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Gaz: les exportations russes ont chuté de 45,5% en 2022, hors de l'ex-bloc soviétique

latribune.fr

Publié le 02 janvier 2023 à 14:18 - Mis à jour le 02 janvier 2023 à 15:27

gazprom

pour compenser ses pertes, Moscou s'efforce d'augmenter ses livraisons de gaz à la Chine dont l'économie est très consommatrice d'énergie

Reuters

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Les sanctions contre la Russie après son invasion de l'Ukraine sont venues aggraver les différends entre les pays de l'UE et la Russie en matière de livraisons de gaz. Les pays européens se tournent désormais vers d'autres fournisseurs, ce qui devrait encore accentuer la chute des livraisons russes en 2023.

Les tensions et les mesures punitives entre les pays de l'Union européenne (UE) et la Russie ont un impact sur Moscou. Selon les derniers chiffres publiés par Gazprom, le géant gazier russe, ses exportations ont chuté de 45,5% en 2022 par rapport à 2021, hors pays de l'ex-bloc soviétique (Russie et voisins de l'ouest et du sud). Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller a indiqué dans un communiqué que le groupe avait fourni 100,9 milliards de m3 de gaz en 2022 aux pays de « l'étranger lointain », contre 185,1 milliards en 2021. Une baisse que n'a pas compensé le regain d'activité lié au gaz naturel liquéfié (GNL), dont quelque 21 milliards de m3 ont été livrés en 2022, un chiffre en hausse mais qui est loin de couvrir les volumes perdus par les exportations via les gazoducs.

La propre production de Gazprom est tombée, quant à elle, à 412,6 milliards de m3 cette année, a déclaré le producteur russe sur Telegram. Il s'agit d'une baisse de près de 20 % par rapport à 2021 et du niveau le plus bas depuis au moins 2008, selon les données de l'entreprise.

Bras de fer économique entre l'UE et la Russie

A l'origine de cette chute des exportations, il faut compter les différends avec certains pays européens. L'Union européenne était le premier acheteur de gaz russe avant la décision de Moscou d'envahir l'Ukraine, le 24 février. En réaction à cette intervention militaire, les pays occidentaux avaient pris une série de sanctions économiques contre la Russie. En réponse, Moscou a fortement réduit ses exportations d'hydrocarbures vers l'UE en coupant notamment l'approvisionnement par les gazoduc Nord Stream 1 et Yamal qui relient plusieurs pays européens à la Russie.

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Depuis, tous les pays européens cherchent à diversifier leurs sources d'approvisionnement. Conséquence, les achats du Vieux continent de gaz russe sont passés de 191 milliards de m3 en 2019 à 90 milliards cette année, et tomberont autour de 38 milliards l'an prochain, prévoit le cabinet Wood Mackenzie. Pour se passer de du gaz russe principalement livré par gazoduc, les Européens se tournent vers de nouveaux fournisseurs de GNL. Mercredi 28 décembre, l'opérateur finlandais Gasdrid a annoncé l'arrivée d'un premier navire-terminal d'importation de GNL dans le pays. Avec cette infrastructure de regazéification, le pays baltique compte bien se sevrer du gaz russe qui constituait les deux tiers de sa consommation totale en 2021, soit 1,49 milliard de m3, selon les données de Gazprom. Le gaz naturel ne représente quant à lui que 8% de la consommation totale d'énergie de la Finlande.

En décembre, c'est l'Allemagne qui a inauguré son premier terminal de traitement de GNL. Elle dépendait à 55% des importations de gaz russe avant le début de l'invasion de l'Ukraine. Cinq autres terminaux flottants suivront en 2023. La France qui possède aujourd'hui quatre terminaux portuaires d'importation de GNL (deux à Fos-sur-Mer, un à Montoir de Bretagne et un à Dunkerque) veut aussi renforcer ses infrastructures avec un nouveau site au Havre. Ce dernier devrait commencer à fonctionner en septembre 2023, selon TotalEnergies en charge de sa construction. La filiale LNG Services France de TotalEnergies va même lancer, en janvier, une campagne destinée à tous les Européens pour la réservation de 2,5 milliards de m3 par an de regazéification sur son futur méthanier flottant du Havre, a indiqué fin décembre le géant français de l'énergie.

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La confrontation entre Bruxelles et Moscou ne se limite pas d'ailleurs pas qu'au gaz. Début décembre, l'Union européenne, les pays du G7 et l'Australie se sont également mis d'accord sur un plafonnement du prix du pétrole russe à l'export à 60 dollars par baril, dans l'espoir de priver Moscou de revenus importants. En réaction, la Russie a annoncé qu'elle interdirait à partir du 1er février la vente de son pétrole aux pays étrangers qui utilisent le plafonnement de son pétrole.

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Embargo européen sur le pétrole russe : le grand saut dans l'inconnu du marché pétrolier

Mais ces tensions et russo-européennes n'inquiètent pas les marchés pour le moment. Le contrat de référence pour le continent, le TTF sur le marché néerlandais, avait encore chuté de 4,67% à 72,75 euros le mégawattheure (MWh) pour livraison en février, lundi matin, quand il culminait à 342 euros le mégawattheure en août 2022. Il s'agit du prix le plus bas enregistré depuis le 21 février. Le pétrole aussi a bien entamé sa baisse. Le baril de Brent se négociait ce matin à 85,99 dollars contre un pic de 130 dollars en mars. Des prix de l'énergie qui s'écroulent en partie grâce aux températures élevées par rapport aux normales saisonnières, qui réduisent la consommation. Mais c'est surtout la peur d'un ralentissement économique mondial suite à une nouvelle flambée de cas de Covid-19 après la réouverture des frontières de la Chine qui pousse les investisseurs à réduire leurs achats les hydrocarbures.

Moscou se tourne vers l'Asie

Pour sa part, pour compenser ses pertes, Moscou s'efforce d'augmenter ses livraisons de gaz à la Chine dont l'économie est très consommatrice d'énergie.

Fin décembre, Vladimir Poutine a lancé l'exploitation d'un vaste gisement situé en Sibérie qui doit permettre d'augmenter ces exportations. La Russie prévoit également la construction dès 2024 du gazoduc Force de Sibérie 2 pour alimenter Pékin via la Mongolie. Lundi, le directeur général de Gazprom, Alexaï Miller, expliquait que « les perspectives d'une hausse de la consommation de gaz dans le monde sont liées principalement à l'Asie, et, en premier lieu, à la Chine ». Il a d'ailleursaffirmé qu'en 2022 les livraisons à Pékin avaient dépassé, « à la demande de la Chine », les quantités prévues dans les contrats.

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Avec le renforcement du gazoduc Force de Sibérie 1, grâce à la future infrastructure Force de Sibérie 2, Moscou devrai pouvoir « livrer environ 100 milliards de m3 » de gaz russe à la Chine, assure Alexaï Miller.

(Avec AFP)

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