Norilsk Nickel (ou Nornickel) et son patron, Vladimir Potanin, l'homme le plus riche de Russie, ne sont pas soumis à sanctions par les Américains et les Européens, précisément pour éviter de tarir l'offre de métaux. Néanmoins, le géant minier, leader...
Le cours du "métal du diable" a progressé de 250% en deux jours, obligeant le London Metal Exchange à suspendre sa cotation. Le risque d'un retrait de l'offre de nickel russe du marché international fait craindre des pénuries alors même que la demande mondiale excède l'offre en raison des besoins des secteurs de l'acier et de l'automobile pour les batteries pour véhicules électriques.
Le marché du nickel est en ébullition. Celui que l'on appelle aussi "le métal du diable" justifie son surnom avec une hausse en deux séance de plus de... 250% sur le marché à terme. Après avoir atteint les 100.000 dollars, le prix de la tonne de nickel pour une livraison dans un mois revenait autour des 80.000 dollars, un nouveau pic de prix de 15 ans. Cet emballement a poussé le plus grand marché des métaux du monde, le London Metal Exchange (LME), à suspendre la cotation de ce non-ferreux pour calmer la fièvre.
Car cette envolée des prix pose un problème pour les opérateurs sur les marchés, qui doivent s'acquitter chaque jour d'un appel de marge pour conserver leur position. Or avec l'envolée des cours, cet appel lui aussi explose. "La China Construction Bank Corp - l'une des quatre grandes banques chinoises - s'est vu accorder un délai supplémentaire par le London Metal Exchange pour payer les centaines de millions de dollars d'appels de marge qu'elle a manqués hier, dans un contexte de flambée sans précédent des prix du nickel", relève John Plassard, analyste chez Mirabeau Equity, dans une note à ses clients. Le géant chinois Tsingshan Holdings group, premier producteur mondial d'acier inoxydable et de nickel se retrouve lui aussi dans une position délicate.
La Russie, troisième producteur de nickel
Mais ce sont surtout les courtiers détenant des positions "courtes" (qui ont déjà vendu à un prix fixe un volume de métal qu'ils ne possèdent pas) qui se trouvent pris dans la tourmente et cherchent à liquider leurs positions.
Comme pour le palladium, le gaz naturel, le pétrole ou encore le blé, cette envolée des cours est liée à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Les Américains et les Européens ont riposté sous la forme de sanctions économiques, provoquant en retour la menace de Moscou de cesser les livraisons en particulier aux clients européens. Or la Russie est le troisième producteur mondial de nickel, de métal primaire (issu du minerai et non du recyclage).