L’optimisme règne à Davos, faut-il s’inquiéter ?

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« L'atmosphère à Davos cette année ressemble à celle qui prévalait en 2006 quand tout le monde se félicitait d'avoir vaincu les crises économiques », a averti le patron de Barclays.
« L'atmosphère à Davos cette année ressemble à celle qui prévalait en 2006 quand tout le monde se félicitait d'avoir vaincu les crises économiques », a averti le patron de Barclays. (Crédits : dr)
Rarement, depuis le début de la décennie, un tel optimisme a rassemblé les chefs d'entreprise participant au World Economic Forum. C’est plus un motif de vigilance qu’autre chose...

Pour les quelque 3.000 participants qui ont affronté les plus fortes chutes de neige depuis 1995, dixit un habitant de la petite station des Alpes suisses, cette 48e édition du Forum économique mondial de Davos s'annonce sous les meilleures auspices. C'est un "Davos de l'optimisme" pour 2018, comme le reflète l'enquête annuelle Global CEO Survey, réalisée par PwC, selon laquelle 57% des dirigeants interrogés déclarent que la croissance économique mondiale devrait selon eux s'améliorer dans les 12 mois à venir. C'est près de deux fois plus que l'an dernier (29%), soit la progression la plus importante jamais enregistrée depuis 2012.

Pour Bernard Gainnier, président de PwC France et Afrique francophone :

« Cette vague record d'optimisme, initiée en 2017, est portée par le dynamisme des indicateurs macro-économiques. Elle n'est pas l'apanage de quelques pays phares : c'est un mouvement qui peut s'observer dans de nombreuses régions du monde, à l'exception de l'Afrique, où les dirigeants africains sont moins optimistes.

C'est très probablement la meilleure année pour l'économie mondiale depuis 2010. »

Des chefs d'entreprises confiants

Au total, 42% des dirigeants se déclarent « très confiants » quant aux perspectives de croissance de leur entreprise sur les 12 prochains mois, contre 38 % l'an dernier. Dans le détail, les plus optimistes sont les Américains : l'Amérique du Nord est la seule région où une majorité de dirigeants sont « très confiants » quant à leurs perspectives à 12 mois (de 39% en 2017, elle passe à 52% en 2018). La cause de cette liesse : la politique pro business menée par l'administration Trump, dont le leitmotiv America First donne la priorité aux entreprises américaines.

« La réforme fiscale américaine en est une composante essentielle, dont il ne faut pas sous-estimer les conséquences au niveau mondial. Elle va probablement contribuer à faire grandir les disparités fiscales entre les pays », explique Bernard Gainnier.

A noter que la France remonte dans le classement des pays considérés comme les plus importants par les dirigeants pour leurs perspectives de croissance et passe de la 9ème à la 7ème place. Le Canada, quant à lui,  passe de la 15ème à la 9ème place.

« La France et le Canada semblent suivre une trajectoire similaire. Les dirigeants de ces pays ont un profil et une posture semblables : Justin Trudeau et Emmanuel Macron se distinguent tous deux par leur attitude positive et  pro business. On peut certainement parler d'un « effet Macron » en ce qui concerne la progression de la France dans le classement. Le contexte géopolitique est plus que jamais un vecteur de confiance pour les chefs d'entreprise » analyse Bernard Gainnier.

Dans un monde fracturé

Comme pour atténuer cet optimisme, les dirigeants du World Economic Forum ont fixé un thème inédit pour cette édition 2018 : parce que cela va mieux, les participants sont invités à réfléchir à « une vision partagée dans un monde fragmenté ».

Car les fractures susceptibles d'inverser la tendance sont nombreuses : montée des inégalités, poussées nationalistes, protectionnisme, changement climatique et impact des nouvelles technologies sur l'emploi sont au menu de la semaine, qui sera marquée par la venue, vendredi, d'un invité inattendu, Donald Trump. C'est la première fois qu'un président américain se rend à Davos depuis Bill Clinton en 2000 et comme le note l'éditorialiste du Wall Street Journal, cela va être en quelque sorte le choc de deux visions, celle d'« America first » face à « We are the world ».

Le protectionnisme inquiète

Les deux premiers dirigeants à s'être exprimé pour l'ouverture du forum mardi, le Premier ministre indien Narendra Modi et le canadien Justin Trudeau ont d'ailleurs servi de comité d'accueil à Donald Trump, dénonçant l'un comme l'autre sans le citer les tentations protectionnistes du président américain.

Modi a affirmé que l'isolationnisme « n'était pas une solution aux défis d'un monde global ». Trudeau, pour sa part, a défendu l'Alena qui est selon lui dans l'intérêt commun du Canada, du Mexique et des Etats-Unis.

