La Fed remonte ses taux d'intérêt prudemment

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Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale
Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale (Crédits : Reuters)
La Banque centrale américaine a annoncé ce mercredi soir sa première hausse des taux d'intérêt depuis 2006. L'objectif des "fonds fédéraux" est désormais compris entre 0,25% et 0,5%. Il s'agit de normaliser la politique monétaire. Largement anticipée, la décision n'a pas fait bouger les marchés

La banque centrale américaine, la Fed, a annoncé ce mercredi soir sa première hausse des taux d'intérêt depuis 2006. L'objectif des taux d'intérêt à court terme, sur le marché interbancaire, qui était compris depuis 2008 dans une fourchette de 0 à 0,25%, est désormais fixé entre 0,25% et 0,50%.

Un événement, dans la mesure où aucune hausse n'avait été décidée depuis près de 10 ans. Mais pas une surprise. C'est la décision de maintenir les taux à zéro, ou presque, qui, au contraire, aurait surpris les marchés. La banque centrale était pour ainsi dire coincée, ayant déjà repoussé à plusieurs reprises cette décision, prenant en compte les incertitudes pesant sur l'économie américaine, mais ayant quasiment pré-annoncé sa décision. Question de crédibilité: si la présidente de la Fed, Janet Yellen, renonçait finalement à une telle hausse, sa parole s'en trouvait irrémédiablement dévaluée. Pour autant, le pas est mesuré. "Il ne faut pas surestimer la signification de cette première hausse" a d'ailleurs déclaré Janet Yellen, la présidente de la Fed.  Et, à entendre les économistes de marché, la banque centrale pourrait se contenter d'un seul relèvement supplémentaire en 2016, tout aussi minime. Le cycle de hausse des taux d'intérêt serait donc particulièrement lent et modéré, en regard des précédents.

Un resserrement paradoxal de la politique monétaire

Pourquoi une telle prudence ? C'est que ce changement de politique monétaire apparaît comme paradoxal. Relever les taux est naturel dès lors qu'une économie se trouve en phase de croissance depuis plusieurs années et en situation de plein emploi, ce qui amène mécaniquement une hausse des salaires et un risque d'inflation. La première mission d'une banque centrale, c'est bien d'éviter cette flambée des prix en jouant notamment sur le niveau du loyer de l'argent, qu'il faut relever dès que la surchauffe menace.

On peut penser a priori que l'Amérique n'est pas loin de cette situation. Après le plongeon de la crise financière en 2008, elle a retrouvé la croissance dès 2009, et le chômage est tombé ces derniers mois à 5 %. Rien de plus naturel que de relever les taux d'intérêt, donc, d'autant qu'à leur niveau actuel, zéro ou presque, ceux-ci sont historiquement très faibles.

Le hic, c'est que l'économie américaine a beau entamer bientôt sa huitième année de croissance continue, le chômage a beau être faible, officiellement, elle ne se porte pas si bien. Historiquement, en phase de reprise, le PIB américain progresse fortement, souvent au-delà des 5 %. Cela n'a pas été le cas depuis 2009. La croissance a toujours tourné autour des 2 %, avec des accélérations sans lendemain. Quant au chômage, le taux de 5 % n'est faible qu'en apparence. Rien de comparable avec des niveaux équivalents affichés dans le passé.

Salariés découragés

Pourquoi ? Jamais, après sept années de croissance continue, on avait vu aux États-Unis autant de salariés découragés, s'excluant eux-mêmes du marché du travail. L'inscription sur les listes de demandeurs d'emploi ne leur apportant rien, ils ne font pas la démarche, et ne sont donc pas considérés comme chômeurs, mais comme inactifs. Une statistique témoigne de ce phénomène : celle du taux de participation (autrement dit, de la proportion d'actifs dans la population américaine), qui a baissé depuis 2010. Avant la crise, deux tiers des américains de plus de 15 ans étaient actifs. Ils ne sont plus que 62,5 %. Cette évolution n'est pas attribuable uniquement au vieillissement de la population, comme le soutiennent les optimistes. Même si l'on considère seulement la tranche des 25-54 ans, la proportion d'actifs a diminué, se stabilisant récemment au faible niveau relatif de 80,5 %.

Janet Yellen ne voit pas de plein emploi

Affirmer aujourd'hui que l'économie américaine est en situation de plein emploi relève donc de l'approximation, même si les annonces de créations de postes se suivent mois après mois. Même Janet Yellen, la présidente de la Fed, admet que ce n'est pas le cas. Le pouvoir de négociation des salariés reste donc très faible, et le risque d'une « flambée » des salaires l'est donc aussi. « Seuls les américains aux revenus les plus élevés voient leurs revenus augmenter plus vite » souligne Patrick Artus. La hausse des taux n'a donc aucun caractère d'urgence, ce qu'a pris en compte la Fed.
Pire : les derniers indicateurs conjoncturels américains ne sont pas favorables, laissant craindre une dégradation de l'économie. Les marges des entreprises cessent de progresser, les indices sur l'état de l'industrie baissent sensiblement. Conclusion de l'économiste Patrick Artus (Natixis) : aux Etats-Unis, il ne faudrait pas relever les taux d'intérêt, mais au contraire les baisser !

