Qu'il est encombrant ! À peine Biden et Trump viennent-ils de s'entendre sur une date de débat que Robert Francis Kennedy Junior (RFK Jr), 10 % d'intentions de vote au compteur, voudrait se joindre à la fête. L'âne bleu (démocrate) renâcle et l'éléphant rouge (républicain) barrit, mais « Bobby » persiste et signe : « Ils essaient de m'exclure parce qu'ils ont peur que je gagne. » Cet automne, Joe Biden avait refusé de challenger son titre de candidat naturel du camp démocrate, souhaitant sortir Kennedy de la course. Celui-ci n'est pas tombé dans le fossé : c'est décidé, il la jouera cavalier seul.
Dans la galaxie des Jill Stein, Cornel West et autres sans étiquette qui lorgnent la magistrature suprême, l'ex-procureur adjoint de Manhattan est de loin le plus populaire. Pas assez encore pour charmer 270 grands électeurs - un peu plus de la moitié des 538 manitous du collège électoral - et s'emparer des clés de Washington. Mais suffisamment pour grappiller une poignée de votes périphériques et faire dérailler l'un des deux monstres sacrés, lors d'un scrutin qui s'annonce ultra-serré. Un petit pas après l'autre, RFK Jr trace sa troisième voie, et cinq États confirment qu'il est inscrit sur leur bulletin. Parmi eux, le Delaware, l'Utah et, surtout, le Michigan, qui risque d'être le principal champ de bataille d'une présidentielle où chaque voix perdue pour Biden est un nouveau barreau à l'échelle trumpiste.