L'Iran a repris le processus pour enrichir de l'uranium à 20%

Téhéran a annoncé que sa production en uranium enrichi à 20% est "stable" depuis les premières heures de ce mardi 5 janvier, dépassant ainsi largement le niveau établi par l'accord international sur son programme nucléaire conclu en 2015.

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(Crédits : LEONHARD FOEGER)

C'est son plus spectaculaire désengagement en matière nucléaire. L'Iran avait annoncé hier enclencher le processus destiné à produire de l'uranium enrichi à 20% dans son usine souterraine de Fordo, à 180 km au sud de Téhéran. Une opération bel et bien vraie comme l'a confirmé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans la même journée. « L'Iran a commencé à alimenter en uranium déjà enrichi à 4,1% six cascades de centrifugeuses (...) dans le but de monter à 20% », a précisé l'agence onusienne dans une déclaration transmise à l'AFP.

Une décision qui va à l'encontre des engagements pris par la République islamique devant la communauté internationale dans l'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, qui fixe à 3,67% le seuil maximum auquel l'Iran peut enrichir ce minerai.

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Gouvernement VS Parlement

Les cascades de centrifugeuses mises en route pour augmenter la teneur de l'uranium en isotope 235 sont rapidement montées en puissance dans la journée du 4 janvier.

« À environ 7 heures du soir (15h30 GMT lundi), nous avons atteint 20% », a déclaré le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, dans un entretien diffusé peu avant minuit par la télévision d'État. À partir du milieu de la nuit, la production d'uranium enrichi à 20% « devrait devenir totalement stable, ce qui veut dire que nous injectons à l'entrée [des cascades de centrifugeuses de l'uranium enrichi à 4%] et que nous obtenons 20% à la sortie », a-t-il ajouté.

Le porte-parole a par ailleurs indiqué que l'OIEA mettait en œuvre une loi récente votée par le Parlement enjoignant le gouvernement à reprendre immédiatement la production d'uranium enrichi à hauteur de 20% de façon à en produire 120 kg par an.

Le gouvernement du président Hassan Rohani, qui fait figure de modéré, s'était opposé à cette loi, mais avait dit qu'il n'aurait d'autre choix que de l'appliquer si elle devait entrer en vigueur. Devant le refus de M. Rohani de la promulguer, Mohammad-Bagher Ghalibaf, le président du Parlement (tenu depuis février par les conservateurs), s'est saisi rapidement du texte de loi et l'a publié au Journal officiel, comme le permet la législation iranienne.

Lire aussi : Nucléaire : comment les Etats-Unis brouillent les relations entre l'Iran et les trois pays européens

"Chantage nucléaire"

Le gouvernement estime que la loi va à l'encontre des efforts diplomatiques destinés à obtenir la levée des sanctions américaines contre l'Iran à la faveur de la prochaine arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden. Celui-ci a signalé son intention de revenir sur la politique de "pression maximale" contre l'Iran menée par le président sortant Donald Trump, qui a retiré son pays de l'accord de Vienne en mai 2018, réimposant de lourdes sanctions contre la République islamique.

En riposte l'Iran s'est affranchi, à partir de mai 2019, de la plupart de ses engagements clef pris à Vienne. Mais la République islamique affirme que ces mesures prises à rebours de ses engagements sont réversibles, et qu'elles sont prises dans le cadre de dispositions prévues par l'accord de Vienne en cas de manquement des autres parties à leurs engagements.

« Nos actions correctives ont été prises conformément à l'article 36 de l'accord, après des années de non-respect du pacte par ses participants. Nos mesures restent réversibles si toutes les parties à l'accord s'y conforment » à nouveau, a fait valoir lundi Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne.

L'accord nucléaire a été conclu à Vienne en 2015 après des années d'âpres négociations entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Royaume-Uni, Chine, France, Russie, États-Unis - plus l'Allemagne. L'Iran produisait de l'uranium enrichi à 20% avant la conclusion de cet accord, qui fixe à 3,67% le seuil maximum auquel le pays peut enrichir ce minerai.

La reprise de ces activités survient dans un contexte de tensions accrues entre Téhéran et Washington à environ deux semaines de la fin du mandat de Donald Trump. « L'enrichissement d'uranium à 20% par l'Iran à Fordo est une tentative claire d'accentuer sa campagne de chantage nucléaire, une tentative qui continuera d'échouer », a jugé lundi le département d'État.

Lire aussi : L'Iran annonce ne plus limiter ses activités nucléaires

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Commentaire 1
à écrit le 05/01/2021 à 11:26
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Mouais plus ça va et plus on voit bien que malgré leur soit disant puissance les iraniens n'arrivent pas à faire mieux que la corée du nord en terme de chantage... Il faut que cette région soit sous administration kurde, la seule à pouvoir la tir...

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