D'autres économistes se montrent moins pessimistes, mais beaucoup estiment, comme ceux d'Amundi que « le cycle (de croissance) va progressivement s'achever d'ici à 2017 ». Est-ce une manière d'annoncer une prochaine récession ? Non, mais la croissance américaine va revenir progressivement autour de 1,5 %, contre 2,5 % en 2014 et 2,4 % en 2015. La consommation pourrait ralentir, en raison de l'arrêt des gains de pouvoir d'achat des ménages lié à la chute du prix du pétrole, et l'investissement s'affaiblir, en liaison avec l'érosion des profits. Quant à la hausse du dollar, elle contribue à miner les perspectives de croissance.

Le risque de nouvelle hausse du dollar

« La Fed va surveiller de près l'évolution du dollar, dont la hausse a déjà pesé fortement sur les exportations américaines » estime Florence Pisani, économiste chez Candriam. Autrement dit, si la devise américaine continue de s'apprécier  -le taux de change réel du dollar a déjà progressé de 17% depuis 2011- , et fortement, la banque centrale pourrait interrompre rapidement le mouvement de hausse des taux entamé ce mercredi. Et le risque existe: de fait, les épisodes de resserrement monétaire aux Etats-Unis se sont toujours accompagnés d'une hausse du dollar.
Autre risque pris en considération : l'endettement des entreprises américaines. Une des raisons de la hausse des taux, c'est de mettre fin à un emballement de la dette privée aux Etats-Unis. Les entreprises émettent des obligations à tour de bras : le marché a doublé en cinq ans. La dette émise cette année a encore progressé de 28 %, soulignent les experts d'Amundi. Il faut mettre fin à cette frénésie -d'autant qu'elle est largement improductive, cet endettement finance des rachats d'entreprise ou d'actions et non de l'investissement-, mais une remontée brutale des taux d'intérêt fragiliserait grandement ce marché, risquant de déstabiliser les entreprises emprunteuses.

Et les émergents?

La hausse des taux risque-t-elle par ailleurs de déstabiliser les pays émergents, comme l'annonce de la fin du "quantitative easing" l'avait fait en 2013, en provoquant un retrait des capitaux ? A entendre, les analystes, le risque est nul, tant ce mouvement avait été anticipé. L'heure serait plutôt au retour des capitaux dans les pays émergents.

