport à celui de juillet, avec 111.000 emplois créés par le secteur privé. Surtout, pour le mois d'août, les analystes attendaient 140.000 créations, selon le consensus de MarketWatch. Or, la mission de la puissante Réserve fédérale américaine est certes d'assurer la stabilité des prix mais aussi le plein-emploi.
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Les prévisions de chômage ont ainsi été révisées à la hausse, à 4,4% cette année et la suivante, contre 4,0 et 4,2% auparavant, tandis que la croissance du Produit intérieur brut (PIB) pour 2024 est attendu à 2,0% contre 2,1% auparavant. Jerome Powell a estimé qu'une politique monétaire appropriée devait permettre de conserver « la solidité du marché de l'emploi » aux Etats-Unis.
(Avec AFP)
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