Face à Trump, l'Allemagne et la France veulent se rapprocher

Drapeaux France Allemagne
Reuters

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Alors que les tensions commerciales et diplomatiques ne cessent de s'accroître, le ministre allemand de l'Économie et de l'Énergie Peter Altmaier a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre la France et l'Allemagne lors d'un débat organisé par l'institut Montaigne, à la Maison de la Chimie, ce jeudi 12 juillet.
À l'heure où le multilatéralisme est remis en cause par les États-Unis, les deux puissances européennes veulent affirmer leur unité. Au sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) qui vient de s'achever à Bruxelles, le président américain Donald Trump a déclaré qu'il était "très inapproprié" que les États-Unis payent pour la défense des Européens contre la Russie alors que le pays le plus riche d'Europe, l'Allemagne, négocie des contrats gaziers avec Moscou.
Le multilatéralisme et la coopération sont devenus des axes prioritaires pour le ministre allemand. Lors de son intervention devant un public nombreux, il a rappelé qu'il était « extrêmement nécessaire de se mettre d'accord avec la France [...] La valeur économique des sanctions entre les États-Unis et la Chine est supérieure à celle des sanctions entre l'Europe et les États-Unis [...] Le défi pour l'Allemagne et la France est d'expliquer le monde. »
Pour le responsable allemand chrétien-démocrate, « le climat reste le plus grand défi actuellement. L'accord de Paris est une loi fondamentale de notre époque. » Sur le sommet de l'Otan, il a assuré qu'il voulait « tout faire pour renforcer l'organisation au lieu de la démanteler. » En revanche, il est resté très prudent sur le président américain rappelant que « à la différence de la Russie, Donald Trump a été élu de manière démocratique. »
Après une réunion avec le ministre allemand qui s'est tenue la veille, Bruno Le Maire a également exprimé la volonté de renforcer ce rapprochement. « L'Allemagne et la France ont toujours avancé main dans la main. Sur la question du commerce mondial, je peux vous garantir qu'elles continueront d'avancer main dans la main dans les semaines et dans les mois qui viennent. »
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Avant de poursuivre, dans des propos rapportés par l'AFP :
Pour concrétiser cette coopération, Bruno Le Maire et Peter Altamaier ont supervisé la signature d'un accord entre la Banque publique d'investissement et son équivalent allemand, la KFW, qui « va permettre la réalisation de co-investissements dans des fonds franco-allemands de capital-risque des deux côtés du Rhin. » « Cela veut dire la mobilisation de jusqu'à un milliard d'euros d'investissements publics et privés qui vont donner les moyens aux meilleurs acteurs nationaux du capital-risque de devenir européens au bénéfice des startups en croissance dans tous les secteurs, le digital, les biotechnologies, les écotechnologies », a énuméré le ministre français.
Outre cet accord, le locataire de Bercy a rappelé la volonté de la France de créer un fonds pour l'innovation industrielle de 10 milliards d'euros qui sera financé par des cessions d'actifs dans ADP, la Française des jeux et Engie.
Cette volonté de rapprochement intervient alors que la Commission européenne vient d'abaisser ce 12 juillet ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2018, en raison des tensions commerciales entre les États-Unis et l'Europe. Le commissaire européen Pierre Moscovici a expliqué que « la légère révision à la baisse par rapport au printemps traduit l'impact des tensions commerciales et de l'incertitude politique sur la confiance et la hausse des prix de l'énergie. »
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Par rapport aux prévisions du printemps dernier, les fonctionnaires de la commission prévoient un tassement de 0,2 point avec une croissance qui devrait atteindre 2,1% cette année et 2,1% l'année prochaine tant dans l'UE que dans la zone euro. Dans leurs dernières projections, ils estimaient que la croissance pourraient atteindre 2,3% en 2018.