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ÉconomieInternational

« L'Amérique d'abord, c'est bien, mais pas seule » : le patron de JP Morgan tance la politique de Trump

Photo de Marius Bocquet

Marius Bocquet

Publié le 17 avril 2025 à 09:57 - Mis à jour le 17 avril 2025 à 09:57

Le directeur général de JP Morgan, Jamie Dimon.

Le directeur général de JP Morgan, Jamie Dimon.

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Le directeur général de la banque américaine, Jamie Dimon, appelle dans un entretien au Financial Times à « dialoguer avec la Chine » et à « collaborer avec nos alliés », dans le contexte de la guerre commerciale lancée par Donald Trump.

Jamie Dimon s'inscrit en faux par rapport à la politique étrangère de Donald Trump. Dans une interview accordée au Financial Times mardi, le directeur général de JP Morgan, dont la parole se fait assez rare et feutrée, s'est exprimé sur la situation internationale dans le contexte de la guerre commerciale lancée par les États-Unis.

À l'heure où le président américain ne cesse de répéter que l'Union européenne a été créée pour « entuber » Washington, le patron de la plus grande banque américaine appelle au contraire à « renforcer et se rapprocher de l'Europe, non l'affaiblir et de s'en l'éloigner », faisant ainsi référence à la menace de droits de douane réciproques de 20 % brandie par Donald Trump à l'encontre du Vieux Continent. Le milliardaire a toutefois suspendu leur entrée en vigueur le 9 avril dernier pour une durée de 90 jours.

« L'Europe a déjà reconnu la nécessité de modifier ses propres règles, réglementations et lignes directrices pour croître plus vite, mais cela doit être fait avec nous », a insisté Jamie Dimon au cours de cet entretien fleuve.

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Dialoguer avec la Chine

Se rapprocher de ses alliés pourrait permettre aux États-Unis de négocier avec la Chine, selon lui. « Je souhaiterais négocier avec l'Europe, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée, l'Australie, les Philippines, et entretenir des relations économiques très solides, puis affronter la Chine et lui dire : "Nous voulons commercer avec vous, mais voici les conditions commerciales que nous jugeons tous équitables et raisonnables." », a-t-il expliqué. « Je pense que nous devrions collaborer avec nos alliés, ce qui est précisément ce que la Chine ne souhaite pas », a appuyé le banquier américain.

Mais contrairement à Donald Trump, qui a imposé des surtaxes douanières allant jusqu'à 145 % sur une grande quantité de produits chinois, Jamie Dimon « pense que la Chine et l'Amérique devraient dialoguer ». « Elles ont commencé à le faire, mais pour l'instant, elles ne se parlent pas beaucoup », a-t-il déploré, alors que la Chine a répliqué avec des droits de douane de rétorsion de 125 % sur les marchandises américaines importées.

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« Les adultes devraient se parler »

Le grand patron de la banque américaine « ne veu[t] pas entrer dans une logique de représailles » et « pense que les adultes devraient se parler, s'écouter et reconnaître quand l'autre a raison ». « Je pense donc que le plus important est que nous ne lisions pas un livre dans 40 ans : "Comment l'Occident a été perdu" » « Je pense donc que la fragmentation du monde est une mauvaise idée, surtout en Occident », a-t-il lancé.

Le risque serait de « se retrouver avec un monde qui ressemble à celui d'avant la Première ou la Seconde Guerre mondiale, où presque chaque nation se débrouillerait seule, cherchant comment se protéger ». « Et malheureusement, cela pourrait conduire à la prolifération des armes nucléaires », redoute-t-il.

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« Préserver l'unité du monde occidental »

Interrogé sur la réaction des marchés, qui avaient dégringolé la semaine précédente face à l'inflexibilité de Donald Trump, Jamie Dimon pense que ce n'est pas « le véritable problème », mais que ce dernier « réside dans l'incertitude persistante autour des droits de douane, des représailles potentielles et de la manière de restructurer les chaînes d'approvisionnement manufacturières, si tant est qu'on en soit capable ».

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Quant à la perte de confiance des investisseurs envers les États-Unis, il espère que « ces droits de douane et ces guerres commerciales se calment et disparaissent, pour que les gens puissent dire : "Je peux compter sur l'Amérique". » « L'Amérique d'abord, c'est bien, mais pas l'Amérique seule. Je me soucie moins des marchés que de préserver l'unité du monde occidental, sa liberté et sa sécurité démocratique », a-t-il conclu.

Marius Bocquet

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