Iran : Trump promet des sanctions "majeures" dès lundi

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Le locataire de la Maison Blanche a néanmoins assuré que si les Iraniens renonçaient à leur programme nucléaire, il deviendrait leur meilleur ami.
Le locataire de la Maison Blanche a néanmoins assuré que si les Iraniens renonçaient à leur programme nucléaire, il deviendrait leur "meilleur ami". (Crédits : CARLOS BARRIA)
La tension continue de monter entre les Etats-Unis et l'Iran. Washington a demandé la tenue lundi d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU.

De nouvelles sanctions "majeures". C'est ce que le président américain Donald Trump a promis dès lundi contre l'Iran, lequel a menacé les Etats-Unis de conséquences dévastatrices pour leurs intérêts dans la région en cas d'attaque contre son territoire.

"Nous mettons en place des sanctions supplémentaires majeures contre l'Iran lundi", a tweeté le président américain. "L'Iran ne peut pas avoir d'armes nucléaires!", a-t-il ajouté.

Dans son tweet, le président américain a évoqué l'accord international sur le nucléaire conclu en 2015 (dont Washington s'est retiré en 2018), selon lequel l'Iran s'est engagé à ne pas se doter de l'arme atomique.

Washington aurait ordonné des cyberattaques

Peu avant, le locataire de la Maison Blanche, qui alterne déclarations martiales et appels au dialogue depuis plusieurs semaines, avait assuré que si les Iraniens renonçaient à leur programme nucléaire, il deviendrait leur "meilleur ami".

"Quand le régime iranien décidera de renoncer à la violence et de répondre à notre diplomatie par la diplomatie, il sait comment nous joindre. D'ici-là, notre campagne d'isolement diplomatique et de pression économique contre le régime va s'intensifier", a affirmé pour sa part le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Etats-Unis et Iran ont beau répéter ne pas chercher la guerre, la tension n'a cessé de monter entre les deux pays et la multiplication des incidents dans le Golfe fait craindre un embrasement. Donald Trump a affirmé avoir renoncé à la dernière minute à donner son feu vert à des frappes contre l'Iran pour éviter un lourd bilan humain, tout en maintenant ses menaces de représailles contre Téhéran, qui avait abattu la veille un drone américain. Selon le Washington Post et Yahoo! News, il a en revanche ordonné secrètement des cyberattaques contres des systèmes de défense iraniens et contre un réseau d'espionnage surveillant le passage des navires dans le détroit d'Ormuz. Le Pentagone s'est refusé à commenter ces informations.

De son côté, Téhéran a mis en garde les Américains.

"Tirer une balle en direction de l'Iran mettra le feu aux intérêts de l'Amérique et de ses alliés" dans la région, a déclaré samedi à l'agence Tasnim le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole de l'état-major conjoint des forces armées iraniennes.

L'Iran a par ailleurs annoncé dans la journée l'exécution pour "espionnage" d'un prestataire du ministère de la Défense accusé d'avoir collaboré avec l'Agence centrale du renseignement des Etats-Unis (CIA), selon l'agence de presse semi-officielle Isna.

"Anéantissement"

La destruction du drone de l'US Navy par l'Iran a provoqué un nouvel accès de fièvre. Le président Trump a ainsi réaffirmé qu'il ne souhaitait pas la guerre avec l'Iran que si elle éclatait, elle provoquerait "un anéantissement comme on n'en a jamais vu avant". Le général Shekarchi a, lui, menacé "l'Amérique et ses alliés" d'être intégralement "consumés" en cas d'attaque.

L'Iran affirme disposer de "preuves irréfutables" montrant que le drone américain abattu était entré dans son espace aérien et a déposé une plainte à l'ONU. Samedi, le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a publié sur son compte Twitter une carte reprenant notamment, selon lui, le parcours détaillé du drone au-dessus du détroit d'Ormuz. Washington affirme de son côté que l'aéronef a été touché dans l'espace aérien international.

Les Etats-Unis ont demandé la tenue lundi d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU, selon des sources diplomatiques. Accusant Téhéran de "rejeter les ouvertures diplomatiques de Washington", l'envoyé spécial des Etats-Unis pour l'Iran, Brian Hook, a affirmé vendredi que l'Iran devait "répondre à la diplomatie par la diplomatie, pas par la force". Brian Hook a tenu ces propos lors d'une visite sur une base militaire en Arabie saoudite, pays allié des Etats-Unis et engagé avec Téhéran dans une lutte d'influence régionale depuis plusieurs années.

"Une désescalade urgente"

"Les Iraniens répondront à la diplomatie par la diplomatie, au respect par le respect et à la guerre par une défense acharnée", a répondu sur Twitter le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi.

Selon lui, la "diplomatie" américaine est synonyme de "#TerrorismeEconomique et de guerre" et de violation "de la parole donnée" ainsi que des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

La Grande-Bretagne, qui fait toujours partie de l'accord international sur le nucléaire iranien, a annoncé que son ministre d'Etat chargé du Moyen-Orient, Andrew Murrison, serait dimanche à Téhéran pour plaider en faveur d'"une désescalade urgente".

