L'urbanisation croissante permet de lutter contre le réchauffement climatique

CHRONIQUE DU "CONTRARIAN" OPTIMISTE. L'urbanisation croissante et l'augmentation de la population pourraient réduire la demande de produits de base par habitant grâce aux économies d'échelle et à une meilleure efficience faisant de l'aménagement des villes un moyen de limiter les émissions de CO2.
Robert Jules

3 mn

Les villes sont à l'avant-garde du changement climatique, selon un dernier rapport de la Banque mondiale.
"Les villes sont à l'avant-garde du changement climatique", selon un dernier rapport de la Banque mondiale. (Crédits : Reuters)

La ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, s'est prise la semaine dernière une volée de bois vert car elle était soupçonnée de vouloir supprimer l'un des fondamentaux de l'imaginaire français : l'accès à la propriété d'un pavillon avec jardin. Elle tirait les conclusions d'un rapport, "Habiter la France demain", qui portait sur l'évolution de l'aménagement du territoire à l'avenir pour répondre à l'urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et ainsi lutter contre le réchauffement climatique.

70% des émissions

Elle trouvera un certain réconfort à la lecture du dernier rapport publié par la Banque mondiale sur les perspectives des marchés des matières premières. Les experts de l'institution internationale y ont en effet consacré un dossier spécial sur le rapport entre l'urbanisation et la demande de produits de base (énergie, métaux et denrées alimentaires). L'enjeu est important pour lutter contre le réchauffement climatique. Les villes émettent à elles seules 70% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Par ailleurs, l'envolée des prix de l'énergie et des métaux cette année qui alimentent l'inflation conduit à réfléchir à une rationalisation de la demande mondiale pour les prochaines années.

Or, durant les 50 dernières années, la part de la population mondiale urbanisée est passée de 37% à 56%, avec une poussée encore plus spectaculaire pour les économies émergentes où elle bondit de 27% à 52%, et spectaculairement en Chine où le taux d'urbanisation s'est envolé de 17% à 61%. Et la tendance ne devrait pas ralentir puisqu'elle devrait atteindre 68% de la population mondiale à l'horizon 2050.

Ce point est d'autant plus important que la demande de matières premières est corrélée à la croissance de la population et des revenus qui sont plus attractifs dans les villes.

De fait, le niveau de consommation de produits de base évolue étroitement avec le taux d'urbanisation. Dans les économies développées, un taux de 80% d'urbanisation correspond à une consommation d'énergie d'un peu plus de 3,5 tonnes d'équivalent pétrole par individu, de 33 kg de métaux et de 1,3 tonne de denrées alimentaires. Dans les économies émergentes, un taux d'urbanisation de 65% se traduit par une consommation d'énergie de 1,5 tonne d'équivalent pétrole par individu, de 6 kg de métaux, et de 1 tonne de denrées alimentaires.

Des trajets moins longs et moins coûteux

Or, "les villes à forte densité de population, en particulier dans les économies avancées, pourraient se caractériser par une demande d'énergie par habitant plus faible que celles moins densément peuplées", souligne la Banque mondiale. Évidemment, une telle économie favorable à la réduction des GES dépend du mode de développement de cette urbanisation. Par exemple, les trajets en milieu urbain pour se rendre au travail peuvent être moins longs et moins coûteux, notamment grâce aux transports en commun, par rapport aux déplacements individuels dans les zones rurales. Mais, pour obtenir pleinement ces effets positifs, l'aménagement de la ville doit être pensé de telle façon à ne pas créer des embouteillages monstres qui paralysent aujourd'hui la circulation dans certaines mégapoles des pays émergents.

Quant à l'ensemble des produits de base, "l'urbanisation permet potentiellement de réduire cette consommation grâce aux économies d'échelle et une meilleure efficience de l'emploi de ces produits", souligne le rapport qui considère que désormais "les villes sont à l'avant-garde du changement climatique". Un conclusion qui rejoint les préoccupations exprimées par Emmanuelle Wargon : "Nous devons gagner la bataille culturelle qui consiste à préférer l'intense à l'étalement, le collectif à l'individuel, la sobriété foncière à l'artificialisation des terres naturelles".

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Robert Jules

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Commentaires 11
à écrit le 25/10/2021 à 11:19
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Sauf que c'est faux à cause de l'effet rebond : les économies réalisées sont dépensées ailleurs. Et comme en général les salaires sont plus élevés en ville qu'à la campagne, les citadins ont plus d'argent à dépenser. Les émissions de CO² sont corrélé...

à écrit le 25/10/2021 à 10:40
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Plus c'est gros, plus ça passe! Ils nous prennent vraiment pour des jambons... Mais les gens ne vont pas se laisser faire, vous verrez!

à écrit le 25/10/2021 à 9:16
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la periode est aux raisonnements fumeux!!! plus on s'endette pour payer le quotidien, plus on s'enrichit, plus on a une population importante, plus la pollution baisse!!! he, faut baisser le nombre de personnes sur terre, ca sera un bon debut ( mais ...

à écrit le 24/10/2021 à 13:58
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Parquer la population des des barres d'immeubles, le reve des macronistes, une société à la Chinoise les excite eux ivre de pouvoir et remplis d'incompetence. Mais les elus eux continueront de vivre dans leurs residences particulieres de 140m2 avec j...

à écrit le 24/10/2021 à 10:12
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Ahh, un rapport pondu par la Banque Mondiale, c'est donc vrai, paroles d'évangile.

à écrit le 24/10/2021 à 10:09
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On entend tout et son contraire, et surtout n'importe quoi dans des rapports farfelus.

à écrit le 23/10/2021 à 19:38
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Si on supprime les camions les habitants des villes mourront de faim" Jancovici. Oui on y croit à fond à ce genre de propagande pro-urbanisme alors que le but est tout simplement de mieux contrôler les gens.

à écrit le 23/10/2021 à 14:58
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Urbaniser, d'accord, mais pas avec des immeubles de plus de six étages

le 24/10/2021 à 8:17
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les ecolos souhaite interdire la construction de pavillon individuel en 1er il faut qu'il montre l'exemple a savoir tout ecolos qui ce jour habite une maison individuel celle ci doit etre saisie et revendue au benefice du pays plus une obligatio...

à écrit le 23/10/2021 à 13:09
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L'urbanisation croissante est un désastre humain, écologique, social. Quant à penser qu'elle est écologiquement favorable, il faut avoir le culot de le dire au vu des perspectives négatives sur l'évolution de la consommation d'énergie globale, et de...

à écrit le 23/10/2021 à 13:06
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En gros, on se fout de savoir si les gens sont heureux d'habiter des tours...pourvu que ce soit rentable et "écologique ment" correct. Ce genre d'etude est in-su-ppo-r-ta-ble.

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