L'inflation américaine fait chuter les Bourses européennes
Flavie Camilotto
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Photo d'illustration
Kevin Lamarque
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Hausse des prix de l'alimentation, risque de récession... L'inflation américaine, culminant en juin 2022 à 9,1%, son plus haut niveau depuis novembre 1981, a légèrement reflué ces derniers mois, tombant à 8,3% sur un an en août, contre 8,5% en juillet dernier. Ce taux, publié ce mardi par le département du Travail américain, est toutefois plus élevé que les 8% attendus par les analystes. Ce qui a fait chuter les marchés européens. L'indice CAC 40 a reculé par exemple de 87,90 points à 6.245,69 points. La veille, il avait gagné 1,95%, amplifiant le rebond initié au début du mois de septembre. La cote parisienne avait pourtant frôlé les 6.400 points, en hausse de plus de 1%, juste avant 14H30 et la publication de l'indicateur américain.
Cette baisse de l'inflation est due, entre autres, à l'atténuation des tensions affectant les chaînes d'approvisionnement et à une reprise de la consommation de services, dont les prix ont moins augmenté que ceux des biens manufacturés. Autre facteur, les prix de l'essence ont nettement reculé alors qu'ils battaient des records en juin avec un gallon d'essence à cinq dollars. Ce mardi, il était retombé à 3,707 dollars selon les chiffres de l'association américaine des automobilistes (AAA). Ainsi, par rapport à juillet dernier, les prix de l'essence ont chuté de 10,6%, contribuant à la baisse du taux d'inflation.
Toutefois, malgré la chute du prix de l'essence, ceux de l'alimentation ne cessent de croître. En effet, sur un mois, ils ont augmenté de 0,8% mais sur un an, les prix des produits alimentaires ont connu une hausse de 11,4%, plus forte hausse depuis 1979. Ainsi, les prix pratiqués par les distributeurs ne permettent pas à l'inflation de diminuer drastiquement, la maintenant à des taux encore très élevés.
Ce nouveau ralentissement de l'inflation, bien que moins fort que l'avaient prévu les analystes, allège la pression pour Joe Biden à deux mois des élections de mi-mandat, ces fameux midterms, même s'il reconnaît dans un communiqué qu' « il faudra plus de temps et de volonté pour faire baisser l'inflation ». En effet, l'opposition républicaine reproche régulièrement au président démocrate d'avoir contribué à cette flambée inflationniste par sa politique, alors que les élus conservateurs se positionnent contre l'intervention du gouvernement fédéral dans les affaires du pays.
Flavie Camilotto