Les tensions entre Washington et Téhéran ne cessent de monter depuis le retrait américain en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran, privant ce pays des bénéfices économiques escomptés grâce à ce pacte dont la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne font toujours partie, ainsi que l'Iran. Les tensions se sont intensifiées avec de récentes attaques contre des pétroliers dans le Golfe, imputées par Washington à Téhéran, qui dément toute implication.

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Commentaires
a écrit le 26/06/2019 à 9:35 :
Si je peux pas me passer du trollage d'hercule vous assumez votre obscurantisme en supprimant mon commentaire, je vous demande juste d'être sincère, vous n'avez aucune justification sémantique pour refuser ma proposition.
a écrit le 24/06/2019 à 14:16 :
Si je peux pas me passer du trollage d'hercule vous assumez votre obscurantisme en supprimant mon commentaire, je vous demande juste d'être sincère, vous n'avez aucune justification sémantique pour refuser ma proposition.
a écrit le 24/06/2019 à 8:16 :
Il y a une rivalité tri-millénaire entre Israël et la Perse qui remonte à Nabuchodonosor. C'est le combat illustré par l'hymne à la liberté dans l'opéra Nabucco de Verdi. Rien d'étonnant que les US se mobilisent dans cette guerre idéologique.
a écrit le 23/06/2019 à 19:09 :
On ne peut que constater que les médias n'ont pas pour but de rassurer les populations mais de les terroriser afin que l'épisode suivant est une bonne audience!
a écrit le 23/06/2019 à 15:36 :
Face a l Iran les usa n ont aucune chance de gagner.

Au bout de 10 attentats ciblés les ricains feront dans leur froc point.
Les états uniens ne connaissent pas la souffrance. Avec les Perses ils vont être servis.

Trump et Bolton tueront des milliers d innocents avec leurs bombardements mais au final ils perdront

C est tout
Réponse de le 23/06/2019 à 17:50 :
Comme les américains ont perdus toutes leurs guerres où ils se sont engouffrés avec mensonges (false flags) et arrogance .. En cela, l' Amérique des néoconservateurs illustrée aujourd'hui par Bolton et Pompéo est devenue la plaie du monde libre qui doit s' en extraire en créant un contre-pouvoir fort.
a écrit le 23/06/2019 à 15:16 :
Mieux vaut lire ça que d'être aveugle mais ça pose quand même de sacrés question sur la santé mentale du docteur folamour.

Idem pour l'appel à l'ONU que Trump ne cesse de critiquer (et que les USA ont arrêté de financer).
Il n'y a rien à en attendre puisque aussi bien les EU que la Chine ou la Russie ont un droit de veto qu'ils appliqueront pour se bloquer mutuellement.
D'autre part les USA ne se sentent pas tenus par les décisions du conseil de sécurité, donc encore un acte idiot de la maison blanche.
Réponse de le 23/06/2019 à 20:55 :
"... ça pose quand même de sacrés question sur la santé mentale du docteur folamour." Ah, la médicalisation du débat comme en ex-Union Soviétique lorsqu'on ne partage pas les même opinions.... Pourquoi, vous êtes psychiatre? Malgré ses défauts,Trump me rassure infiniment plus qu'un Obama.
a écrit le 23/06/2019 à 14:25 :
Trump se ridiculise avec ses nombreux coups de mentons et de poing sur la table, jamais suivis d'effets. Syrie, Corée du Nord, Venezuela, maintenant Iran. Autant de menaces militaires, autant de sanctions...pour quel résultat ? Aucun jusque là si ce n'est de discréditer les USA, et de se mettre durablement à dos plein de pays !
a écrit le 23/06/2019 à 9:23 :
On voit mal une théocratie aussi rétrograde faire preuve d'intelligence, sa stratégie a toujours été la provocation, sa croyance aveugle ne peut pas lui faire entendre raison.

Quand les menteurs sont contaminés par leurs propres mensonges, ne rigolons pas nous avons exactement le même problème avec le néolibéralisme que nos politiciens européens nous imposent pour les seuls intérêts des mégas riches.

Rien de pire que les croyances pour gérer des vies humaines du moins à notre ère.
Réponse de le 23/06/2019 à 17:38 :
L'Amérique est aussi une théocratie avec comme dieu le dollar. Ils déclarent aussi des fatwas à l'encontre du monde entier à travers leurs législations extraterritoriales.
Réponse de le 26/06/2019 à 9:35 :
@ multipseudos: Les américains se servent de la religion pour rendre heureux leur population, les iraniens eux c'est pour les rendre haineux.

Je propose à hercule trois réponses quand même ! Donc soit vous en validez une, soit vous virez son analyse au rabais soit vous supprimez mon commentaire de base.
a écrit le 23/06/2019 à 8:54 :
il va les bombarder de tweets, ca va etre terrible pour eux

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