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Commentaires
a écrit le 17/12/2015 à 15:13 :
Bien entendu ce n'est pas le petit tressautement d'hier sur les taux qui pose problème mais la lignée qui viendra à la suite comme les conclusions que l'on donne à cette première aventure. Certains pensent que l'on tourne la page de la crise et que les intermédiaires peuvent piller comme avant l'économie, d'autres pensent en ménagère sur des questions d'état en affirmant que le crédit ne peut pas être gratuit, ou encore que les marchés l'exigent et que de fait ils sont l'économie à laquelle l'on doit plier. Le délire mental est au pouvoir. Pourtant c'est avec un grand silence que la décision est accueillie, comme au regret que la Fed ait cédé. La Bourse répond mollement sur la simple idée que forcément un petit nombre va se réjouir, au moins jusqu'à la fin de la semaine. C'est pourtant un mauvais signal donné de laisser penser qu'il y a moins de problèmes lorsqu'ils s'accumulent en masse, il y a une nuance entre optimisme et état suicidaire euphorique, tout le monde l'a désormais compris. Les matières premières et le pétrole vont continuer de s'écrouler [j'ai indiqué un baril à 17 dollars] tandis que la survalorisation des entreprises américaines va être remise en cause par une division proche de deux. Autrement dit la faillite pour beaucoup. Le dollar pour sa part profite de ces aléas pour auto justifier la programmation convenue d'un serpent monétaire qui voit nos deux devises converger, il était dans ce cadre, nécessaire qu'il remonte. On se satisfait enfin que les faux chiffres du chômage soient dénoncés comme ceux de la croissance au calcul si particulier sur ces territoires. Il est à espérer que des mesures pratiques en découleront enfin, maintenant que le mal est affiché. Ailleurs les pays émergents vont entrer dans un phase de calvaire, devant vendre leurs entreprises pour financer les emprunts faits en grande imprudence en dollar. On retrouve ici la "mécanique argentine" désormais un classique de l'arnaque monétaire. USA ne peut prétendre à un Q.E4 avant que les effets des précédents soient assimilés s'ils le sont, soit avant 18 mois et pour peu que ses partenaires l'y autorisent. Mais l'Amérique a fait son devoir international dans l'immédiat, quoiqu'il en coûte puisque c'est ce qui lui est demandé, elle vendra son pétrole pour payer l'addition, aux autres de faire avec et à la Chine de contre réagir. L'Europe fait face à une stabilisation lente, par le bas, les chocs principaux sont passés, seule l'Allemagne impactera encore la zone par la décroissance de son économie à venir. Chacun espère que les suites de la conférence climat permettra des relais de croissance nouveaux au moyen du financement dirigé de certaines zones mondiales, il est permis de rêver un peu à ce nouveau mécanisme dont on ne sait rien des effets.
a écrit le 17/12/2015 à 13:02 :
Une bien mauvaise nouvelle pour notre pays et le gouvernement socialiste. Une hausse des taux américains aura un impact sur notre dette. La faillite pourrait être plus proche que prévu ...
a écrit le 17/12/2015 à 7:58 :
Le risque d'impact sur le terme .. ,c'est surtout pour le service de la dette en France ..avec 2 140 Milliards de dette exponentielle .....en cas "d'ajustement du marché " un hausse des intérêts serait catastrophique ....
a écrit le 16/12/2015 à 23:20 :
La banque fait des annonces, on pourrait imaginer vous chantez les anges sont nos victoires comme jeiserjower grant comme le wiski hinsenbourg, Wellington ou bien Napoléon. Et on chante les anges.dans.nos campagnes
a écrit le 16/12/2015 à 22:22 :
Le pire Gouverneur de la FED depuis sa création !
a écrit le 16/12/2015 à 13:51 :
L'économie américaine dispose de 2 600 milliards d'excédants de liquidité. Elle n'arrive pas à créer des actifs tangibles et probants alors que les Q.Es tournent dans des fonds base-tanks sans trouver de débouchés ou très faiblement. On espère que 2016 connaîtra de ce point de vue un bond permettant l'utilisation de 40% au global de cette manne et que 2017 réussira à l'épuiser. Le pays s'apprête à vendre son pétrole à l'extérieur (ce qui était interdit) pour éviter sa décroissance. Cet effet va faire s'écrouler plus rapidement le prix du pétrole comme remonter le dollar tandis que le prix des matières premières va plonger entraînant un choc bancaire à la suite et la ruine de nombreux acteurs. Les principaux seront les pays émergents qui vont constater, s'il se peut encore plus, l'écroulement de leur économie basée justement sur ces matières premières. Comment faire de la croissance lorsque les clients font faillite ? En interne la paupérisation de la populations américaine va aller croissant tandis que les entreprises fusionnent en masse pour ne pas faire faillite et que ce faisant les personnels se réduisent comme jamais. Une hausse des taux verrait un bond spéculatif de plus et le risque d'une explosion plus grande puisque ce sont toutes les valeurs qui deviendraient "yield" c'est à dire à très haut risque. Ce segment est pourtant à l'heure actuelle en train d'exploser en exposant les fonds à des pertes colossales. ces dernières sont épongées par des effets "turbo" soit une prise de risque multipliée techniquement par 4,6,8 sur des actifs de plus en plus volatiles. Les pertes incitent aux turbos qui accélèrent la volatilité des actifs sur lesquels ils s'appliquent, le tout étant supposé éponger les pertes. Une sorte de méga titrisation donc : ceux qui perdent en ayant tenté de gagner très gros, le faisant parfois, font payer leurs pertes à ceux qui gagnent, tant qu'on les autorisent à poursuivre ce jeu. Face à cette agitation forcenée il serait bon que la Fed annonce que tous est mieux en place pour augmenter les taux très légèrement et très progressivement ... après le premier trimestre voire aux vacances, sous conditions, dès qu'il est possible. Faire plaisir aux chinois serait une autre option que je trouve faible car ils ne sont pas non plus totalement dupes du résultat escompté. Je pense que sera décidée la première démarche du maintient car plier aux marchés n'est secrètement pas souhaité par les marchés eux mêmes, ce serait le signe du déclin.
Réponse de le 16/12/2015 à 22:26 :
Je trouve ce commentaire lucide et pertinent mais m'attriste le mécanisme
fatal qu'il explique. Moins compétent, je trouve sinistre le système imposé par le dogme exclusif qui impose sa loi hégémonique. Il s'agit de la
naturelle hégémonie ayant résulté des ravages des deux guerres mondiales. Avec la reconstruction advenue, l'échelle des valeurs est devenue fatalement matérialiste avec son bras séculier financier qui a décrété les enchères de casinos boursiers juges de la valeur des choses, aidé du dogme monétariste; L'on en est là, avec les échecs de démocratisation guerrières et l'abandon des valeurs et repaires moraux
et éthiques antérieurs. Il n'y a plus de boussole autre que les jeux de casinos. Est-ce un déclin ? ou est-ce un progrès du " way of life" ???
a écrit le 15/12/2015 à 22:45 :
Madame Yellen n'inspire ABSOLUMENT PAS CONFIANCE ? Non pas qu'elle
soit pire que le Bernanke, mais "elle ne passe pas" . Tout ce qu'elle dit,
tout son langage corporel joue contre elle ! Elle mine la crédibilité d'une FED
qui n'avait vraiment pas besoin de ça ... après les magouilles et autres arnaques auxquelles elle se livre depuis des décennies !
a écrit le 15/12/2015 à 22:35 :
Ils sont prudent et pour cause, l'économie américaine n'est pas saine et est dopé à l’intérêt ultra bas depuis 2008.

