Le transport maritime est un bon indicateur de la santé de l'activité économique mondiale. Or, note la Cnuced dans son rapport annuel sur le secteur, 2022 s'est caractérisée par un « environnement complexe ». Deux événements ont été particulièrement perturbateurs: le premier pays exportateur, la Chine, a vu son activité ralentir, en raison de sa politique particulièrement stricte de « zéro Covid », qui « a entraîné la fermeture d'usines et perturbé l'activité manufacturière, le secteur de la logistique et les chaînes d'approvisionnement ». Le second est l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe le 24 février, qui a entraîné la fermeture partielle des ports de la mer Noire.
En outre, précise la Cnuced, sont venues s'ajouter des grèves de travailleurs dans plusieurs ports internationaux, en particulier en Afrique du Sud, en Allemagne, en Corée du Sud et au Royaume-Uni. Les activités du transport maritime ont également été perturbées par des « phénomènes météorologiques extrêmes » : inondations, ouragans et vagues de chaleur en Australie, au Brésil, au Pakistan, en Afrique de l'Est, en Europe et aux États-Unis. « Au quatrième trimestre de 2022, les économistes ont revu à la baisse les prévisions de croissance de l'économie mondiale, sur laquelle plane le spectre de la récession et de la stagflation », souligne le rapport.
Pourtant, les prix du transport maritime du pétrole et du gaz devraient augmenter. Après avoir connu un plus bas historique en 2021, à 6.416 dollars par jour en moyenne (contre près de 70.000 dollars par jour au pic de 2020, à multiplier par le nombre de jours de transport), le coût du transport de l'or noir qui a commencé à augmenter depuis août devrait continuer à progresser en 2023 « du fait d'un potentiel accroissement de la demande et du volume des échanges de pétrole ainsi que d'une réorganisation des flux pétroliers, conséquence de la guerre en Ukraine », indique le rapport (voir graphique).