Déforestation en Amazonie : le directeur limogé lance un appel aux scientifiques
AFP

La déforestation de l'Amazonie s'est accélérée de façon drastique depuis le début de l'année 2019.
POOL New
AFP

La déforestation de l'Amazonie s'est accélérée de façon drastique depuis le début de l'année 2019.
POOL New
Ricardo Galvao, limogé de la direction de l'organisme qui surveille la déforestation au Brésil après avoir été critiqué par le président Jair Bolsonaro, a appelé vendredi les scientifiques à ne pas accepter d'être réduits au silence.
C'est ce qu'a déclaré M. Galvao, physicien et ingénieur âgé de 71 ans, lors d'une réunion à l'Université de Sao Paulo (USP) au cours de laquelle il a été ovationné par des centaines d'étudiants et de collègues.
M. Galvao était jusqu'à récemment le directeur de l'Institut national de recherche spatiale (INPE), qui observe et mesure l'évolution de la déforestation au Brésil.
Après la publication de données indiquant une forte augmentation de la déforestation en Amazonie au cours des mois précédents, M. Galvao a été accusé en juillet par le président d'extrême droite Bolsonaro de mentir et de nuire à l'image du Brésil.
Le scientifique a défendu l'exactitude des données publiées par l'INPE et a refusé de démissionner, mais il a été destitué début août de la direction de l'institut.
L'arrivée au pouvoir en janvier de M. Bolsonaro, un climato-sceptique notoire, a suscité de nombreuses craintes pour l'avenir de la forêt amazonienne, considérée comme "le poumon de la planète".
La Norvège, principal bailleur de fonds pour la protection de la forêt amazonienne, a annoncé jeudi le blocage de quelque 300 millions de couronnes (30 millions d'euros) de subventions destinées au Brésil, accusé de ne plus vouloir agir dans ce domaine.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Le 10 août, l'Allemagne a elle aussi annoncé qu'elle suspendait une partie de ses subventions au Brésil, soit 35 millions d'euros, jusqu'à ce que les chiffres de la déforestation redeviennent encourageants.
La décision norvégienne a suscité une réaction virulente de M. Bolsonaro.
À lire également
M. Bolsonaro avait déjà accueilli avec désinvolture la suspension de subventions par Berlin. "Ils peuvent utiliser cet argent comme bon leur semble. Le Brésil n'en a pas besoin", avait-il déclaré.
AFP