Or la crise de 2008 et l’effondrement de S&P à vu la destruction de plus 600 milliards de dollars.

Que veut dire la hausse de taux vu le niveau actuel de circulation du dollars?

25 points ça veut que la fed va détruire... 800 milliards de dollars.

En pleine récession d'une bonne partie des pays développé, en plein effondrement de tous les indices industries, en plein effondrement des courts du brut (beaucoup de gens écrive sur la guerre des prix des saoudiens, peu de gens écrivent sur l'autre raison, à savoir la demande en énergie n'a jamais été aussi basse ce qui conduit à une baisse naturelle sur laquelle les saoudiens et tacitement les russes font de la surenchère pour tuer le pétrole de schiste américain. La demande est basse parce que les industries ne produisent pas, les industries ne produisent pas parce que la consommation est basse... on est dans un spirale descendante).

Alors certes c'est progressif et non pas du jour au lendemain mais cela risque de déclencher un effondrement qui fera passer celui de 2008 pour une sinécure.
Réponse de le 16/12/2015 à 14:15 :
Les USA, @Econome, sont un très très gros producteur pétrolier. Ils sont actuellement en sur-sur-sur stockage ce qui pose d'énormes problèmes. Ils vont vendre ce pétrole à l'extérieur ce qui était jusqu'alors interdit. Il n'y a pas de complot russe pour faire chuter quoique ce soit même s'il est vrai que leur position stratégique avec des accords de livraison aux européïstes comme aux chinois en font le gagnant inévitable de agitations actuelles. Ils s'adaptent à toutes situations, ne les provoquent pas.
a écrit le 15/12/2015 à 21:45 :
Même très faible, la remontée des taux est amorcée (et il est temps parce que l'argent gratuit, voire rémunéré négativement, c'est extrêmement malsain, encourage les bulles spéculatives et les déficits publics excessifs, le bon taux est au minimum celui de l'inflation augmenté d'une fraction du taux de croissance, entre 50% et 100% de celui-ci). Et ne tardera donc pas à traverser l'Atlantique. Gare donc aux états trop déficitaires dont le seul "effort" budgétaire est de bénéficier de la baisse des intérêts sur leur dette.
Réponse de le 16/12/2015 à 13:26 :
@bruno_bd : vous avez tout à fait raison mais vous ne voyez qu'un coté du problème ! Lequel est, comme c'est très bien expliqué dans l'article, que ça ne va pas si bien que ça aux USA et pas du tout dans le reste du monde ; si les taux remontent, bonjour l'explosion des dettes (donc des bulles comme vous dites) aux USA, bonjour l'effondrement des pays émergents dont un certain nombre sont déjà en récession etc. La réalité, comme dit dans l'article, c'est qu'on est COINCES (mais ça fait un moment que les gens avertis le savent !!) ! En fait, on arrive sans doute au bout de ce modèle économique même si quasiment personne ne veut l'admettre (comme le réchauffement climatique il y a quelques années).
Quand à la remontée des taux dans le reste du monde, il semble que ça ne soit pas pour tout de suite (même en GB, ça semble prendre le chemin inverse, c'est dire !).
a écrit le 15/12/2015 à 21:29 :
La situation paradoxale où semble se trouver l'économie américaine provient aussi du fait que par rapport aux données habituelles des autres pays, le taux de croissance des USA est majorée d'environ 1 à 1.5 %, par l'utilisation d'un indice des prix hédoniques Celui-ci minore la hausse des prix, et majore la croissance du PIB au regard des statistiques des autres pays. Cet indice n'est pas faux, il est juste différent de celui des autres pays. Il s'agit d'une autre manière d'appréhender l'inflation.
Du coup, seule l'augmentation nominale du PIB (croissance +inflation de la valeur ajoutée) reste comparable.

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