Droits de douane sur les produits européens : « L'UE fera de même », prévient Éric Lombard
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Le ministre de l’Économie, Éric Lombard.
Saboor Abdul
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Le ministre de l’Économie, Éric Lombard.
Saboor Abdul
[Article publié le 26 février 2025 à 19 h 44, mis à jour le 27 février 2025 à 13 h 46]
« L'UE fera de même » si les Américains « maintiennent des hausses », a déclaré à l'AFP le ministre de l'Économie, Éric Lombard, après que Donald Trump a annoncé que les produits européens feront l'objet « prochainement » de 25 % de droits de douane. « Même si c'est défavorable à l'intérêt général, nous devons, nous aussi, protéger nos intérêts et les intérêts des pays de l'Union », a expliqué le ministre.
« Les guerres tarifaires conduisent à l'inflation, aboutissent à une moindre croissance et ne sont pas une solution. C'est d'ailleurs ce que l'on a dit au ministre Scott Bessent », a relaté Éric Lombard, qui a pu échanger avec son homologue du Trésor américain ce jeudi lors d'une réunion du G7.
L'UE prendra des mesures « proportionnelles à ce défi », a de son côté déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. La Commission a elle-même averti mercredi qu'elle réagirait « fermement et immédiatement » à de nouvelles taxes douanières du président américain. « L'UE protégera toujours les entreprises, les travailleurs et les consommateurs européens contre les droits de douane injustifiés », a-t-elle affirmé.
La nouvelle sortie de Trump n'a pas manqué pas de faire réagir : « Écoutez, soyons honnêtes, l'Union européenne a été conçue pour emmerder les États-Unis. C'était l'objectif et ils y sont parvenus. Mais désormais je suis le président », a déclaré mercredi le président américain, lors de la première réunion de son cabinet à la Maison-Blanche.
L'UE a été une « aubaine » pour l'Amérique, a répondu mercredi la Commission à Donald Trump. « L'Union européenne est le plus grand marché de libre-échange au monde », a affirmé un porte-parole de l'exécutif européen dans un long communiqué réagissant aux propos du milliardaire républicain. « En créant un marché unique vaste et intégré, l'UE a facilité les échanges, réduit les coûts pour les exportateurs américains et harmonisé les normes et les réglementations dans 27 pays ».
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La Commission a appelé à « travailler ensemble pour préserver ces opportunités pour nos citoyens et nos entreprises. Pas l'un contre l'autre », ajoute le texte.
« L'UE n'a pas été créée pour entuber qui que ce soit. Bien au contraire », a insisté ce jeudi le Premier ministre polonais Donald Tusk sur X, soulignant qu'elle avait été créée « pour maintenir la paix, pour instaurer le respect entre nos nations, pour créer un commerce libre et équitable et pour renforcer notre amitié transatlantique ».
Le président américain a répété ses griefs à l'encontre de l'Union européenne (UE), estimant qu' « ils n'acceptaient pas leurs voitures ou leurs produits agricoles ». « Ils profitent de nous d'une manière différente » du Canada ou du Mexique, a-t-il ajouté.
Donald Trump a répété que le déficit commercial américain vis-à-vis de l'Europe était de « 300 milliards de dollars ». Des données que la Commission européenne conteste, l'estimant au contraire à 150 milliards d'euros (157 milliards de dollars) sur les biens uniquement. Mais seulement 50 milliards une fois pris en compte l'excédent commercial américain dans les services.
Sur les éventuelles représailles des pays européens quant à l'augmentation de leurs droits de douane, le président américain a répondu : « IIs ne le feraient pas ». « Ils peuvent essayer de le faire, mais les effets ne seront jamais les mêmes, parce que nous pouvons partir. Nous sommes la corne d'abondance, ce que tout le monde veut et ils peuvent tenter des représailles, mais ça ne marchera pas », a-t-il répété. « Il suffit que nous n'achetions plus rien, et si c'est ce qui se produit, nous gagnons », a-t-il insisté.
Concernant le Canada et le Mexique, les droits de douane annoncés début février, puis suspendus jusqu'au 4 mars, devraient finalement être effectifs à compter du 2 avril, a déclaré le secrétaire au Commerce Howard Lutnick.
« Ceux liés à la question du fentanyl sont suspendus pour 30 jours, et s'ils peuvent prouver au président qu'ils ont bien travaillé », la suspension pourrait être prolongée. Mais pour les autres sujets, « ce sera au 2 avril », a-t-il ajouté, sans préciser quels produits étaient concernés par quelle échéance.
Pour rappel, Donald Trump avait annoncé 25 % de droits de douane le 1er février contre les produits canadiens et mexicains, qui devaient être effectifs le lendemain, avant de les suspendre 30 jours à la suite de négociations avec les deux voisins des États-Unis.
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Il avait justifié ces mesures protectionnistes par le manque d'implication du Canada et du Mexique dans le trafic de fentanyl, un puissant opioïde qui provoque une crise sanitaire majeure aux États-Unis, mais n'avait jamais précisé que ces taxes pourraient être maintenues pour d'autres raisons.
(Avec AFP)
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