Plan de relance en Chine : Pékin précise ses mesures dédiées à l'immobilier
latribune.fr

Pékin a longtemps douté de sa capacité à atteindre les 5% de croissance visés pour 2024.
Dado Ruvic
latribune.fr

Pékin a longtemps douté de sa capacité à atteindre les 5% de croissance visés pour 2024.
Dado Ruvic
Le feuilleton des mesures de relance de l'économie chinoise continue. Après que les responsables du Parlement ont validé une augmentation du plafond de la dette des collectivités locales de 6.000 milliards de yuans (780 milliards d'euros), vendredi, le ministère des Finances a fait une nouvelle annonce, ce mercredi.
Citant diverses agences gouvernementales, dont le ministère des Finances, la chaîne de télévision d'État CCTV a affirmé que les incitations fiscales en matière de transactions immobilières seront renforcées afin de « soutenir activement les besoins de base et autres besoins en matière de logement ». Le média a indiqué que l'annonce faite ce mercredi par le ministère chinois des Finances, l'autorité fiscale nationale et le ministère du Logement et du Développement urbain-rural visait à clarifier « diverses incitations fiscales pour soutenir le marché immobilier ».
Si Pékin s'attarde autant sur son secteur immobilier, c'est parce qu'il a longtemps représenté un quart de son produit intérieur brut et qu'il a connu une croissance fulgurante pendant deux décennies. Mais la crise d'ampleur qui touche le secteur depuis maintenant plusieurs années menace l'entièreté de l'économie chinoise. Les promoteurs souffrent, en effet, depuis 2020, d'un durcissement par Pékin des conditions d'accès au crédit. Une décision qui a entraîné la mise à l'arrêt de chantiers, désormais inachevés. Et surtout un recul des prix qui déprécie la valeur d'un bien, dissuadant les Chinois d'investir dans la pierre.
Cette situation pèse sur la confiance des ménages et sur la consommation qui s'est effondrée dans le pays ces dernières années. Résultat, Pékin a longtemps douté de sa capacité à atteindre les 5% de croissance visés pour 2024. Pékin a également annoncé ces derniers mois une série de mesures visant à stimuler l'activité économique, notamment des baisses de taux et l'assouplissement de certaines restrictions à l'achat de logements.
Mais si le gouvernement chinois s'attarde sur l'immobilier, pour nombre d'observateurs, la relance de la croissance dans le pays passera par un autre chemin.
« Il faut que les gouvernements locaux achètent eux-mêmes des logements pour stabiliser les prix et que Pékin mette sur la table une enveloppe globale pour ce stimulus. Tant que l'État ne le fait pas, la consommation intérieure ne repartira pas », affirmait à La Tribune, début novembre, le gérant marchés émergents d'Amundi, Hicham Lahbabi. « Pour parvenir à booster l'économie, il va falloir stimuler l'emploi des jeunes et inciter la consommation avec des subventions », expliquait de son côté David Gaud, gérant chez B. Durant Capital Partners.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
En attendant de nouvelles annonces, plus importantes, l'horloge tourne. Si le gouvernement a affirmé début novembre que les 5% de croissance visés pour 2024 devraient finalement être atteints, pour Bruno Vanier de Gemway AM, « le vrai risque pour la croissance, c'est 2025. La Chine devrait donc annoncer de nouvelles mesures, plus importantes, en décembre et février prochain. Mais cela dépendra de la politique de Trump. »
(Avec AFP)
latribune.fr