Guerre Israël-Iran : ce qu'il faut retenir de ce dimanche
latribune.fr
Les États-Unis ont « dévasté le programme nucléaire iranien », a affirmé dimanche le ministre de la Défense, Pete Hegseth, à la suite de frappes américaines ciblant trois sites sensibles.
Stringer Iran
Les États-Unis ont bombardé dimanche trois sites névralgiques du programme nucléaire iranien, rejoignant Israël dans une guerre ouverte contre la République islamique. Cette offensive, qualifiée de « tournant historique » par Benjamin Netanyahu, marque une escalade majeure au dixième jour du conflit.
À la suite du bombardement américain, Donald Trump a salué une opération « très réussie » contre les sites nucléaires iraniens de Fordo, Natanz et Ispahan. Alors qu'une large majorité d'Israéliens célébraient dimanche l'entrée en scène des États-Unis dans cette guerre, le président iranien a dénoncé une « agression qui a montré que l'Amérique est le principal facteur derrière les actions hostiles du régime sioniste contre la République islamique d'Iran », ajoutant que les États-Unis étaient intervenus après avoir constaté « l'incapacité évidente » d'Israël.
Washington assure avoir« dévasté »le programme nucléaire iranien
Les États-Unis ont « dévasté le programme nucléaire iranien », a affirmé dimanche le ministre de la Défense, Pete Hegseth, à la suite de frappes américaines ciblant trois sites sensibles. Cette opération, baptisée « Marteau de minuit », a mobilisé sept bombardiers furtifs B-2, partis samedi d'une base américaine pour une mission de 18 heures avec plusieurs ravitaillements en vol.
« Une réussite spectaculaire », a salué le chef du Pentagone. Le chef d'état-major américain a détaillé cette attaque surprise, évoquant une coordination millimétrée et un impact « stratégique et durable ». Par ailleurs, les Etats-Unis se disent « prêts à discuter » avec l'Iran sur son programme nucléaire civil, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine.
L'armée israélienne affirme avoir frappé dimanche «des dizaines de cibles militaires» en Iran
« Une trentaine d'avions de chasse de l'armée de l'air israélienne ont frappé des dizaines de cibles militaires en Iran », notamment « le centre de commandement des missiles stratégiques Imam Hussein, dans la région de Yazd, où étaient stockés des missiles longue portée Khorramchahr », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Parallèlement, des frappes ont visé « des lanceurs de missiles » dans les régions de Bouchehr (sud), où une « explosion massive » a été rapportée par des médias iraniens dimanche, d'Ahvaz (sud-ouest) et d'Ispahan (centre). Ispahan abrite une usine de conversion d'uranium ciblée par des missiles attaquée pendant la nuit par les Etats-Unis, avec deux autres sites nucléaires stratégiques.
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Les pays arabes condamnent, l'UE réunit les ministres ce lundi
Sur la scène internationale, les réactions ont été immédiates. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dénoncé une « dangereuse escalade » et une menace directe pour la paix mondiale.
L'Union européenne appelle toutes les parties à « faire un pas en arrière », selon sa présidente Kaja Kallas. Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères est convoquée ce lundi à Bruxelles. À Londres, le Premier ministre Keir Starmer a exhorté Téhéran à « revenir à la table des négociations », rappelant qu'il « ne devait jamais être autorisé à développer une arme nucléaire ».
À Bagdad, le gouvernement irakien s'est alarmé d'une « escalade militaire » et a plaidé pour un retour rapide à la diplomatie. Riyad a exprimé sa « grande préoccupation ». Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont qualifié les frappes américaines de « déclaration de guerre » et menacé les navires américains en mer Rouge. Le Hamas a dénoncé une « agression criminelle » qui « viole toutes les normes internationales ».
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, a annoncé dimanche sur X la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil des gouverneurs. « Compte tenu de la situation urgente en Iran, je convoque une réunion d'urgence pour demain », a-t-il précisé. Elle se tiendra lundi au siège de l'agence à Vienne.
Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche avec le président iranien Masoud Pezeshkian, qu'il a exhorté à « la désescalade et à la plus grande retenue » afin de « permettre un retour à la voie diplomatique ». Le chef de l'État a également réuni un Conseil de défense et de sécurité nationale en fin de journée, à 19h30.