Alors que Donald Trump poursuit sa partie d’échecs avec l’Europe sur les tarifs douaniers, Kevin Roberts, l’une des plumes du « Project 2025 » pour son second mandat, cherche à tisser de nouvelles alliances sur le Vieux Continent. En France notamment, il s’agit de consolider son influence.« L'Union européenne est dépassée, inefficace, bafoue les droits naturels des États et des individus souverains, au profit de sa vision mondialiste. » Le compliment ne vient pas de Donald Trump lui-même ou de son administration, mais de l'un de ses plus proches conseillers. En visite de trois jours dans la capitale pour rencontrer à huis clos « les leaders de la droite » française et tisser de nouvelles « alliances transatlantiques », Kevin Roberts, président du puissant think tank Heritage Foundation basé à Washington, a dressé ce lundi un tableau peu réjouissant auprès de journalistes parisiens triés sur le volet. Pire, la France, alliée historique de la Révolution américaine, « est sur le point d'être perdue ».
Si la vision anti-UE des faucons conservateurs et néoconservateurs de Washington n'est pas un secret, celle partagée par Kevin Roberts, l'un des pères du Project 2025, nom de code du programme pour le second mandat de Donald Trump, éclaire toutefois la dernière partie d'échecs que joue le président américain, alors que Bruxelles et Washington sont engagés dans un bras de fer inédit au sujet des taxes douanières.
Quarante-huit heures plus tôt, le président américain, - qui qualifie, lui, l'UE de « méchante », « injuste » ou encore « pire que la Chine » -, a menacé d'imposer des droits de douane de 50 % sur les importations en provenance des Vingt-Sept dès le 1er juin. Pour finalement changer de pied dimanche et instaurer une pause jusqu'au 9 juillet, après une « très bonne conversation » avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
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Mais à entendre ses proches conseillers de la Heritage Foundation, qui compte 500 000 donateurs outre-Atlantique, la méfiance de la Maison-Blanche envers l'administration bruxelloise - « dont le projet est mauvais pour l'Amérique et pour l'Europe » - est bien plus profonde.
«L'Union européenne se présente comme porteuse du libre-échange, mais elle est en réalité une entité protectionniste», dénonce Kevin Roberts.