La Chine envisage d'assouplir sa politique monétaire
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De nouvelles mesures de stimulation de l'économie chinoise pourraient être dévoilées lors de la « Conférence centrale sur le travail économique » dans quelques jours.
Carlos Barria
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De nouvelles mesures de stimulation de l'économie chinoise pourraient être dévoilées lors de la « Conférence centrale sur le travail économique » dans quelques jours.
Carlos Barria
[Article publié le lundi 9 décembre 2024 à 11h34, mis à jour à 16h58] Réunion au sommet ce lundi en Chine. Le Bureau politique du Comité central du Parti communiste, organe de décision clé du parti au pouvoir, s'est retrouvé pour « analyser et étudier le travail économique pour 2025 », a indiqué le média d'État Xinhua. Le président Xi Jinping a figuré parmi les 24 membres de ce rendez-vous, preuve de l'importance du moment.
« Nous devons stimuler vigoureusement la consommation, améliorer l'efficacité des investissements et élargir de manière globale la demande intérieure », ont listé des responsables cités par Xinhua.
C'est la première fois depuis 2011que les membres du Bureau politique emploient ce terme, selon les experts de SG Markets. Cela « montre que le gouvernement reconnaît l'urgence des défis économiques auxquels la Chine est confrontée », estiment-ils.
Ce changement de stratégie est d'ailleurs très attendu par les investisseurs. Car l'économie chinoise peine ces dernières années à retrouver sa vitalité d'avant la pandémie, en raison notamment de la crise de son secteur immobilier. Les autorités ont bien multiplié les mesures de soutien dernièrement, mais sans mettre en place de grand plan de relance.
Or, de nombreux économistes estiment qu'une relance budgétaire plus directe, ciblant le soutien à la consommation intérieure, est nécessaire pour conforter pleinement la santé de la deuxième économie mondiale. La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, avait ainsi affirmé en octobre que la croissance économique chinoise pourrait se situer « bien en dessous » de 4% en l'absence de réformes majeures (contre 5,2% en 2023, déjà l'un des plus faibles niveaux depuis des décennies).
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Cela pourrait bientôt appartenir au passé. La Chine va en effet tenir dans quelques jours sa « Conférence centrale sur le travail économique ». À partir de mercredi, d'après l'agence de presse Bloomberg. De nouvelles mesures de stimulation de l'économie pourraient y être dévoilées.
Les investisseurs et analystes étrangers restent néanmoins prudents sur leur ampleur. « Nos attentes sont faibles », a reconnu Ting Lu, économiste chez Nomura. Et Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics, d'ajouter que la Chine pourrait baisser encore davantage ses taux d'intérêt l'an prochain, « y compris au-delà des 0,4% que nous anticipons », mais « il est peu probable qu'elle réduise les taux aussi agressivement » que dans le passé face à la crise financière mondiale.
Jusqu'à présent, les mesures de soutien annoncées par le gouvernement chinois ont visé le secteur privé, la construction d'infrastructures et la consommation. Les autorités chinoises ont notamment annoncé des baisses de taux d'intérêt, des assouplissements de restrictions sur l'achat de logements, ou encore un relèvement du plafond de la dette des gouvernements locaux. La banque centrale a également baissé deux taux d'intérêt clés en octobre, à des niveaux historiquement bas.
Ces mesures n'ont néanmoins toujours pas produit des résultats significatifs. En témoigne le dernier indice mensuel des prix à la consommation publié plus tôt ce lundi, qui montre la vitalité de la consommation des ménages et de l'activité économique. Il n'a progressé que de 0,2% en novembre sur un an, contre 0,3% en octobre, selon le Bureau national des statistiques (BNS). Et se révèle inférieur aux estimations des analystes.
Suite à ces annonces qui se sont enchaînées ce lundi, les marchés chinois ont fait le yoyo. Ils ont d'abord piqué du nez après la publication du ralentissement de l'inflation. Avant de finalement bondir de +2,76% dans les derniers échanges aux alentours de 10h00, heure de Paris.
La « Conférence centrale » sera, en outre, l'occasion de fixer les objectifs de croissance de la Chine. Le gouvernement chinois vise toujours pour le moment environ 5% de croissance cette année, un chiffre jugé ambitieux par nombre d'économistes. Pour rappel, elle avait atteint 5,2% en 2023, se révélant déjà être l'une des plus faibles depuis des décennies.
À cela s'ajoute l'incertitude liée au second mandat à venir de Donald Trump comme président des États-Unis. Avant même de prendre ses fonctions le 20 janvier, il a déjà promis d'augmenter les droits de douane sur les produits chinois importés dans son pays. Il a d'ailleurs récemment officialisé une hausse de 10%, qui viennent s'ajouter à ceux existants actuellement. Ce qui ne pourrait être qu'un début : durant sa campagne électorale, il avait avancé une augmentation pouvant aller jusqu'à 60%. De quoi plomber l'un des autres moteurs de la croissance chinoise.
Une chose est néanmoins sûre : « La Chine connaît une transformation structurelle. Les périodes de croissance très élevée que nous avons connues au cours des dernières décennies appartiennent au passé », a récemment prévenu Famke Krumbmüller, du cabinet de conseil EY. Un avis partagé par Françoise Huang, économiste pour l'assureur Allianz Trade. « Les ménages en Chine ne dépensent pas de la même manière qu'avant, avec plus de dépenses dans les services, moins dans les biens », a récemment expliqué l'experte. Une évolution à prendre en compte.
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Priorité aussi sur la lutte anti-corruption
Les membres du Bureau politique ont également appelé ce lundi à intensifier la lutte anti-corruption en Chine. Ils souhaitent pour cela « renforcer le mécanisme d'enquête et de traitement des pratiques malsaines et de la corruption ». Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, Xi Jinping a lancé une vaste campagne contre la corruption des fonctionnaires. Si ses partisans y voient un outil de bonne gouvernance, ses détracteurs jugent qu'elle lui sert aussi à éliminer ses rivaux sur le plan politique.
Cette campagne s'est récemment élargie à l'armée. Depuis l'été 2023, près de 20 responsables militaires et de l'industrie de la défense ont été démis de leurs fonctions, dont les deux derniers ministres de la Défense. Dernier limogeage en date : celui du haut responsable Miao Hua, après la mise à pied d'une série de personnalités de haut rang.
(Avec AFP)
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