"Il est probable que l'urbanisme change" Nicolas Mangon, Autodesk
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LA TRIBUNE - Depuis le début du confinement, les salariés ne vont plus au bureau, mais se disent prêts à y retourner si les espaces de travail changent. Est-ce quelque chose que vous entendez aussi ?
NICOLAS MANGON -
Certains de nos clients nous demandent en effet de les aider à réagencer leurs espaces de travail, tant pour faciliter les déplacements que pour respecter la fameuse distanciation sociale. Je note d'ailleurs que l'on parle de distance sociale alors que l'on devrait parler de distanciation physique, étant donné que nous aurons toujours besoin d'interactions sociales.À lire également
Vous êtes généralement parmi les premiers à défendre une ville dense, ne serait-ce que pour répondre à une demande croissante de la population. Or, la densité a contribué à la propagation du virus dans les métropoles. Comment résoudre l'équation demain ?
Dans le domaine du génie civil, et plus généralement sur la ville de demain, nous sommes très sollicités sur... les trottoirs. De nombreuses interrogations nous parviennent : faut-il un sens ? Des lignes de démarcation ? Les élargir ? Les préparer aux transitions environnementales et numériques ? Comment opère-t-on lorsqu'il n'y en a qu'un à sens unique dans la même direction que les voitures ? Comment le nettoie-t-on ? Le désinfecte-t-on ?
L'autre question, c'est de savoir si les petites villes et villes moyennes vont prendre leur revanche. Ici à Boston, l'industrie pharmaceutique et les biotechnologies dépendent extrêmement de la Chine. Depuis janvier, elles travaillent à leur recentrage national pour produire davantage à l'échelle locale.
Si nous assistons à une décentralisation des activités en dehors des grandes villes, il est probable que l'urbanisme change. Nous l'entendons déjà au Canada : les gens veulent rester à l'extérieur des métropoles. Nous aurons sûrement une explosion massive en ce sens. Reste à identifier les zones en question et les connecter sans les isoler.
Je pense notamment au projet Hyperloop de Virgin que nous accompagnons. Richard Branson prône un système qui abolit jusqu'à 400 voire 500 kilomètres de distance entre le domicile et le travail. Il réinvente la route, la voiture, la signalisation, les limites de vitesse, tout en apportant l'opportunité de créer un système plus sécurisé. Cela peut jouer en faveur du désencombrement des villes.
César Armand
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