L'annonce de la hausse des taux de la Banque d'Angleterre fait plonger la livre

La Banque d'Angleterre a annoncé ce jeudi relever ses taux directeurs de 75 points de base à 3%. Une annonce qui a fait chuter la devise britannique. Elle frôlait les 2% de perte face au dollar et plus de 1% face à l'euro. L'institution avait toutefois pris soin de tempérer les attentes du marché, signalant que celui-ci surestimait sa volonté de poursuivre des hausses qui pèsent sur l'économie.
La devise britannique frôlait les 2% de pertes face au dollar et chutait de plus de 1% face à l'euro.
La devise britannique frôlait les 2% de pertes face au dollar et chutait de plus de 1% face à l'euro. (Crédits : Daniel via Pixabay)

La livre connaît de nouveaux rebondissements, ce jeudi. La devise britannique frôlait les 2% de pertes face au dollar et chutait de plus de 1% face à l'euro. Plus précisément, la livre s'effondrait de 1,89% à 1,1176 dollar vers 13H45 (heure de Paris), peu après avoir chuté jusqu'à 1,1165 dollar, son plus bas en près de deux semaines. Elle cédait 1,14% face à l'euro, à 87,17 pence.

Cette chute s'explique par la décision de la Banque d'Angleterre (BoE), ce même jour, de remonter des taux directeurs de 75 points de base. C'est en effet ce qu'a annoncé l'institution monétaire britannique, portant le taux directeur à 3%, un sommet depuis 2008. Elle entend ainsi juguler l'inflation qui, poussée par les prix de l'alimentation, culminait à 10,9% en octobre sur un an, selon la BoE, contre 10,01% en septembre.

Mais cette dernière a estimé que l'inflation avait, à ce stade, atteint son pic. Alors qu'elle prévoyait jusqu'à présent une hausse jusqu'à 13%, l'institution a prédit, dans son rapport de politique monétaire, que la hausse des prix allait rester « proche de 11% pour le reste du quatrième trimestre, avant de reculer vers 10% au premier trimestre 2023 et de baisser encore après ».

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Prudence sur les futures hausses de taux

En annonçant son nouveau resserrement monétaire, la BoE a toutefois pris soin de tempérer les attentes du marché sur de futures hausses. Elle a, en effet, signalé que celui-ci surestimait sa volonté de poursuivre des hausses qui pèsent sur l'économie. La BoE vise une inflation de 2%, et comme elle dépasse actuellement 10%, « de nouvelles hausses seront nécessaires pour atteindre notre objectif, cependant le sommet sera moins haut que le marché ne le prévoit », a-t-elle indiqué dans un résumé de sa réunion.

« Les marchés avaient largement anticipé cette forte hausse des taux », commente Richard Carter, analyste pour Quilter Cheviot. « Toutefois, cette dernière mesure est en fait nettement inférieure à ce qu'elle aurait pu être compte tenu de la fureur provoquée par le mini-budget » de l'ex-Première ministre de Liz Truss, qui avait fait plonger la devise à son plus bas historique, poursuit-il.

La Fed fait grimper le dollar

Cette ligne s'inscrit « en opposition » avec celle de la Banque centrale américaine (Fed) mercredi, souligne Fawad Razaqzada, analyste chez City Index. Le dollar grimpait en effet jeudi face aux autres devises, au lendemain d'une décision de la Fed, qui a relevé elle aussi de 75 points de base son taux directeur, le portant à son plus haut niveau depuis près de 15 ans. Le président de la Fed, Jerome Powell, a, en outre, annoncé de futures hausses plus élevées que prévu face à l'inflation.

Le Dollar index, qui compare le billet vert à un panier d'autres grandes monnaies, grimpait de 1,55% à 113,07 points. Le « véritable soutien au dollar » a été apporté par Jerome Powell. Il « s'est montré plus virulent que prévu lors de la conférence de presse, reconnaissant que l'inflation reste une grande préoccupation et que les taux devront donc augmenter plus que prévu », explique Ricardo Evangelista, analyste chez ActivTrades. Lors de sa conférence de presse, Jerome Powell a prévenu qu'il faudrait « du temps » avant que les hausses de taux d'intérêt ne ralentissent l'inflation et que cela passerait sans doute par un ralentissement de l'économie. « La Fed est loin d'en avoir fini avec sa politique de resserrement monétaire et n'envisage pas - pour le moment - de relâcher d'effort dans la bataille qu'elle mène depuis des mois contre l'inflation », résume Guillaume Dejean, analyste chez Western Union.

De son côté, la présidente de la BCE a fait, elle aussi, preuve de prudence. « Nous devons être attentifs les uns aux autres et nous devons être attentifs aux retombées et retours potentiels » des mouvements sur les taux, « comme je pense la Fed en est également consciente », a-t-elle averti, ce jeudi.

(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 04/11/2022 à 9:30
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Une livre anglaise vaut toujours 1,15 € et 1,12 $ , elle est loin de l’effondrement.

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