Face à Donald Trump, Ursula von der Leyen promet que l'Europe est « prête pour des négociations difficiles »
latribune.fr
« L'Europe doit faire face au monde tel qu'il est », a estimé Ursula von der Leyen dans un discours devant les ambassadeurs de l'Union européenne, réunis à Bruxelles.
La présidente de la Commission européenne a appelé l'Europe à agir dans son intérêt dans un monde devenu plus dur alors que le président américain menace les Vingt-Sept de droits de douane.
L'Europe ne restera pas sans réponse face à Donald Trump. C'est ce qu'a affirmé, ce mardi, la présidente de la Commission européenne appelant à agir selon les intérêts européens. « L'Europe doit faire face au monde tel qu'il est », a lancé Ursula von der Leyen dans un discours devant les ambassadeurs de l'Union européenne, réunis à Bruxelles.
Elle doit « prendre des décisions en dehors de toute émotion ou nostalgie pour un monde révolu, mais plutôt en fonction d'un jugement calculé sur ce qui est dans notre propre intérêt », a-t-elle ajouté, reconnaissant que certains pouvaient « ne pas aimer cette nouvelle réalité plus dure, davantage basée sur le donnant-donnant ». Un discours qui résonne avec les menaces du nouveau président américain.
Donald Trump a bouleversé l'agenda international en menaçant de droits de douane plusieurs pays dont ceux de l'Union européenne. Il a également évoqué la possibilité d'annexer le Groenland, sous souveraineté du Danemark, pays membre de l'Otan et de l'UE.
Dans ce contexte, « nous devons nous engager, et nous devrons sans doute nous engager dans des négociations difficiles, y compris avec des partenaires de longue date », a assuré la présidente de la Commission européenne. « Nous serons prêts pour des difficiles négociations si nécessaire », a-t-elle poursuivi. Et l'Europe doit faire passer ce message à ses partenaires : « Si des bénéfices mutuels existent, nous sommes prêts à nous engager avec vous », a-t-elle encore dit.
Les dirigeants des 27, réunis lundi à Bruxelles, ont averti Donald Trump qu'ils étaient prêts à réagir en cas d'imposition de droits de douane sur leurs exportations vers les États-Unis. « Mais il est également important de maintenir le bon équilibre », a précisé Ursula von der Leyen, afin d'éviter une guerre commerciale, « qui n'est dans l'intérêt de personne ».
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Un constat partagé par les dirigeants européens
De son côté, Emmanuel Macron, qui s'exprimait la veille à son arrivée à une réunion informelle des chefs d'État de gouvernement de l'Union européenne, consacrée à la défense, a estimé que « si nous étions attaqués sur les sujets commerciaux, l'Europe, comme une puissance qui se tient, devra se faire respecter et donc réagir », a déclaré le chef de l'État.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a lui appelé à ne « pas exclure une réplique parce qu'il ne faut pas être naïf ou désarmé », évoquant des« mesures de politique commerciale » face à l'éventualité de voir Donald Trump taxer les produits européens. Selon lui, « le cœur de la réponse européenne, c'est de muscler davantage » son économie, « c'est innover plus vite ». L'Europe doit surtout promouvoir « un agenda de croissance », a-t-il ajouté, avec davantage de simplification, d'innovation, d'intégration et d'investissements dans les technologies d'avenir.