Inflation ou emploi, le casse-tête du virage monétaire de la Fed
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Lael Brainard, la nouvelle vice-présidente de la Fed, lors de son audition de confirmation par le Sénat.
Reuters
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Lael Brainard, la nouvelle vice-présidente de la Fed, lors de son audition de confirmation par le Sénat.
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"L'inflation est trop élevée et les travailleurs de tout le pays s'inquiètent de savoir ce qu'ils pourront payer avec leur salaire", alertait le 13 janvier Lael Brainard, la nouvelle vice-présidente de la Fed, lors de son oral de confirmation au Sénat la semaine dernière. "Nous prenons des mesures sur le front de la politique monétaire qui, j'en suis convaincue, réduiront l'inflation tout en continuant à permettre au marché du travail de retrouver sa pleine solidité au fil du temps", a-t-elle assuré.
Cette économiste, démocrate, qui siège au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale depuis 2014, avait en tête les données du rapport mensuel sur l'emploi publié une semaine plus tôt par le Bureau américain des statistiques sur le travail. Il indiquait que le salaire horaire moyen a augmenté de 4,7% en 2021, mais comme l'inflation a atteint en même temps 7% (5,5% hors énergie et alimentation, au plus haut depuis 1991) - le plus haut niveau atteint depuis 40 ans -, les salaires réels ont en réalité perdu du pouvoir d'achat.
Dans ces conditions, le taux de chômage à 3,9% affiché en décembre, son plus bas niveau depuis mars 2020, est à relativiser.
D'autant que la machine américaine à produire des jobs marque le pas : le nombre d'emplois créés ne s'élevait qu'à 199.000 emplois le mois dernier, alors que le consensus des experts tablait plutôt sur 450.000. Si la propagation du variant Omicron a pu jouer, l'écart reste néanmoins important.
En outre, le nombre de personnes sans activité qui veulent un emploi s'élevait à 5,7 millions en décembre, soit 1,6 million de moins qu'il y a un an, mais 717.000 au-dessus du niveau de février 2020 (avant le début de la pandémie). Or ces personnes ne sont pas comptabilisées comme étant au chômage.
Quant au nombre de chômeurs de longue durée (qui n'ont pas occupé d'emploi depuis 27 semaines ou plus), il étaient 2 millions en décembre, soit 887.000 de plus qu'en février 2020. Ils représentent, à eux seuls, 31,7 % des chômeurs, selon le Bureau.
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