Si le discours du président américain est attendu avec une certaine inquiétude, c'est aussi parce que les Etats-Unis viennent de prendre des mesures protectionnistes ciblant deux produits fabriqués massivement en Asie : les machines à laver et les panneaux solaires. D'après Global Trade Alert, une organisation suisse qui mesure l'évolution des échanges commerciaux, il y a eu l'an dernier déjà 642 mesures gouvernementales contre le libre-échange, principalement aux Etats-Unis et en Chine. Ce n'est pas encore une vraie guerre commerciale, mais cela commence à y ressembler.

Des banquiers craignent la prochaine crise

Les banquiers réunis à Davos ont aussi exprimé quelques inquiétudes face à l'euphorie des marchés. Car si la croissance mondiale est pour une fois synchrone, c'est aussi le cas des projets d'action des banques centrales qui toutes envisagent en 2018 des restrictions à leurs politiques monétaires, avec une hausse des taux déjà bien engagée aux Etats-Unis. Symbole de ce mouvement, les taux à deux ans de la Grèce sont passés en dessous de ceux constatés aux Etats-Unis, un peu chahutés il est vrai par le très temporaire shutdown sur le budget fédéral.

Dans une session intitulée « La prochaine crise financière », le patron de Barclays, Jes Staley, a douché l'auditoire en déclarant que « l'atmosphère à Davos cette année ressemblait à celle qui prévalait en 2006 quand tout le monde se félicitait d'avoir vaincu les crises économiques ». 2006, juste avant la crise des subprimes, qui couvait déjà dans l'œuf de la finance mondiale, sans que personne ne s'en soit aperçu. La tradition dit que, quand Davos est optimiste, c'est rarement une bonne nouvelle pour l'économie mondiale. Impression confirmée par David Rubenstein, patron de Carlyle :

« Généralement, quand les gens sont heureux et confiants pour l'économie, un événement adverse se produit ».

Et l'économiste Kenneth Rogoff a prévenu : « Si le monde connaît une nouvelle crise financière, nous n'avons même pas de plan A » pour y faire face, car les armes monétaires et budgétaires sont épuisées.

En 2017, le pessimisme était général et l'année a été bien meilleure qu'attendu. De sorte que le principal paradoxe de cette édition 2018 est que le monde du business, tout en craignant son caractère imprévisible, voit le salut dans la politique de baisses d'impôt prévues par Donald Trump, qui sont attendues comme le messie pour soutenir ou en tout cas faire durer encore un peu plus longtemps les beaux jours.

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a écrit le 24/01/2018 à 20:06 :
La thématique de travail du World Economic Forum a en effet été annoncée sous une forme nouvelle. On ne sait pas à quoi cela peut aboutir, mais au moins il y a déjà une prise de conscience de problèmes divers, soit de répartition des richesses, soit environnementaux, soit liés à la révolution robotique, …, certains étant parfois liés, ce qui pourrait en effet constituer un élément positif si l’on traite les problèmes sérieusement et à temps (et non après la N ieme crise, comme pour les subprimes). Ceci dit, il y a une différence entre afficher des solutions et les mettre en pratique, pour le moment on reste plutôt dans le « c’est aux autres de réguler en premier et moi je suis ». Comme c’est écrit dans le titre, c’est un forum et chaque pays fait ce qu’il veut, y compris au niveau Européen, avec les problèmes que cela engendre (les Américains, eux, ont le pouvoir de dire « America first », les petits pays moins).
Pourtant, dans le contexte mondial de la compétition économique, on aurait tous intérêt à adopter des règles communes ou à se regrouper pour résister aux soubresauts et non à sombrer dans les nationalismes orgueilleux des siècles passés (alors qu’on sait déjà que le national socialisme mène aux conflits et à la ruine).
Et il suffit parfois de régulation et d'accords, entre gens civilisés cela devrait être possible.
Nous sommes condamnés à réussir ces grandes mutations. C’est pour cela que j’achèterai le livre « l'urgence de façonner la quatrième révolution industrielle », c’est soit le début de quelque chose, soit la fin.
Réponse de le 25/01/2018 à 8:51 :
Effectivement, l'intelligence artificielle pourrait être utilisée pour ruiner les riches. C'est un peut déjà ce qui se prépare avec le flashtrading. Ce n'est qu'un début. Le jour ou une intelligence artificielle performante sera en bourse, elle aura tous les pouvoirs. De quoi bouleverser l'ordre mondial...
a écrit le 24/01/2018 à 18:54 :
c clair faut s'inquieter quand ces gens la vont bien generalement c'est tres tres mauvais pour les peuples !!!!
a écrit le 24/01/2018 à 17:10 :
Le Roi des riches reçoit les privilégiés de notre temps à Versailles. Les oies continuent à se gaver, la crise de foie n'est pas loin. Ceux qui n'ont rien à bouffer devront rendre des comptes comme d'habitude.
a écrit le 24/01/2018 à 14:10 :
En ce qui concerne la crise des subprimes, certaines personnes étaient au courant car un rapport d'un organisme officiel des EU (j'ai perdu la référence) avait été publié avant la crise: il était indiqué qu'il y avait un risque financier significatif.
Il faut reconnaître que de nombreuses études sont publiées et on s'y perd un peu.
Pour le reste, je suis assez d'accord avec votre article: au jour d'aujourd'hui, il faut être très prudent car le 10 ans américain flirte avec 2.6% et les taux montent en Europe et au Japon.
Cordialement
a écrit le 24/01/2018 à 11:20 :
C'est Louis XIV qui est à Davos "après moi le déluge ".
a écrit le 24/01/2018 à 9:22 :
Les riches ont si peu de distraction et d'occasion de se mettre en valeur qu'il fallait bien leur organiser un "sauterie" annuelle! La pyramide de Ponzi les mettent dans tout leurs états!
a écrit le 24/01/2018 à 9:02 :
"ou en tout cas faire durer encore un peu plus longtemps les beaux jours"

