Droits de douanes : Emmanuel Macron assure que l'Europe « devra se faire respecter »

Le gouverneur de la Banque de France a aussi appelé l'Europe à « muscler davantage » son économie.
SARAH MEYSSONNIER

Le gouverneur de la Banque de France a aussi appelé l'Europe à « muscler davantage » son économie.
SARAH MEYSSONNIER
Emmanuel Macron montre les muscles face à Donald Trump. Si elle devait être « attaquée » sur son commerce international, l'Europe « devra se faire respecter », a martelé le président français à Bruxelles ce lundi 3 février, sur fond de menaces de droits de douane américains sur les produits européens.
« Si nous étions attaqués sur les sujets commerciaux, l'Europe, comme une puissance qui se tient, devra se faire respecter et donc réagir », a déclaré le chef de l'État à son arrivée à une réunion informelle des chefs d'État de gouvernement de l'Union européenne, consacrée à la défense.
Ces déclarations interviennent après que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a appelé à ne « pas exclure une réplique parce qu'il ne faut pas être naïf ou désarmé », évoquant des « mesures de politique commerciale » face à l'éventualité de voir Donald Trump taxer les produits européens.
Selon lui, « le cœur de la réponse européenne, c'est de muscler davantage » son économie, « c'est innover plus vite ». L'Europe doit surtout promouvoir « un agenda de croissance », a-t-il ajouté, avec davantage de simplification, d'innovation, d'intégration et d'investissements dans les technologies d'avenir.
Et le gouverneur de la Banque de France d'également rappeler que l'expérience du protectionnisme a montré « toujours et partout » que « tout le monde est perdant ». « C'est négatif à la fois pour le pays qui introduit ses droits de douane et puis pour l'ensemble de ses partenaires », a-t-il souligné. Le haut fonctionnaire a par ailleurs a qualifié ce lundi sur franceinfo de « préoccupante » la décision américaine d'augmenter des tarifs douaniers envers le Mexique et le Canada.
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Pour mémoire, vendredi dernier, en début de soirée, la porte-parole de la Maison-Blanche a confirmé l'imposition, à partir de samedi, de nouveaux droits de douane au Mexique et au Canada (à l'exception des hydrocarbures), à hauteur de 25 %. La Chine, voit, elle, ses importations imposées à hauteur de 10 % supplémentaires. Donald Trump s'en prend ainsi aux trois principaux partenaires commerciaux des États-Unis, qui représentent au total plus de 40 % des importations du pays.
Comme argument principal justifiant ces nouveaux tarifs douaniers, Donald Trump accuse les trois pays de ne pas faire assez d'efforts pour réduire le trafic de fentanyl, un puissant opioïde à l'origine d'une grave crise sanitaire aux États-Unis.
En représailles à cette mesure, le Canada, par la voix de son Premier ministre canadien Justin Trudeau, a confirmé la mise en place de droits de douane à hauteur de 25 % sur les produits américains entrant dans son territoire. Et ce pour un total de 155 milliards de dollars canadiens(102 milliards d'euros), soit un cinquième des importations américaines annuelles au Canada.
De son côté, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a annoncé « des mesures tarifaires et non tarifaires en défense des intérêts du Mexique », sans plus de détails. Enfin, la Chine s'est dite « vivement mécontente » et a annoncé des mesures « correspondantes pour protéger résolument » les « droits et intérêts » chinois. Pékin a aussi annoncé porter plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
D'après un calcul de l'agence de presse économique Bloomberg, ces augmentations de taxes douanières, auront un impact sur 1 300 milliards de dollars d'échanges commerciaux entre les États-Unis et ces trois pays. Cette somme représente 43 % des importations, et 5 % du PIB des États-Unis.
En outre, cette mesure protectionniste va au-delà de celles prises par Trump en 2018 : cette fois-ci, le niveau moyen des droits de douane américains pourrait, à terme, passer de 3 % à 10,7 %. En conséquence derrière, une baisse du PIB américain de 1,2 %, selon Bloomberg.
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Selon le cabinet de conseil EY, au Canada, la décision américaine pourrait entraîner une perte de PIB de 2,7% en 2025 et 4,3% en 2026. Plus vulnérable aux droits de douane américains, en comparaison du Canada, l'économie mexicaine devrait davantage souffrir. Selon Oxford Economics, les nouveaux tarifs douaniers pourraient entraîner une hausse de l'inflation, à 6 % en rythme annuel (contre 4,2 % sur un an en décembre), et un recul de 7 % de la monnaie locale, le peso. Suffisant pour plonger le pays d'Amérique latine en récession.
(Avec AFP)