Charbon : 2025, année du tournant pour la Chine
latribune.fr

La Chine est actuellement le principal pays émetteur de gaz à effet de serre au monde, représentant à elle seule 30% des émissions mondiales.
Sheng Li / Reuters
latribune.fr

La Chine est actuellement le principal pays émetteur de gaz à effet de serre au monde, représentant à elle seule 30% des émissions mondiales.
Sheng Li / Reuters
La Chine va-t-elle réussir à tourner la page du charbon ? Plus de la moitié (52%) d'un panel d'experts s'attend à ce que la consommation de charbon du pays atteigne son pic en 2025. Avant de progressivement décliner. C'est ce qu'il ressort d'un rapport publié ce mercredi par les groupes de réflexion Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) et International Society for Energy Transition Studies (ISETS).
Le rapport pointe que les permis de construire des centrales au charbon ont ainsi chuté de 83% au cours du premier semestre 2024 en Chine. Et qu'aucun nouveau projet de sidérurgie à base de charbon n'a été approuvé au cours de la même période.
Mais il faut dire le pays part de loin. En 2023, la Chine a produit un record de 4,7 milliards de tonnes de charbon. Soit 50% de la production globale, selon une autre étude, menée par l'ONG Global Energy Monitor et révélée en septembre. Le pays dispose au total de 1,2 milliard de tonnes de charbon supplémentaire par an en capacité de développement. Y compris des nouveaux sites et l'expansion de mines existantes, a ajouté l'ONG. Ce qui représente plus de la moitié du réseau mondial.
Atteindre le pic de la consommation de charbon ne serait pas synonyme de réduction de ses émissions pour autant. Il y a encore « peu de clarté sur la trajectoire des émissions de la Chine », a reconnu Lauri Myllyvirta, analyste principal au CREA. Le pays est actuellement le principal émetteur de gaz à effet de serre au monde, représentant à lui seul 30% des émissions mondiales. Et l'expert juge possible que les émissions chinoises augmentent jusqu'en 2030. Puis se réduisent de façon « très lente » par la suite.
Pékin a pourtant déjà atteint ses objectifs en matière de capacités installées d'énergie éolienne et solaire. Et ce, avec six ans d'avance sur le calendrier prévu. Mais le pays demeure extrêmement dépendant du charbon. La production d'électricité à partir de ce combustible devrait même à nouveau augmenter cette année dans le pays, bien qu'à son taux le plus bas depuis près d'une décennie. En parallèle, la croissance de la consommation d'énergie continue également de dépasser la croissance du PIB, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

La deuxième puissance mondiale a promis d'atteindre son pic d'émissions carbone d'ici 2030 et de parvenir à la neutralité carbone en 2060.
L'urgence est pourtant là. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre étaient en hausse de +1,3% en 2023 par rapport à l'année précédente. Elles ont atteint un nouveau record de 57,1 milliards de tonnes de CO2 émises en un an - ou son équivalent en autres gaz à effet de serre.
Or, chaque année d'augmentation met un peu plus en péril la possibilité de limiter le réchauffement planétaire. Pour rappel, la limite a été fixée à +1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle par l'Accord de Paris de 2015. Le franchissement de ce seuil entraînerait des « conséquences irréversibles » pour l'avenir de l'humanité, selon les scientifiques.
À lire également
Pour ne pas dépasser ce niveau, les émissions doivent être réduites de plus de 40% d'ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2019. Ce qui signifie une réduction annuelle de 9% des émissions mondiales d'ici à 2030, a récemment rappelé le chef de l'Organisation des nations unies (ONU), Antonio Guterres. À titre de comparaison, la baisse des émissions en 2020 a été d'environ 5% par rapport à l'année précédente. Ce, alors que des fermetures d'usines et des restrictions de voyage sans précédent ont été prises en raison de la pandémie de Covid-19. Preuve du pas de géant qu'il reste encore à franchir.
(Avec AFP)
latribune.fr
Pollution industrielle : plus d’une entreprise bretonne sur deux investit pour réduire son impact
Réforme du marché du carbone européen : la grande revanche des industriels
Pourquoi les conditions climatiques extrêmes sont devenues la nouvelle « norme » en Europe
Des milliers de kilomètres entre les stades, une avalanche de streaming : la Coupe du monde 2026 en route pour un record de CO2