Droits de douane : la France à nouveau visée par Trump en représailles à la « taxe Gafa »
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Emmanuel Macron se rend lundi 24 février à Washington pour tenter de négocier avec Donald Trump.
Stephanie Lecocq
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Emmanuel Macron se rend lundi 24 février à Washington pour tenter de négocier avec Donald Trump.
Stephanie Lecocq
La visite d'Emmanuel Macron à Washington ce lundi se précise. Le chef de l'État est attendu par un Donald Trump déterminé à imposer sa vision en matière de commerce mais aussi sur la guerre en Ukraine. Sur le premier sujet, l'Elysée va devoir amadouer le président américain qui a décidé d'appliquer des droits de douane à l'encontre de plusieurs pays, dont la France.
Vendredi, Donald Trump a en effet signé un mémorandum imposant des droits de douane aux États qui, comme la France ou le Canada, prélèvent des taxes sur les revenus des géants technologiques américains, dits les "Gafa", a fait savoir un responsable américain.
En juillet 2019, soit lors du premier mandat présidentiel de Donald Trump, le Parlement français a adopté une loi prévoyant de taxer à 3% les revenus des sociétés qui réalisent un chiffre d'affaires sur leurs activités numériques d'au moins 750 millions d'euros au niveau mondial et de plus de 25 millions d'euros dans l'Hexagone.
La France était alors devenue le premier pays européen à mettre en place une "taxe GAFA". Mais face à la pression, le prélèvement avait été suspendu en 2020, jusqu'à l'arrivée de Joe Biden se ralliant à la position européenne sur la taxation de ces profits.
Ce qui n'est donc pas du goût de l'administration Trump aujourd'hui qui veut même aller plus loin sur les représailles commerciales. "Le président Trump ne permettra pas aux gouvernements étrangers de s'approprier la base fiscale de l'Amérique à leur profit", a-indiqué un responsable américain à l'agence Reuters.
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En 2019, lors de son premier mandat, l'administration Tump avait déjà menacé de taxer des produits importés français prisés des consommateurs américains. Face à la pression américaine, les pays européens qui y étaient favorables avaient été contraints de suspendre le projet en 2021. En 2023, 12 pays avaient mis en place une taxe sur les services numériques active. Et 138 pays de l'OCDE avaient ouvert la discussion mais pour la plupart les discussions sont toujours en cours.
Or, la France joue gros avec son partenaire américain. En 2023, les exportations françaises vers les États-Unis ont atteint 45,2 milliards d'euros, plaçant le pays au 4ᵉ rang des clients de la France, selon le Trésor. Emmanuel Macron va donc tenter de désamorcer les menaces qui planent sur nombre d'entreprises françaises.
"Entre alliés, on ne peut pas faire souffrir l'autre avec des tarifs" douaniers, a déclaré samedi le chef de l'Etat au premier jour de l'ouverture du Salon de l'agriculture à Paris.
Autre sujet qui sera abordé lors de sa visite à Washington, les pourparlers visant à faire entériner la paix en Ukraine. Emmanuel Macron va tenter de rappeler à Donald Trump qu'il n'est pas dans l'intérêt du président américain d'"être faible" avec la Russie, sur fond d'inquiétudes des Européens à propos des discussions entre la Maison Blanche et le Kremlin sur l'Ukraine.
Il veut aussi démontrer à Donald Trump que l'"intérêt stratégique" des Etats-Unis était "le même" que celui des Européens.
S'exprimant jeudi dernier en direct via ses comptes officiels sur les réseaux sociaux pour "répondre aux questions" des Français, le président de la République a également répété sa volonté de ne "pas capituler" face à la Russie, prévenant qu'un cessez-le-feu sans garanties sécuritaires fiables pour l'Ukraine ne serait pas suffisant pour empêcher Moscou de récidiver.
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Emmanuel Macron a de nouveau dit qu'il n'envisageait pas de déployer des soldats français en Ukraine mais que des troupes pourraient être envoyées dans le cadre d'une mission de maintien de la paix avec des alliés en cas d'accord pour mettre fin au conflit.
(Avec agences)
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