L'Opep+ poursuit sa stratégie des petits pas
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La réunion des 23 membres de l'Opep+ a été expédiée en un temps record. Moins de 20 minutes ont été suffisantes pour se mettre d'accord sur une hausse de 400.000 barils par jour en mars. Une hausse modeste alors que le prix du baril de Brent a dépassé à plusieurs reprises les 90 dollars ces derniers jours, évoluant à son plus haut niveau depuis 2014. Après la publication du communiqué, le cours du baril de Brent, référence européenne, était quasi stable (-0,15%) à 89,03 dollars tandis que celui de WTI, référence américaine, s'effritait de 0,40%, à 87,40 dollars.
Après l'augmentation de février, elle aussi de 400.000 barils par jour, l'Opep et ses alliés dont la Russie ont choisi la politique des petits pas pour répondre aux besoins d'or noir de la planète. Cet attentisme prudent répond à plusieurs objectifs.
Il y a d'abord l'impossibilité pour certains pays membres, notamment l'Angola et le Nigéria, d'atteindre leurs quotas respectifs actuels. Selon un rapport interne de l'Opep, cité par le Wall Street Journal, l'excédent d'approvisionnement mondial s'élèverait à 1,4 million de barils par jour au premier trimestre, et à 1,7 million de barils par jour au deuxième trimestre si le groupe continuait d'ajouter 400.000 barils par jour et si la consommation mondiale de brut augmente comme prévu. Or, pointe le rapport, l'OPEP+ a manqué de 824.000 barils par jour son objectif de production officiel. Ce manque ne peut cependant être compensé par d'autres pays producteurs au regard de l'accord signé qui stipule la nécessité de respecter strictement son quota.
Par ailleurs, l'Opep+ veut éviter tout risque d'effondrement des cours à moyen terme, comme ce fut le cas avec le début de la pandémie, obligeant les pays producteurs et exportateurs à réduire leurs extractions et donc leurs revenus pour faire remonter progressivement des cours qui avaient chuté autour des 20 dollars en mars 2020.
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Ce n'est qu'à la faveur d'une reprise des activités à travers le monde au printemps 2021 que les cours s'étaient franchement redressés pour répondre à une demande en forte hausse. Cette stratégie des petits pas a été mise sous pression lorsque l'administration Biden a exigé notamment à son allié saoudien, qui a fait la sourd oreille, de fournir un marché tendu qui s'est traduit par la mauvaise humeur des automobilistes américains à l'égard de l'hôte de la Maison-Blanche. Les Etats-Unis avaient dû puiser dans leurs stocks stratégiques pour calmer momentanément la hausse des cours.
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