La Chine face au spectre d'un yuan affaibli
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Mercredi dernier, le yuan a accusé le coup : il reculait de 0,20 % face au dollar, à 7,2762 yuans pour un dollar.
Reuters
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Mercredi dernier, le yuan a accusé le coup : il reculait de 0,20 % face au dollar, à 7,2762 yuans pour un dollar.
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En panne de croissance, la Chine n'avait pas besoin de cela. Si les menaces de Donald Trump d'imposer dès février des droits de 10% sur les produits chinois devaient être mises à exécution, elles affaibliraient le yuan, à l'heure où les efforts de l'État-parti pour relancer une économie grippée sont déjà de nature à aggraver sa dépréciation. Selon les économistes, la monnaie pourrait tomber cette année à son plus bas niveau face au dollar depuis la réforme du régime de change chinois il y a vingt ans. Ainsi, mercredi, le yuan a déjà accusé le coup : il reculait de 0,20 % face au dollar, à 7,2762 yuans pour un dollar.
Certes, une monnaie dépréciée accroît la compétitivité des exportateurs. Cela pourrait, en théorie, pousser Pékin à laisser le yuan se dévaluer pour soutenir son commerce extérieur et « réduire les pressions à la déflation » à l'intérieur du pays en permettant d'exporter sa production excédentaire, note Alicia Garcia Herrero, économiste en chef pour la région Asie-Pacifique chez Natixis.
Mais ce scénario est périlleux : il pourrait « exacerber les tensions commerciales avec les États-Unis, compliquant de futures négociations », avertit Harry Murphy Cruise. Une dégringolade du yuan risque également de déclencher des sorties de capitaux massives hors de Chine, comme à l'été 2015, précise-t-il. Surtout, une dépréciation irait à l'encontre de l'objectif stratégique du dirigeant chinois Xi Jinping, qui a réitéré l'an dernier, selon les médias officiels, sa volonté de disposer d'une « monnaie forte » pour faire de la Chine une « puissance financière ». À l'inverse, chercher à renforcer le yuan reviendrait à sacrifier en partie l'avantage qu'une devise dépréciée représente pour les exportations, pilier de la croissance chinoise. « C'est une situation inextricable », conclut Alicia Garcia Herrero.
Pour l'heure, la stratégie de Pékin semble être de « prioriser la stabilité du yuan » avec l'ambition d'en faire in fine « une monnaie de réserve et de paiement au niveau international », estiment, dans une note, les analystes de Macquarie Group. La devise pourrait néanmoins glisser jusqu'à 7,43 yuans pour un dollar d'ici fin 2025, contre 7,27 actuellement, selon Moody's Analytics. Sans pouvoir éviter complètement une dépréciation, la PBOC « interviendra probablement sur le marché des changes pour garantir que cela se fasse de manière progressive », explique Harry Murphy Cruise. La PBOC s'est déjà récemment mobilisée pour soutenir le yuan, tombé à son plus bas niveau depuis septembre 2023. Début janvier, la banque centrale a ainsi injecté plusieurs dizaines de milliards d'euros de liquidités dans les circuits financiers pour stabiliser les marchés et éviter que l'activité ne se grippe à l'approche du Nouvel an chinois.
Pékin jouera sur d'autres tableaux pour soutenir son économie, avec l'espoir qu'une embellie permettre in fine de stabiliser sa monnaie : il entend poursuivre en 2025 ses mesures de relance budgétaire et d'aide aux consommateurs. Mais le spectre des tensions commerciales continue d'assombrir l'horizon. Dans ce contexte, « il est peu probable que le moral des consommateurs s'améliore de manière significative », avertit Kiyong Seon, économiste de Société Générale.
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Autre sujet de préoccupation : en janvier, l'indice des directeurs d'achat (PMI), baromètre clé du monde industriel, s'est établi à 49,1 points (contre 50,1 en décembre). Un indice supérieur à 50 témoigne d'une expansion de l'activité manufacturière et, en deçà, d'une contraction. Ce résultat de janvier est bien inférieur à la prévision moyenne d'un groupe d'analystes interrogés par l'agence Bloomberg (50).
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L'activité des usines chinoises n'avait pas connu pareille contraction depuis août. Les nouvelles commandes et la production sont tombées à leur plus bas niveau depuis cinq mois, selon le BNS. Certains secteurs, comme les transports, restent en expansion, tandis que d'autres (textile, alimentation, métallurgie) ont connu une faible activité. L'indice PMI non-manufacturier, qui comprend les services, s'est établi en janvier à 50,2 points, contre 52,2 un mois plus tôt, bien loin des prévisions des analystes interrogés par Bloomberg (52,2).
(Avec AFP)
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