L'Argentine est en pleine tourmente financière

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Une semaine après sa victoire, Mauricio Macri est déjà sous pression
Une semaine après sa victoire, Mauricio Macri est déjà sous pression (Crédits : ENRIQUE MARCARIAN)
La levée du contrôle des changes a jeté des milliers d'Argentins dans les rues, inquiets quant à la situation économique du pays. Le nouveau gouvernement est sous pression. Les marchés s'inquiètent également.

Des dizaines de milliers d'Argentins, dont l'ancien candidat à la présidence et des ex-ministres du gouvernement Kirchner, ont manifesté jeudi à Buenos Aires contre une série de mesures prises par le président Mauricio Macri, une semaine après son investiture.

Les manifestants ont réclamé l'ajustement des salaires après la dévaluation de 30% qui a suivie la levée du contrôle des changes. Ils ont également protesté contre la désignation par décret lundi de deux juges de la Cour suprême par M. Macri, et ont défendu la loi contre la concentration dans les médias mise en place en 2009 par le gouvernement de l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner (2007/2015).

La peur du néolibéralisme ?

"Je suis venu défendre les avancées de ces douze dernières années", a affirmé à l'AFP Nicolas, militant du parti Grande patrie. "Nous ne sommes pas kirchnéristes mais nous devons défendre ce qui a été fait ces dernières années face à la montée du néolibéralisme".

L'ex-candidat à la présidence Daniel Scioli, soutenu par Mme Kirchner et qui a obtenu 49% des voix au second tour de la présidentielle, était présent car il lui a paru "très important le point de vue du bloc (de l'opposition kirchnériste, ndlr) qui veut le respect des procédures institutionnelles pour la nomination des juges".

Les anciens ministres de l'Economie et de la Défense, Axel Kicillof et Agustin Rossi, ont également manifesté.

Le président Macri, face au rejet massif des nominations des juges, les avait pourtant reportées à l'année prochaine, mesure applaudie jeudi par l'opposition.

Lever le contrôle des changes pour redresser la compétitivité

Jeudi, le peso argentin s'est effondré face au dollar, perdant 30% de sa valeur au lendemain de la levée par le nouveau gouvernement libéral du contrôle des changes, afin de gagner en compétitivité et de relancer une économie en perte de vitesse.

Le nouveau président Macri, à la tête de ce pays au ralenti après une décennie de forte croissante, avait déjà supprimé lundi les taxes sur les exportations de céréales et réduit celle pesant sur les ventes de soja. Une taxe sur les exportations industrielles a également été éliminée.

Le Merval cède du terrain

L'indice Merval de la Bourse de Buenos Aires a clôturé vendredi sur une chute de 4,47% à 11.404,56 points, au deuxième jour sans contrôle des changes, ce qui a provoqué une dévaluation de 30% du peso.

En une semaine, la première du nouveau gouvernement du libéral Mauricio Macri, la Bourse argentine a perdu 10% de sa valeur, les investisseurs se montrant réservés face aux mesures économiques dévoilées.

