Evergrande : l'Etat chinois place ses pions à la tête du promoteur immobilier au bord de la faillite
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TYRONE SIU
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Nouvel épisode du feuilleton Evergrande ce géant de l'immobilier chinois au bord de la faillite. Alors que le groupe croule sous une dette pharaonique de 260 milliards d'euros, l'Etat chinois, qui n'a jusqu'à présent pas indiqué s'il comptait ou non voler au secours du groupe privé aux 200.000 salariés, s'est invité dans le pilotage de l'entreprise.
Dans un communiqué adressé lundi soir à la Bourse de Hongkong, Evergrande a en effet annoncé la création d'un "comité de gestion des risques" auquel siégeront cinq responsables d'entreprises publiques -- et donc indirectement l'Etat. Composé de sept membres, ce comité aura pour mission de "réduire et éliminer les risques futurs" pour le promoteur immobilier chinois.
Pour les analystes de la firme Jefferies, aucun doute : cette annonce s'apparente à "une prise de contrôle potentielle d'Evergrande" par les pouvoirs publics.
Elle intervient alors que le groupe avait annoncé à la fin de la semaine dernière qu'il pourrait ne pas honorer une échéance de remboursement d'un montant de 82,5 millions de dollars (73 millions d'euros) ce lundi. Une annonce qui avait suscité l'inquiétude des autorités de la province du Guangdong (où Evergrande a son siège social) qui avaient immédiatement convoqué le patron du groupe, Xu Jianyin. Dans la foulée, la province avait annoncé qu'elle dépêchait un groupe de travail à la tête du groupe "pour superviser la gestion des risques de l'entreprise".
Parallèlement, Evergrande s'apprête à restructurer l'ensemble de ses obligations, y compris celles de certaines de ses filiales, selon l'agence financière Bloomberg.
Selon cette dernière, l'entreprise doit rembourser à terme 19,2 milliards de dollars d'emprunts contractés à l'international et 8,4 milliards de titres vendus en Chine.
Les déboires d'Evergrande minent la confiance d'acheteurs potentiels et par ricochet celle d'autres promoteurs immobiliers, qui a leur tour se retrouvent dans une situation financière délicate Outre Kaisa, un autre groupe immobilier chinois surendetté, est également en grande difficulté, Sunshine 100 a averti hier qu'il était "incapable" de rembourser un emprunt.
Alors qu'une faillite d'Evergrande serait catastrophique pour la croissance chinoise et pourrait créer de l'agitation sociale dans le pays, Pékin a abaissé lundi le taux de réserve obligatoire des banques et affirmé son soutien au secteur immobilier. Lors d'une réunion au sommet présidée par le numéro un chinois, Xi Jinping, le bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir a annoncé son "soutien" au secteur immobilier.
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"Il est nécessaire de favoriser la construction de logements abordables, soutenir le marché [...] et promouvoir un développement sain" du secteur immobilier, affirme le compte rendu de la réunion.
L'immobilier et la construction ont joué un rôle clé pour la reprise post-pandémie. Ces deux activités pèsent en effet plus du quart du PIB du géant asiatique et servent de locomotive à bien d'autres secteurs, comme l'acier ou l'ameublement.
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En plein essoufflement de la croissance (8% en 2021 et 5,6% en 2022 selon le FMI), la Chine va par ailleurs abaisser le 15 décembre le taux de réserve obligatoire des banques de 0,5 point, soit la part des dépôts qu'elles sont tenues de garder dans leurs coffres. La mesure vise à alléger la pression sur les établissements financiers pour les encourager à accorder davantage de crédits, à des conditions plus favorables, aux entreprises -- et in fine à soutenir l'économie.
D'après la banque centrale, cette décision doit permettre d'injecter à long terme 1.200 milliards de yuans (166 milliards d'euros) dans l'économie.
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