Le Parlement chinois a annoncé, ce vendredi, un relèvement du plafond de la dette des collectivités de 780 milliards d’euros. Une mesure pour assainir les finances locales mais qui ne suffira pas à relancer sa consommation intérieure en berne, au moment ou les exportations chinoises sont menacées par le nouveau président américain.
Une nouvelle mesure dans le feuilleton du plan de relance chinois. Ce vendredi, les principaux responsables du Parlement ont validé une augmentation du plafond de la dette des collectivités locales de 6.000 milliards de yuans (780 milliards d'euros). Il s'agit de la « plus puissante mesure de réduction de la dette de ces dernières années » qui va permettre aux gouvernements locaux de « mieux développer l'économie et d'assurer les moyens de subsistance de la population », a indiqué la télévision publique CCTV.
Derrière le discours officiel, les analystes restent tout de même perplexes. « Ce n'est pas une mesure massive ou bazooka », tranche Bruno Vanier, président de la société de gestion Gemway AM. « C'était ce qui était attendu dans le plan de recapitalisation des entités locales. Le marché risque donc d'être déçu », regrette-t-il.
Le stimulus budgétaire égrené par Pékin sur les derniers mois a pourtant un but primordial pour la deuxième économie mondiale : réussir à atteindre l'objectif de 5% de croissance en 2024, alors que l'économie chinoise connaît un coup de froid depuis la fin de la crise du Covid-19.
Asphyxie des promoteurs et des provinces
À l'origine de ce ralentissement économique, la crise d'ampleur qui touche les secteurs de la construction et de l'immobilier, longtemps ses moteurs de croissance. Les promoteurs souffrent, en effet, depuis 2020 d'un durcissement par Pékin des conditions d'accès au crédit. Une décision qui a entraîné la mise à l'arrêt de chantiers, désormais inachevés. Et surtout un recul des prix qui déprécie la valeur d'un bien, dissuadant les Chinois d'investir dans la pierre.
Cette situation pèse sur la confiance des ménages et sur la consommation qui s'est effondrée dans le pays ces dernières années.
Jusqu'ici pourtant, le gouvernement ne semblait pas pressé d'insuffler un nouveau souffle à son économie. « Le gouvernement central n'est pas venu au secours des ménages. Ceux-ci ont donc arrêté de consommer et ont épargné le colossal montant de 20.000 milliards de dollars sur leurs comptes de dépôts », précise David Gaud, gérant chez le fonds B. Durant Capital Partners. Pékin a préféré parier son salut sur la consommation extérieure, notamment en inondant de véhicules électriques, de batteries et de panneaux solaires l'Europe et les États-Unis.
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