Entièrement d'accord avec votre analyse maintenant peut-on parler de beaux jours du coup ?

Politiciens et hommes d'affaires s'enrichissent les uns les autres cependant les citoyens eux ne s'enrichissent pas, donc les beaux jours pour l'oligarchie oui mais pour la majorité des gens non.

Alors une nouvelle fois ils font la fête à fond et c'est nous qui au final paierons l'addition et serons en plus obligés de nettoyer les lieux après que leur fête soit finie.

Où quand les médias de masse ne se focalisent plus que sur la vie de leurs propriétaires générant une société virtuelle de quelques centaines de milliers de personne mais qui possède la quasi totalité des outils de production et des capitaux.
a écrit le 24/01/2018 à 8:37 :
On a toujours pas de solution pour découpler croissance économique et dégradation de l'environnement. C'est pourtant la seule voie possible d'après crise pour envisager un futur serein. Et si les investisseurs étrangers se précipitent en France, cela n'a rien à voir avec les réformes qui ont détruit le pacte social et fragilisé notre société. C'est surtout que si la france tombe, alors l'Europe tombe aussi, et le reste de l'économie mondiale...
Réponse de le 24/01/2018 à 13:27 :
Si le début de votre commentaire est plutôt intéressant, le reste, est par contre totalement délirant... De Gaulle est mort en 1970... changer votre calendrier de grâce.

Quand les investisseurs étrangers investissent en Europe c'est d'abord et avant tout en Allemagne, pas du tout en France. De plus, l'UE et l'Euro sont soutenus à bout de bras par l'Allemagne... sans l'Allemagne tout tombe à l'eau. La France n'a pas plus d'impact que l'Italie, l'Espagne ou le Benelux pour faire rayonner l'Europe.

L'économie Française n'a, quant à elle, absolument aucun impact sur l'économie mondiale...c'est un pays bloqué, verrouillé et irréformable qui est en déclin constant depuis 1974.

La France est le cancer lancinant et pénible qui ronge lentement l'Europe.
Réponse de le 26/01/2018 à 8:33 :
Relisez votre dernière phrase : "La France est le cancer lancinant et pénible qui ronge lentement l'Europe." Cela revient exactement à ce que j'ai écris. Je ne vois aucun rapport avec De Gaulle.
a écrit le 24/01/2018 à 7:38 :
Ce qui est inquiétant, c'est que tous ces gens vivent sans tenir compte du role de l'énergie. Davos est une ville du Moyen Age.
a écrit le 24/01/2018 à 4:28 :
Tous les pays ont une dette. Rien ne sera paye sauf tres partiellement pour les plus faibles. Les gros se tiennent tous par la queue.
Pas de quoi avoir des angoisses, pour les anxieux. Nombreux, helas.
a écrit le 24/01/2018 à 2:34 :
Cette "reprise" est bâtie sur du vent, si des milliers de milliards de dettes et de monnaie de singe qui ne sont adossé à aucune véritable valeur. Que les taux d'intérêt remonte un peu trop et tout sera balayer du jour au lendemain. Aucun remède n'a été apporté à l'incurie des états qui continue à s'endetter à vitesse grand V. Le jour ou les gens se rendront compte que ces dettes ne seront jamais remboursé la crise qui ravagera le monde fera passé la crise du subprimes pour un picnic champêtre.

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