Il réclamait 12 milliards de dollars à la Russie... Peine perdue !
Avec AFP et Reuters
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Ancien argentier du Kremlin devenu critique à l'égard de Vladimir Poutine, Sergueï Pougatchev, 57 ans, avait saisi en 2015 une cour d'arbitrage de La Haye pour réclamer à Moscou 12 milliards de dollars. Il affirmait avoir été victime d'"un raid" contre ses actifs en Russie l'ayant contraint de les céder à des entreprises d'État, à un prix bien inférieur à leur valeur réelle. Au final, il n'aurait jamais été payé.
Pour justifier son recours à la cour d'arbitrage internationale, l'homme d'affaires, qui a fui son pays, faisait valoir qu'il avait acquis la nationalité française en 2009, ce qui faisait de lui un investisseur étranger en Russie.
Près de cinq ans après le lancement de cette procédure, le tribunal arbitral de Madrid, désigné en cours de route pour trancher ce litige, s'est déclaré le 18 juin incompétent en la matière, s'appuyant sur le fait que M. Pougatchev n'était pas encore Français au moment où il avait investi dans les biens dont il s'est dit exproprié.
Selon un communiqué du ministère russe de la Justice, il est par ailleurs condamné à verser à l'Etat russe 5,8 millions de dollars au titre des frais de la procédure.
Contacté par l'AFP, l'avocat de l'ex-oligarque, Me Jean-Georges Betto, a indiqué envisager un recours.
Ex-sénateur de la région de Touva, en Sibérie, Sergueï Pougatchev a fondé en 1992 la Mejprombank, devenu au début des années 2000 l'une des principales banques de Russie, et développé jusqu'en 2010 le groupe OPK qui regroupait notamment plusieurs chantiers navals et une entreprise d'exploitation de charbon à coke (EPK).
Réputé proche de Vladimir Poutine, il investit aussi massivement en France, notamment dans la marque française Hédiard. En 2009, il permet à son fils, Alexandre, alors âgé de 24 ans, de prendre la direction du quotidien France Soir.
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Mais en 2010, la Mejprombank fait faillite. L'homme d'affaires est soupçonné d'être à l'origine de transactions douteuses ayant permis de faire sortir des actifs de Russie.
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En 2014, accusé par Moscou de détournement de fonds et d'escroquerie à grande échelle, il est placé sur liste rouge d'Interpol. En 2019, l'ex-oligarque, qui s'est installé à Nice, échappe grâce à une décision de justice française au paiement d'une amende de 1,3 milliard d'euros et à la confiscation de ses biens réclamés par la Russie. De son côté, M. Pougatchev porte plainte en 2013 à Paris pour escroquerie et extorsion en bande organisée.
Après un premier classement sans suite, une enquête est confiée en 2014 à une juge d'instruction, qui a rendu un non-lieu en février 2019. L'homme d'affaires a fait appel de cette décision.
Avec AFP et Reuters
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