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Commentaires
a écrit le 21/12/2015 à 13:51 :
il est un arnaqueur eprouvé. toutes ses premieres mesures ont eté fait pour les groups concentrés. en plus, il a mis dans les principaux postes du governement les CEOS des enteprises mondiaux qui ont dejá vole l´argentine. Avec cettes mesures, le PRO ne sera pas longtemps dans le pouvoir.
a écrit le 20/12/2015 à 10:18 :
il n'y a aucune dévaluation puise que le cours du dollar blue étais a ce niveau, c'est celui qu'utilise le peuple pour ses voyage, les entreprises pour travailler . Macri à juste mis de l'ordre , la clique de corrompus de voleur des k a mis le pays à genoux . L'Argentine est au bord de la banqueroute une nouvelle fois . Maintenant il faut s’attaquer à l'inflation qui est de 40°/° depuis de années . Courage Mauricio,
Réponse de le 20/12/2015 à 14:16 :
D'accord avec vous, mais la clique de corrompus est toujours là (au moins en grande partie), car une bonne partie des gouverneurs de province n'ont pas changé.
Réponse de le 21/12/2015 à 17:58 :
Très juste, le retour à son cours économiquement justifié de la monnaie argentine (et partant, son alignement sur sa vraie valeur, celle d'usage, et non sur un cours administratif) est le préalable nécessaire à toute sortie d'une économie su socialisme, comme on l'a vu naguère en Europe de l'Est, et donc de la reconstruction d'une économie crédible. Il est vital pour l'Argentine de tourner au pus tôt et définitivement la page du kirchnerisme qui n'était qu'un illusionnisme et était à bout de souffle.
a écrit le 20/12/2015 à 9:44 :
Pas mal d'argentins de la classe moyenne ont un compte en $ à Miami ou ailleurs; ceux-là ne seront pas trop touchés, mais le petit paysan lui voit son niveau de vie diminuer d'un coup de 20-30%. Si Macri s'en tient là (il devait le faire de toute façon) et pense maintenant à faire quelque chose pour le petit peuple, ça peut passer. Il faut qu'il fasse aussi un exemple pour la corruption généralisée qui gangrène le pays.
S'il se relance dans les privatisations de sociétés qui avait été renationalisées telle Aerolineas et qu'il agit comme Menem en faisant de somptueux cadeaux à des requins (toutes ces sociétés avaient été bradées et pour les avoir utilisées, elles marchaient encore plus mal privatisées que nationalisées), je ne lui donne pas longtemps pour avoir les Argentins dans la rue et démissionner, car il n'a pas la majorité au parlement.
a écrit le 19/12/2015 à 20:37 :
Une marionnette incompétente, utilisée par des cyniques pour piller et couler un pays. Le scénario était écrit d'avance, surtout quand on sait le mal que la droite a pu faire à ce pays par le passé. La vitesse à laquelle ça se passe, c'est assez stupéfiant, on aurait pu penser que a prendrait un peu plus de temps, Il fait fort, en même pas un mois il a déjà torpillé le pays. Les pauvres, je les plains.
Réponse de le 20/12/2015 à 6:55 :
''le mal que la droite a pu faire a ce pays..''
le peronisme , que l on peut classer a gauche, a aussi fait beaucoup de mal...je vous cite un seul nom de president peroniste plus qu incapable, celui d isabella peron qui de 73 a 76 a succede a son mari ....elle a une enorme responsabilite sur la degradation interieure de l argentine et la prise du pouvoir en 75 par les militaires.....
ce pays a tout pour etre une veritable puissance economique comme il l a ete jadis....les politiciens de droite comme de gauche sans omettre de citer les generaux, tout le monde ou presque s y est mis pour le couler...
a écrit le 19/12/2015 à 20:03 :
un grand classique de l'histoire
la gauche coule les pays en faisant n'importe quoi, la droite arrive, prend les mesures dont personne ne veut... la gauche se fait reelire, et ramasse les fruits juteux
y a qu'en allemagne ou ca s'est passe differemment et ou la gauche a du redresser la barre in extremis pour que merkel ramasse!
j'espere que les francais vont voter hollande en 2017! comme ca il devra boire le calice jusqu'a la lie!
Réponse de le 19/12/2015 à 21:42 :
Si Hollande est réélu en 2017 je vois mal comment la France échappera à Marine Le Pen en 2022. Fort heureusement, il n'a aucune chance. Sa popularité est à nouveau en baisse, le chômage n'a aucune chance de baisser d'ici 2017 puisqu'il n'a cessé de différer ou de rejeter les mesures indispensables. Il faudrait un Pearl Harbor terroriste genre 11 septembre 2001 qui survienne début avril 2017 pour qu'il puisse être réélu.
Réponse de le 20/12/2015 à 12:20 :
Vous etes fan de George W??
A mon avis, il n'y a aucune relation entre parti au pouvoir et crise, mais bon...

Je me permets de vous faire remarquer que les nationalisations sont une specificites de gouvernements de droite de pays capitalistes riches (US, UK), et non de pays socialstes, en general pauvres.
a écrit le 19/12/2015 à 18:13 :
Les vieilles et classiques recettes du néo libéralisme sont mises en oeuvre en Argentine avec comme première conséquence, le pillage du pays. Les argentins devront se battre.
Réponse de le 19/12/2015 à 21:49 :
Ah oui... avez vous une autre méthode pour relancer une économie moribonde que de lui rendre sa compétitivité perdue pour cause de monnaie artificiellement surévaluée ? Quant à des taxes sur les exportations, c'est une aberration absolue de nature à euthanasier n'importe quelle économie. Macri applique à l'Argentine la purge qui a permis aux pays de l'Est, ravagés économiquement par des décennies de communisme, de reconstruire des économies fonctionnelles. C'est momentanément douloureux mais c'est indispensable.
a écrit le 19/12/2015 à 14:37 :
Envoyons leur nos bons économistes politiques dans l'urgence , nous allons tellement mieux depuis 2012 .......
a écrit le 19/12/2015 à 13:27 :
L'argentine a été volée comme au coin d'un bois par les USA et leur allié principal. C'est désormais un fait. Les argentins n'y sont pas étrangers mais demeurent victimes car ils ne sont pas le moteur de ce vol. Ensuite la question est que faire ? Porter une plainte internationale documentée, peut-être mais le pays est petit et peu soutenu. Comment gérer aussi la solution économique qui porte au premier rang ? Durant des années le pays s'est enferré dans une solution économico-confictuelle aboutissant à son isolement et au déclin. Mauricio Macri adopte la version directement opposée : L'Argentine paiera ses dettes et verra le moyen international de se faire respecter voire dédommager. Fallait-il aller aussi brutalement est une autre question. Il semblait important de donner un signe fort. Le pays devrait recouvrer progressivement un crédit international lui permettant de palier à la dégradation économique immédiate pour aller vers une stabilisation lente. Les effets premiers devant s'estomper très vite avant cela pour plus de la moitié et de meilleures perspectives s'ouvrir enfin. Nous verrons.
Réponse de le 19/12/2015 à 21:59 :
L'Argentine a été une économie puissante dans l'entre-deux guerres et jusqu'au début des années 50, l'une des plus puissantes du monde. C'est des décennies d'errements politiques, entre populisme péroniste et dictature militaire qui l'ont affaiblie.

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