États-Unis : l'inflation domptée, la Fed prête à dégainer
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La Fed se prépare à abaisser ses taux mi-septembre, pour la première fois depuis 2020.
Chris Wattie
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La Fed se prépare à abaisser ses taux mi-septembre, pour la première fois depuis 2020.
Chris Wattie
La hausse des prix à la consommation reste stable aux États-Unis. L'inflation américaine s'est établie à 2,5% sur un an en juillet, mais a continué à accélérer sur un mois, à 0,2% contre 0,1%, selon l'indice PCE publié ce vendredi par le département du Commerce. Cette évolution est conforme aux attentes des analystes. L'inflation dite sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, est elle restée stable tant sur un mois que sur un an, respectivement à 0,2% et 2,6%.
Une autre mesure de l'inflation, l'indice CPI, sur lequel sont indexées les retraites, avait été publiée plus tôt dans le mois, et avait montré une poursuite du ralentissement en juillet, à 2,9% sur un an, au plus bas depuis mars 2021, contre 3% le mois précédent.
Par ailleurs, le mois dernier, les dépenses des consommateurs ont également augmenté plus vite qu'en juin, en hausse de 0,3% contre 0,2%, de même que leurs revenus, avec +0,3% contre +0,1%, a encore indiqué le département du Commerce.
Sur les marchés, le dollar s'affichait stable ce vendredi, en très léger repli face à la livre et l'euro, le marché retenant son souffle avant l'indicateur PCE renseignant sur l'inflation américaine. Vers 11H25 GMT (13H25 à Paris), le billet vert restait quasiment atone face à l'euro, qui grappillait 0,02% à 1,1080 dollar, et également face à la livre, qui prenait tout juste 0,05% à 1,3176 dollar.
La baisse de l'inflation depuis plusieurs mois devrait convaincre la banque centrale américaine (Fed) de commencer à abaisser ses taux lors de sa prochaine réunion, les 17 et 18 septembre. « Le temps est venu pour un ajustement de politique » monétaire, autrement dit pour une baisse des taux, avait indiqué vendredi dernier le président de la Fed, Jerome Powell, depuis Jackson Hole, dans les montagnes du Wyoming.
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Il est « difficile » d'imaginer que la Fed n'abaisse pas ses taux mi-septembre, avait renchéri, lundi, la présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly. « Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où nous maintenons une politique très restrictive dans une économie en ralentissement », avait-elle souligné.
Depuis que les prix ont commencé à flamber en 2021, c'est en effet la Fed qui était en première ligne pour les ralentir. Son objectif : ramener l'inflation à 2%, niveau considéré comme sain pour l'économie. Elle a ainsi relevé ses taux afin de ralentir l'activité économique, ce qui doit permettre de desserrer la pression sur les prix et, in fine, de faire baisser l'inflation. Les taux se trouvent ainsi depuis un an à leur plus haut niveau en 20 ans, dans la fourchette de 5,25 à 5,50%.
Mais ils devraient être abaissés lors de la prochaine réunion, a récemment signalé son président, Jerome Powell. Car la crainte, avec des taux élevés, est de ralentir trop fortement l'économie américaine, voire même de provoquer une récession. Le taux de chômage a ainsi grimpé à 4,3% en juillet, et les créations d'emplois de 2023 et début 2024 ont été révisées en forte baisse.
Selon Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank, les membres de la Fed en faveur d'un assouplissement monétaire « sont plus intéressés par les données sur l'emploi », attendues la semaine prochaine, « que par les chiffres de l'inflation ».
Autre indicateur : jeudi, la croissance du PIB des Etats-Unis au deuxième trimestre a été révisée à la hausse, à 3% en rythme annualisé contre 2,8% initialement annoncés, après une croissance de 1,4% au premier trimestre, selon la deuxième estimation du département du Commerce. En la comparant au trimestre précédent, la croissance est de 0,8%, quand la première estimation était de 0,7%.
La progression du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis entre avril et juin avait été portée par la consommation et l'investissement. Ces données sont ajustées de l'inflation, c'est-à-dire que le calcul exclut les effets de la hausse des prix.
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Et ce, « alors que l'inflation se calmait, démontrant que nous avons atterri en douceur il y a quelques mois », selon lui, ce qui signifie que la banque centrale américaine (Fed) a réussi à faire baisser l'inflation sans faire plonger le pays dans la récession.
(Avec AFP)
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