Incendies en Amazonie : Brasilia décline l'aide de 20 millions de dollars du G7 et critique Macron
Louis Mbembe

Après avoir refusé l'aide du G7, Brasilia s'en est de nouveau pris à Emmanuel Macron.
Reuters
Louis Mbembe

Après avoir refusé l'aide du G7, Brasilia s'en est de nouveau pris à Emmanuel Macron.
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"Nous remercions (le G7 pour son offre d'aide, ndlr), mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l'Europe". Ces par ces mots que le gouvernement brésilien, par l'intermédiaire d'Onyx Lorenzoni, le chef de cabinet du président brésilien Jair Bolsonaro, a indiqué à la communauté internationale qu'elle refusait l'aide de 20 millions de dollars proposé par le G7 pour lutter contre les incendies en Amazonie. Onyx Lorenzoni s'est ensuite lancé dans une diatribe anti emmanuel Macron.
Tout en priant le président français de s'occuper de ses "colonies", dans le droit-fil des précédentes attaques du président Bolsonaro à l'encontre de son homologue. Le dirigeant d'extrême droite avait amorcé le rejet de l'aide en tweetant : "Nous ne pouvons accepter qu'un président, Macron, lance des attaques déplacées et gratuites contre l'Amazonie, ni qu'il déguise ses intentions derrière l'idée d'une 'alliance' de pays du G7 pour 'sauver' l'Amazonie, comme si c'était une colonie".
"Le respect de la souveraineté de quelque pays que ce soit est le minimum qu'on puisse attendre dans un monde civilisé", avait-il ajouté, après plusieurs jours d'échanges musclés entre les deux dirigeants. Les sept pays les plus industrialisés, réunis à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, avaient promis de débloquer d'urgence 20 millions de dollars pour envoyer des avions bombardiers d'eau supplémentaires. Le G7 est tombé d'accord pour un plan d'aide "d'au moins 30 millions" de dollars, a ensuite précisé M. Macron, destiné à la reforestation, au niveau de l'ONU, qui doit être finalisé au cours de l'Assemblée générale des Nations unies fin septembre.
Dimanche, M. Macron avait par ailleurs déploré les propos "extraordinairement irrespectueux" du chef de l'Etat brésilien à l'encontre de son épouse Brigitte, disant espérer "très rapidement" que les Brésiliens "auront un président qui se comporte à la hauteur". A la veille du G7, M. Macron avait accusé M. Bolsonaro de lui avoir "menti" sur ses engagements en matière d'écologie et annoncé que la France s'opposait désormais à l'accord controversé de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, un groupe de pays sud-américains, dont le Brésil.
Qu'en est-il des feux ? Lundi, le ministre brésilien de la Défense a assuré que les incendies en Amazonie étaient "sous contrôle", après le déploiement de plus de 2.500 militaires et des pluies signalées dans plusieurs des régions concernées. La situation "a été un peu exagérée", a ajouté Fernando Azevedo e Silva, qui a affirmé devant des journalistes à la sortie d'une réunion avec Jair Bolsonaro que le Brésil avait connu certaines années des "pics d'incendies beaucoup plus graves".
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Quelque 1.113 nouveaux départs de feu ont été recensés dimanche au Brésil par l'Institut national de recherche spatiale (INPE). Au total, près de 80.000 feux de forêt ont été répertoriés au Brésil depuis le début de l'année -- un plus haut depuis 2013 -- dont plus de la moitié en Amazonie. Dans l'Etat de Rondônia (nord-ouest), frontalier de la Bolivie, la ville de Porto Velho restait couverte de larges nuées de fumées lundi, malgré la mobilisation depuis dimanche par l'armée de deux avions C-130 Hercules.
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