Japon-Russie : une coopération économique sur fond de conflit territorial

Le président russe Vladimir Poutine est en visite au Japon pour deux jours. Une première depuis onze ans. Au programme : la négociation d'une trentaine d'accords alors que le conflit territorial autour des îles Kouriles reste en suspend.
Anaïs Cherif
Le président russe Vladimir Poutine est en visite au Japon depuis ce jeudi. Une première depuis onze ans.

Le rendez-vous était donné ce jeudi à Nagato - une commune à l'Ouest du Japon réputée pour sa source thermale... et ses vertus apaisantes. Pour la première fois depuis onze ans, Vladimir Poutine a foulé le sol japonais. Le président russe espère que ce sommet apportera "une contribution importante dans le développement des liens" entre Moscou et Tokyo, rapporte l'AFP. A l'ordre du jour de cette visite de deux jours : discuter du sort des îles Kouriles, situées entre le Japon et la Chine, avant de laisser place vendredi au volet économique à Tokyo. L'occasion pour la Russie, isolée sur la scène internationale, de sortir de sa relation de dépendance avec la Chine. Mais Vladimir Poutine anticipait en septembre : "Nous ne vendons pas nos territoires."

Les îles Kouriles, un territoire disputé depuis 70 ans

Les discussions concernant ces îles volcaniques, baptisées "Kouriles du Sud" par les Russes et "Territoires du Nord" par les Japonais, sont mal amorcées. Revendiquées par le Japon, ces quatre îles sont administrées par la Russie depuis 1945 - forçant environ 17.000 habitants à fuir le territoire à l'époque. Un conflit qui a empêché les deux pays de signer un traité de paix formel.

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, en a fait une affaire personnelle. "Cette question sera réglée sous ma génération. J'y veillerai personnellement", rapporte le Washington Post - alors que son père, ministre des affaires étrangères dans les années 80, n'a pas réussi à régler ce conflit. En début de semaine, le Kremlin assurait n'avoir "aucun problème territorial" avec le Japon.

Parmi les pistes évoquées pour solder ce différend, le Japon pourrait accepter de récupérer les deux plus petites îles, conformément à une déclaration formulée en 1956 par l'Union soviétique, souligne le Financial Times. Ce qui pourrait être perçu comme un signe de faiblesse par son rival chinois, qui revendique les îles Senkaku.

Une trentaine d'accords en négociation

Afin de développer l'Extrême-Orient russe, une trentaine d'accords devraient être signés entre des sociétés russes et japonaises dans des domaines aussi vastes que l'énergie, la santé, l'agriculture ou encore la cybersécurité. D'après Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, Vladimir Poutine aurait aussi proposé de "rétablir les contacts" dans le domaine militaire. Annoncé début décembre, le prêt de 95 milliards de yens (831 millions de dollars) à la société russe de gaz Gazprom par des banques japonaises devrait être finalisé pour l'occasion, annonce le Japan Times. Au total, le Japon offrirait une coopération économique de 1.000 milliards de yens, selon Le Monde.

Anaïs Cherif

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Commentaires 4
à écrit le 16/12/2016 à 15:37
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Ainsi, on peut supposer que le "grand patriote de la Russie" aille donner au moins deux îles aux Japonais. Bon, comme avant cela a été le cas des îles à la frontière à la Chine, des villages de Dagestan à l’Azerbaïdjan, des parts de la mer de Barent...

à écrit le 16/12/2016 à 9:01
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faut peut etre arrêter de parler des îles Kouriles depuis 70 ans et passer à autre chose. Je pense que le Japon a bien d'autre problèmes en ce moment

à écrit le 16/12/2016 à 8:56
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Vivement la montée des eaux que ces iles disparaissent enfin, depuis le temps qu'ils se disputent ces bouts de cailloux tous. Comme si cela pouvait influer sérieusement sur les eaux territoriales. Cette Loi internationale a été vraiment très mal fait...

le 16/12/2016 à 15:36
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Le Maroc et l'Espagne ne sont bien disputer des récifs de quelques dizaines de mètres, rien d'impossible à ce que ça continu même enfoui sous l'eau...

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